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MÉMOIRES · 1918

Décembre 1918 1918

30 passages narratifs ou documents associés, dans l’ordre du manuscrit.

1 décembre 1918

1 décembre 1918

Source : manuscrit

1er décembre. — Enfin nous partons mais malheureusement pas pour l'avant car on nous ramène en France. Le départ est pour demain.

Tome III · AD084_0270Page manuscrite 1058
2 décembre 1918

2 décembre 1918

Source : manuscrit

2 décembre. — À 7 heures du matin départ du cantonnement par Royigem et Lede. Avant ce hameau la route a été fortement démolie et nous éprouvons les plus grandes difficultés pour passer. Par Cruyshautem nous gagnons Olsene puis Waereghem où nous devons cantonner. Le détour fait pour atteindre ce cantonnement est considérable mais on ne peut prendre la route directe qui est impraticable. La ville de Waereghem a souffert passablement dans les derniers combats de la guerre. Le groupe doit cantonner dans les fermes et hameaux dépendant de Waereghem et qui s'étendent sur la route de Deerlyck. Le logement dans ces minuscules fermes et hameaux parsemés dans la plaine est plutôt laborieux. Enfin après plusieurs heures nous arrivons à caser tout le monde. Mes officiers et moi sommes logés dans le faubourg sud-ouest de la ville et notre popote est établie chez un brave Belge, extrêmement bavard que nous invitons cependant à dîner. Pendant tout le repas personne à part lui ne peut placer un mot : c'est un véritable déluge. La conversation roule d'ailleurs exclusivement sur les chevaux. Ce brave Belge, une espèce de maquignon possède à l'en croire, la plus belle écurie du monde : trotteurs, chevaux de course, rien n'y manque pas même les chevaux de chars à course. Mailly qui connaît bien ce sport se demande comment on peut

Tome III · AD084_0270Page manuscrite 1058
Date non portée

Carte n° 52 — Roulers, Hoogelede et Staden

Source : manuscrit
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Carte n° 52.

[Sélection de toponymes imprimés : Roulers ; Hoogelede ; Staden ; Gits ; Devytere ; Westroosebeke ; Oostnieuwkerke ; Beveren ; Rumbeke.]

[Fond quadrillé avec itinéraires rouges ; fond non intégralement transcrit.]

Tome III · AD084_0271
2 décembre 1918

2 décembre 1918 — continuation

Source : manuscrit

taire le cerf dans des champs de navets ; nous avons bientôt l'explication : ce qu'on chasse à courre dans ce pays-ci ce n'est pas le cerf mais tout bonnement le lièvre de même qu'à Barcelone on chasse ainsi les casquettes. À la fin du dîner notre hôte tient absolument à nous montrer ses « portraits de famille ». Nous pensons voir pour le moins des portraits de vieux maîtres flamands et nous manquons éclater de rire en le voyant déballer des vulgaires photographies représentant des hommes ridicules sanglés dans de non moins ridicules redingotes et accoutrés avec des airs tragiques sur des fauteuils Louis Philippe, ou de grotesques femmes affublées de robes démodées, les yeux écarquillés : c'est à se tordre. Mailly se paie la tête du brave homme et je suis obligé d'intervenir par de vigoureux coups de pied sous la table pour modérer son ardeur agressive.

Tome III · AD084_0273Page manuscrite 1061
3 décembre 1918

3 décembre 1918

Source : manuscrit

3 décembre. — À 8 heures départ de Waereghem en passant par Vive St Eloi et Vive St Bavon. Entre ces deux villages nous franchissons la Lys sur un pont de fortune. La voie ferrée que nous traversons un peu avant Vive St Eloi est dans un état de destruction indescriptible. Les Boches ont employé pour démolir les voies ferrées pendant leur retraite un procédé rapide autant que parfait. Les trains chargés d'obus de gros calibre ou de torpilles circulaient sur les voies à détruire et déposaient de distance en distance, tous les 20 mètres par exemple un obus ou une torpille. Ces engins étaient au fur et à mesure reliés par un cordeau détonant et à un moment donné, en allumant ce cordeau, on faisait sauter des kilomètres de voies d'un seul coup. Le ballast est dispersé, les talus rompus, les traverses disloquées et les rails tordus comme du vermicelle : tout cela offre l'aspect le plus lamentable. Par Wielsbeke nous traversons la région où nous étions en batterie lorsque Lavit a été tué. La route continue par Oostroosebeke, Ingelmunster, Iseghem, régions que nous connaissons bien pour l'avoir parcourue au mois d'octobre. À la sortie d'Iseghem nous passons devant le cimetière où est enterré Lavit. J'arrête la colonne et avec un détachement d'hommes en armes j'y fais rendre les honneurs à la tombe de notre pauvre camarade et prononce quelques paroles d'adieu. Continuant notre interminable route nous atteignons Rumbeke puis Roulers que nous traver-

Tome III · AD084_0273Page manuscrite 1061
3 décembre 1918

3 décembre 1918 — continuation

Source : manuscrit

sons entièrement du sud au nord pour gagner à 3 km plus loin le village de Beveren qui nous est affecté comme cantonnement. La nuit commence déjà à tomber lorsque nous atteignons le village mais nous croyons être mes hommes et moi, au bout de nos peines : il n'en est rien hélas ! car notre cantonnement est à 1 500 mètres au nord du village dans de petites fermes isolées. Nous y arrivons à 16 h 30 à la nuit close. L'installation est, de ce fait assez laborieuse. Il y a heureusement des baraques et des écuries édifiées par les Allemands et de plus les habitants de ces lieux nous reçoivent assez bien malgré leur air peu aimable. Après cette longue étape nous n'avons qu'une envie : nous reposer, d'autant plus que l'étape de demain sera longue puisque nous devons traverser la forêt d'Houthulst. Ces étapes interminables me rendent de fort méchante humeur. Pour comble le commandant Devals du 8e groupe doit partir en permission et il s'est arrangé avec le commandant Gontier pour que je le remplace naturellement sans me demander mon avis et sans autorisation du colonel.

Tome III · AD084_0274Page manuscrite 1062
4 décembre 1918

4 décembre 1918

Source : manuscrit

4 décembre. — Départ à 7 h 20. Le commandant qui m'attend sur la grand-route près de Wijnendaele commence par m'attraper parce que je suis en retard ! Je le suis en effet mais de moins de 5 minutes ce qui n'est pas surprenant puisque nous avons dû faire en pleine nuit nos préparatifs de départ. Cette observation augmente encore ma mauvaise humeur. Nous retraversons encore une fois Roulers mais cette fois du nord au sud et gagnons la route de Staden. Le long de la route le commandant me demande pourquoi je ne suis pas allé me mettre en liaison avec le commandant Devals pour prise de la consigne. Alors ma colère accumulée depuis 24 heures éclate : « Non, je n'irai pas voir le commandant Devals car je ne suis ni son larbin ni le vôtre. Mon ancienneté et mes services me donnent le droit d'être commandé autrement qu'un gosse d'écurie ! » Je suis rouge comme un coq mais le commandant est pâle de colère : « Et si je vous donnais l'ordre d'y aller ? — Eh bien mon commandant je dirais que je m'en fous, car vous n'avez pas le droit de me donner cet ordre ! » et, brûlant le pas car je suis à pied en tête de ma batterie, je laisse le commandant tout pantois sur la route. Nous traversons successive-

Tome III · AD084_0274Page manuscrite 1062
Date non portée

Carte n° 53 — Staden et forêt d’Houthulst

Source : manuscrit
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Fiche de la carte · source et passages associés →

Carte n° 53.

[Sélection de toponymes imprimés : Staden ; forêt d'Houthulst ; Poelcappelle ; Westroosebeke ; Hooglede ; Vijfwegen ; Zarren ; Clercken.]

[Fond quadrillé avec itinéraire rouge ; fond non intégralement transcrit.]

Tome III · AD084_0275
4 décembre 1918

4 décembre 1918 — continuation

Source : manuscrit

ment les hameaux de Stadenreke, Houthulst, Riekenhoek, tous démolis pendant les derniers combats. Comme nous cheminons lentement sur la route, c'est le commandant Devals qui vient à moi : « Eh bien, Desaulle, vous allez me remplacer ? — Première nouvelle mon commandant. — Comment, Gontier ne vous a rien dit ? — J'ai bien entendu parler de quelque chose comme cela mais j'attends un ordre du colonel. » Devals, plus fin que le commandant bien que d'une intelligence médiocre comprend tout de suite la gaffe qu'ils ont commise. De mon côté comme je n'ai pas l'intention d'empêcher le commandant Devals de partir en permission il est entendu que je prendrai la consigne pour pouvoir le remplacer lors de son départ. Bientôt nous arrivons dans une région encore plus connue de nous, Nachtegaal, le carrefour de Kippe où nous avons pataugé Grammont et moi le 24 septembre, Merckem, Luyghem, Drie Grachten, Noordschote, Reninghe. Le cantonnement de ma batterie est justement la ferme de l'Abbaye où nous avons logé en mai et près de laquelle est notre position de batterie. C'est encore à la nuit noire et complètement éreintés que nous atteignons la zone de nos cantonnements. Malgré mon état de fatigue je suis encore obligé d'aller à Oostvleteren où est logé le commandant Devals pour qu'il me présente ses officiers et me passe la consigne.

Tome III · AD084_0277Page manuscrite 1065
5 décembre 1918

5 décembre 1918

Source : manuscrit

5 décembre. — Aujourd'hui repos sur place ce qui n'est pas inutile car nous sommes éreintés. Le temps heureusement a été assez doux pendant ces 3 jours et il n'a pas plu. Comme je prends le commandement du 1er groupe je m'installe à Oostvleteren où je suis ma foi fort bien. Je regrette vivement d'ailleurs d'être obligé de prendre le commandement de ce groupe dont les officiers, sauf un commandant de batterie me semblent peu sympathiques.

Tome III · AD084_0277Page manuscrite 1065
6 décembre 1918

6 décembre 1918

Source : manuscrit

6 décembre. — À 8 heures départ par Westvleteren, Crombeke, Rousbrugge Haringhe, Oost-Cappel où nous franchissons la frontière. Après un arrêt sur la route pour déjeuner nous arrivons assez tard à Steenvoorde au pied du Mont Cassel. Le cantonnement très dispersé est ignoble et nous avons toutes les peines du monde à nous installer.

Tome III · AD084_0277Page manuscrite 1065
7 décembre 1918

7 décembre 1918

Source : manuscrit

7 décembre. — À 9 heures nous quittons le cantonne-

Tome III · AD084_0277Page manuscrite 1065
7 décembre 1918

7 décembre 1918 — continuation

Source : manuscrit

ment. Nous traversons Hazebrouck qui a beaucoup souffert de la guerre. À la sortie de la ville je ne suis pas peu surpris de rencontrer le colonel Annibert qui vient de prendre le commandement du 414e R.A.L. Quittant bientôt la grand'route nous traversons la forêt de Nieppe qui fut en avril 1918 après l'enfoncement du front anglo-portugais le point d'appui le plus important de la défense. La forêt garde encore les traces toutes fraîches des combats terribles qui se livrèrent dans ses environs. Elle est remplie de matériel de guerre de toute sorte. Nous arrivons enfin au cantonnement d'Haverskerque qui nous a été réservé. Ce village a été pendant plus de 5 mois à 1 km des premières lignes et la partie est du village, qui m'est octroyée, est justement les anciennes premières lignes. Naturellement il n'y a que des pans de murs et les hommes trouvent à s'abriter avec beaucoup de peine. Quant aux chevaux ils coucheront dehors comme d'habitude. Un bâtiment de ferme cependant est à peu près indemne et nous allons le reconnaître. Nous tombons sur une admirable famille de paysans, le père, la mère et huit enfants, tout ce monde entassé dans les deux ou trois pièces qui restent à peu près habitables. Ces braves gens s'empressent de nous en céder une, à la vérité fort grande dans laquelle nous nous installons, mes officiers et moi. Comme j'adresse à ces vigoureux paysans mes condoléances pour la ruine de leur domaine ils me répondent : « Que voulez-vous, monsieur, c'est la guerre et je ne suis pas parmi les plus malheureux. Il est vrai que ma ferme est rasée jusqu'au sol sauf le bâtiment que nous habitons, il est vrai aussi que mes champs seront difficilement remis en culture, mais j'ai bon pied bon œil, j'ai une femme et huit enfants qui se portent bien. L'aîné a 13 ans, alors que voulez-vous la vie est encore belle pour nous. » Comme nous causons sur le seuil de sa porte il jette un regard sur ses bâtiments anéantis et ses champs ravagés mais pas une parole de découragement ou d'amertume ne s'échappe de ses lèvres. Quels braves gens ! Dans l'après-midi je m'en vais au poste du colonel installé à la petite ville voisine de St Venant sur la Lys, coquette ville maintenant un monceau de ruines.

Tome III · AD084_0278Page manuscrite 1066
Date non portée

Carte n° 56 — Estrée-Blanche, Thérouanne, Fruges et Frévent

Source : manuscrit
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Fiche de la carte · source et passages associés →

Carte n° 56.

[Sélection de toponymes imprimés : Estrée-Blanche ; Thérouanne ; Fruges ; Canlers ; Ruisseauville ; Frévent ; Fauquembergues ; Lugy.]

[Fond cartographique avec itinéraire rouge ; fond non intégralement transcrit.]

Tome III · AD084_0280
8 décembre 1918

8 décembre 1918

Source : manuscrit

8 décembre. — À 7h15 nous quittons le cantonnement par la route qui longe la lisière sud de la forêt de Nieppe et bientôt nous arrivons à Aire sur la Lys, coquette ville agréablement baignée par la rivière et entourée de pittoresques remparts à la Vauban. La ville a peu souffert et l'animation y est assez grande. C'est justement l'heure de la grand'messe et nous croisons dans la rue principale un détachement de soldats anglais qui se rendent à la cathédrale. À la sortie d'Aire sur la Lys la route traverse le hameau de St Quentin puis Blessy. Le plateau qui domine le village et sur lequel nous grimpons est le champ de bataille de Guinegatte. Estrée-Blanche que nous traversons bientôt ne mérite pas son nom : c'est un pays de mines de même que le hameau de Fléchinelle que nous traversons. La vallée heureusement est assez pittoresque : bientôt nous arrivons au hameau de Cuhem, notre cantonnement. Ma chambre et la popote sont installées dans la maison de monsieur Jonnart, l'ancien gouverneur de l'Algérie dont l'action en Grèce au cours de la guerre n'a pas été sans importance. Le pays que nous traversons maintenant est assez accidenté : nous ne sommes plus en Flandre mais en Picardie.

Tome III · AD084_0281Page manuscrite 1069
9 décembre 1918

9 décembre 1918

Source : manuscrit

9 décembre. — Aujourd'hui repos sur place. Le colonel en profite pour nous offrir un vaste déjeuner, repas naturellement fort gai car les vins sont généreux et la chair abondante.

Tome III · AD084_0281Page manuscrite 1069
10 décembre 1918

10 décembre 1918

Comparé au manuscrit

10 décembre. — Debout le matin à 5h30 nous partons à 6h30 par un temps horrible et par une nuit obscure. Nous traversons Beaumetz en Aire sans le voir. À la sortie de Fruges une terrible côte que nous montons je ne sais trop comment avec nos malheureux chevaux éreintés. Au delà heureusement la route est fort belle et bientôt nous arrivons à 13 heures au village de la Loge notre cantonnement toujours sous une pluie battante.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Correction ciblée du toponyme traversé le 10 décembre 1918 : Beaumetz en Aire. Le reste de cette entrée est conservé ; cette intervention ne vaut pas nouvelle collation de toutes les pages du retour. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome III · AD084_0281 · p. 1069.

PageTranscription antérieureLecture du manuscrit
1069Blangy-sur-TernoiseBeaumetz en Aire

Fruges, la Loge, horaires et reste du récit : Une seule substitution, d’après le manuscrit ; aucun changement de l’ordre des étapes, aucun patronyme à déplacer.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Transcription antérieure conservée pour comparaison

10 décembre. — Debout le matin à 5h30 nous partons à 6h30 par un temps horrible et par une nuit obscure. Nous traversons Blangy-sur-Ternoise sans le voir. À la sortie de Fruges une terrible côte que nous montons je ne sais trop comment avec nos malheureux chevaux éreintés. Au delà heureusement la route est fort belle et bientôt nous arrivons à 13 heures au village de la Loge notre cantonnement toujours sous une pluie battante.

Comparaison directe · Tome III · AD084_0281 · p. 1069Page manuscrite 1069
11 décembre 1918

11 décembre 1918

Source : manuscrit

11 décembre. — Aujourd'hui repos dans le même cantonnement qui a été d'ailleurs pour nous fort peu hospitalier. Les paysans ont fermé leurs granges au nez de mes poilus et nous avons eu toutes les peines du monde à nous loger. Quant à nous personne ne veut nous recevoir sous prétexte que nous salissons. Les braves gens de ce pays sont

Tome III · AD084_0281Page manuscrite 1069
11 décembre 1918

11 décembre 1918 — continuation

Source : manuscrit

si propres qu'ils préféreraient nous voir coucher dehors plutôt que d'avoir leurs maisons souillées par nos pieds boueux.

Tome III · AD084_0282Page manuscrite 1070
12 décembre 1918

12 décembre 1918

Comparé au manuscrit

12 décembre. — À 7h30 départ du cantonnement pour une nouvelle étape. La route qui suit la lisière de la forêt de Hesdin est fort pittoresque malheureusement la pluie tombe à verse. À Aubin St Vaast où nous arrivons c'est un vrai déluge. Un peu avant le hameau de St Josse nous nous arrêtons pour déjeuner, toujours sous la pluie battante. Par Douriez, Vironchaux nous atteignons enfin Regnière Écluse qui sera notre cantonnement et qui s'étend le long de la grand'route dans la vallée de la Maye. Il est 15h30 lorsque nous arrivons dans ce cantonnement heureusement très confortable. Pour ma part je suis logé ainsi que ma popote et un autre de mes officiers chez de braves rentiers qui nous reçoivent à bras ouverts. La maison est d'un confortable assez rare : de gigantesques feux de bois flambent dans les cheminées. Ce n'est pas un luxe inutile car nous sommes trempés jusqu'aux os. La maison est d'une propreté extrême mais ici au moins personne ne nous reproche de salir. Pendant toute la campagne je n'aurai jamais été reçu avec autant d'empressement que dans ce village. Le cantonnement est occupé par certains services anglais de l'arrière qui comportent principalement des femmes.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Correction ciblée du lieu traversé le 12 décembre : Douriez, directement lu dans le manuscrit. Le reste de cette entrée est conservé. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome III · AD084_0282 · p. 1070.

PageTranscription antérieureLecture du manuscrit
1070DompierreDouriez

Horaires, ordre du récit et autres mots de cette entrée : Substitutions limitées aux noms relus ; ancienne transcription intégrale conservée.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Transcription antérieure conservée pour comparaison

12 décembre. — À 7h30 départ du cantonnement pour une nouvelle étape. La route qui suit la lisière de la forêt de Hesdin est fort pittoresque malheureusement la pluie tombe à verse. À Aubin St Vaast où nous arrivons c'est un vrai déluge. Un peu avant le hameau de St Josse nous nous arrêtons pour déjeuner, toujours sous la pluie battante. Par Dompierre, Vironchaux nous atteignons enfin Regnière Écluse qui sera notre cantonnement et qui s'étend le long de la grand'route dans la vallée de la Maye. Il est 15h30 lorsque nous arrivons dans ce cantonnement heureusement très confortable. Pour ma part je suis logé ainsi que ma popote et un autre de mes officiers chez de braves rentiers qui nous reçoivent à bras ouverts. La maison est d'un confortable assez rare : de gigantesques feux de bois flambent dans les cheminées. Ce n'est pas un luxe inutile car nous sommes trempés jusqu'aux os. La maison est d'une propreté extrême mais ici au moins personne ne nous reproche de salir. Pendant toute la campagne je n'aurai jamais été reçu avec autant d'empressement que dans ce village. Le cantonnement est occupé par certains services anglais de l'arrière qui comportent principalement des femmes.

Comparaison directe · Tome III · AD084_0282 · p. 1070Page manuscrite 1070
13 décembre 1918

13 décembre 1918

Comparé au manuscrit

13 décembre. — Après une fort bonne nuit nous partons du cantonnement toujours sous la pluie. À 7h15 nous cheminons par Bernay en Ponthieu, Neuville les Forest, Nouvion, Ponthoile. La route se rapproche du chemin de fer et traverse les marais du Dien. Avant Noyelles nous devons nous arrêter pour laisser passer les autres groupes qui viennent du Nouvion en Ponthieu. Nous profitons de cet arrêt pour déjeuner, naturellement sous la pluie. Après un arrêt fort long nous continuons notre route mais sommes bientôt obligés de nous arrêter car les groupes qui nous précèdent ont fait halte à l'entrée de St Valéry sur Somme pour déjeuner ! De ce fait nous voilà arrêtés sur la route au beau milieu de la vallée de la Somme, exposés en plein à la pluie et au vent et sans le moindre abri. Les gens de

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Correction ciblée de deux lectures du manuscrit du 13 décembre : Neuville les Forest et Nouvion en Ponthieu. La première désigne Neuville près de Forest-Montiers ; les graphies du récit sont conservées. Cette correction ne vaut pas collation intégrale de la page. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome III · AD084_0282 · p. 1070.

PageTranscription antérieureLecture du manuscrit
1070Crécy en Ponthieu, la ForestNeuville les Forest
1070Vron en PonthieuNouvion en Ponthieu

Horaires, ordre du récit et autres mots de cette entrée : Substitutions limitées aux noms relus ; ancienne transcription intégrale conservée.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Transcription antérieure conservée pour comparaison

13 décembre. — Après une fort bonne nuit nous partons du cantonnement toujours sous la pluie. À 7h15 nous cheminons par Bernay en Ponthieu, Crécy en Ponthieu, la Forest, Nouvion, Ponthoile. La route se rapproche du chemin de fer et traverse les marais du Dien. Avant Noyelles nous devons nous arrêter pour laisser passer les autres groupes qui viennent du Vron en Ponthieu. Nous profitons de cet arrêt pour déjeuner, naturellement sous la pluie. Après un arrêt fort long nous continuons notre route mais sommes bientôt obligés de nous arrêter car les groupes qui nous précèdent ont fait halte à l'entrée de St Valéry sur Somme pour déjeuner ! De ce fait nous voilà arrêtés sur la route au beau milieu de la vallée de la Somme, exposés en plein à la pluie et au vent et sans le moindre abri. Les gens de

Comparaison directe · Tome III · AD084_0282 · p. 1070Page manuscrite 1070
Date non portée

Carte n° 57 — La Loge, Douriez et Regnière-Écluse

Comparé au manuscrit
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Fiche de la carte · source et passages associés →

Carte n° 57.

[Sélection de toponymes imprimés : La Loge ; forêt de Hesdin ; Aubin-Saint-Vaast ; Saint-Josse ; Douriez ; Vironchaux ; Regnière-Écluse ; Dompierre-sur-Authie.]

[Assemblage cartographique avec itinéraire rouge ; fond non intégralement transcrit.]

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Rectification éditoriale de la sélection de noms de la carte 57, après lecture du scan entier. Ce fond couvre La Loge, Douriez et Regnière-Écluse ; Noyelles, Saint-Valery, Crécy, Forest-Montiers et Ponthoile ne sont pas visibles sur ce feuillet. La liste reste partielle et ne décrit pas tous les lieux du parcours. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome III · AD084_0283(4) · p. sans numéro manuscrit.

PageTranscription antérieureLecture du manuscrit
sans numéro manuscritCarte n° 57. [Sélection de toponymes imprimés : Regnière-Écluse ; Noyelles ; Saint-Valery-sur-Somme ; Dompierre-sur-Authie ; Crécy-en-Ponthieu ; Forest-Montiers ; Ponthoile.] [Assemblage cartographique avec itinéraire rouge ; fond non intégralement transcrit.]Carte n° 57. [Sélection de toponymes imprimés : La Loge ; forêt de Hesdin ; Aubin-Saint-Vaast ; Saint-Josse ; Douriez ; Vironchaux ; Regnière-Écluse ; Dompierre-sur-Authie.] [Assemblage cartographique avec itinéraire rouge ; fond non intégralement transcrit.]

Numéro 57, original entier, orientation et tracés colorés : La sélection est éditoriale ; ni tracé ni date de confection déduits.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Transcription antérieure conservée pour comparaison

Carte n° 57.

[Sélection de toponymes imprimés : Regnière-Écluse ; Noyelles ; Saint-Valery-sur-Somme ; Dompierre-sur-Authie ; Crécy-en-Ponthieu ; Forest-Montiers ; Ponthoile.]

[Assemblage cartographique avec itinéraire rouge ; fond non intégralement transcrit.]

Comparaison directe · Tome III · AD084_0283(4) · p. sans numéro manuscrit
13 décembre 1918

13 décembre 1918 — continuation

Source : manuscrit

St Valéry nous accueillent avec de bien vives marques de sympathie mais malheureusement nous ne cantonnons pas dans ce bourg mais dans le village fort médiocre de Brutelles où nous arrivons à 16h30.

Tome III · AD084_0285Page manuscrite 1073
14 décembre 1918

14 décembre 1918

Comparé au manuscrit

14 décembre. — Départ à 7h15 par un temps heureusement supportable et par une route très belle. Nous atteignons bientôt la superbe forêt d'Eu et par une descente très pittoresque nous atteignons le village du même nom, qui a été pendant la guerre le centre de renforcement de l'armée belge. À 11h30 nous arrivons à Baromesnil village interminable où nous sommes heureusement fort bien logés dans un château inhabité. Nous sommes maintenant dans la vraie Normandie et les villages sont plutôt des agglomérations de fermes noyées dans la verdure et qui sont du plus pittoresque effet. Malheureusement ces fermes sont à plusieurs centaines de mètres les unes des autres et le travail des fourriers n'est pas simple. Le temps continue à être beau et comme nous restons au cantonnement le lendemain j'en profite pour aller faire un tour dans les bois du Tôt qui prolongent le parc du château que nous habitons.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Correction ciblée du nom du cantonnement du 14 décembre : Baromesnil, directement lu dans le manuscrit. Le reste de cette entrée est conservé. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome III · AD084_0285 · p. 1073.

PageTranscription antérieureLecture du manuscrit
1073BannesmesnilBaromesnil

Reste de l’entrée et ancienne transcription intégrale : Correction limitée aux lieux relus et, le 13 janvier, à leur contexte indispensable. Aucun patronyme à déplacer ; aucune collation intégrale supplémentaire revendiquée.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Transcription antérieure conservée pour comparaison

14 décembre. — Départ à 7h15 par un temps heureusement supportable et par une route très belle. Nous atteignons bientôt la superbe forêt d'Eu et par une descente très pittoresque nous atteignons le village du même nom, qui a été pendant la guerre le centre de renforcement de l'armée belge. À 11h30 nous arrivons à Bannesmesnil village interminable où nous sommes heureusement fort bien logés dans un château inhabité. Nous sommes maintenant dans la vraie Normandie et les villages sont plutôt des agglomérations de fermes noyées dans la verdure et qui sont du plus pittoresque effet. Malheureusement ces fermes sont à plusieurs centaines de mètres les unes des autres et le travail des fourriers n'est pas simple. Le temps continue à être beau et comme nous restons au cantonnement le lendemain j'en profite pour aller faire un tour dans les bois du Tôt qui prolongent le parc du château que nous habitons.

Comparaison directe · Tome III · AD084_0285 · p. 1073Page manuscrite 1073
16 décembre 1918

16 décembre 1918

Source : manuscrit

16 décembre. — À 7h45 départ pour le cantonnement de Smermesnil où nous arrivons sans incident.

Tome III · AD084_0285Page manuscrite 1073
17 décembre 1918

17 décembre 1918

Source : manuscrit

17 décembre. — Départ de Smermesnil pour Marques où nous cantonnons.

Tome III · AD084_0285Page manuscrite 1073
18 décembre 1918

18 décembre 1918

Comparé au manuscrit

18 décembre. — Départ de Marques pour Agnies. La route qui traverse Aumale est très pittoresque et comme l'étape n'est pas très longue tout va pour le mieux. La route entre Aumale et le carrefour du Coq gaulois est particulièrement pittoresque ; quant au village d'Agnies il est invraisemblablement accidenté !

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Correction ciblée de la destination du 18 décembre : Agnies, et non Amiens. Le manuscrit nomme Agnies à deux reprises dans cette entrée ; sa graphie est conservée, sans modernisation du nom. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome III · AD084_0285 · p. 1073.

PageTranscription antérieureLecture du manuscrit
1073pour Amiens.pour Agnies.

Reste de l’entrée et ancienne transcription intégrale : Correction limitée aux lieux relus et, le 13 janvier, à leur contexte indispensable. Aucun patronyme à déplacer ; aucune collation intégrale supplémentaire revendiquée.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Transcription antérieure conservée pour comparaison

18 décembre. — Départ de Marques pour Amiens. La route qui traverse Aumale est très pittoresque et comme l'étape n'est pas très longue tout va pour le mieux. La route entre Aumale et le carrefour du Coq gaulois est particulièrement pittoresque ; quant au village d'Agnies il est invraisemblablement accidenté !

Comparaison directe · Tome III · AD084_0285 · p. 1073Page manuscrite 1073
19 décembre 1918

19 décembre 1918

Source : manuscrit

19 décembre. — Ma permission de détente étant signée je quitte le cantonnement dans l'après-midi pour aller prendre le train à Grandvilliers. Le colonel Bocquet quitte le commandement du régiment pour rentrer au ministère de la Guerre.

Tome III · AD084_0285Page manuscrite 1073

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