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MÉMOIRES · 1918

Juin 1918 1918

28 passages narratifs ou documents associés, dans l’ordre du manuscrit.

1 juin 1918

1 juin 1918

Source : manuscrit

1er juin. — Les Allemands atteignent la Marne vers Château-Thierry et Dormans. De notre côté ils montrent aujourd’hui une grande activité en bombardant vigoureusement tous les villages et toutes les gares de l’arrière et en particulier Klein-Leysele où nous avons débarqué : 4 hommes du groupe Guinand attendant à cette gare la distribution de fourrage sont tués par un obus d’une pièce à longue portée. Mon maréchal des logis Bandel qui parlait avec les 4 hommes tués échappe à la mort par miracle. Plusieurs hommes de corvée de ma batterie l’échappent également.

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2 juin 1918

2 juin 1918

Source : manuscrit

2 juin. — Les Boches s’emparent de Château-Thierry et atteignent les lisières de la forêt de Compiègne. Nous recevons l’ordre du jour suivant : « Ordre général n° 107 du général en chef. Soldats : l’ennemi frappe de nouveaux coups. Supérieur en nombre pendant 4 jours il a pu bouleverser nos premières lignes mais nos réserves accourent. Vous allez briser son élan et imposer. Debout les héros de la Marne ! Comme vos foyers, pour la France ! en avant ! » signé Pétain.

Tome III · AD084_0181Page manuscrite 969
4 juin 1918

4 juin 1918

Source : manuscrit

4 juin. — La lutte est toujours extrêmement vive entre l’Ourcq et la Marne mais les Allemands avancent moins vite. Par endroits, c’est même nous qui avançons. Les communiqués américains ont été lancés pour la première fois dans la bataille dans le secteur voisin de Château-Thierry et se sont conduits magnifiquement. Donc en ce moment l’affaire paraît tassée mais où sera frappé le prochain coup ? Certains de mes camarades se réjouissent d’être ici bien tranquillement à ne rien faire alors que nous pourrions être dans la fournaise. Pour ma part je ne suis pas de ceux-là et je souffre terriblement de l’inaction à laquelle on nous condamne. De plus je crois pouvoir dire que mes hommes et moi connaissons la guerre de mouvement pour l’avoir pratiquée en 1914. Peu de commandants de batterie peuvent en dire autant. En effet ceux qui commandaient des batteries en 1914 commandant maintenant des groupes ou sont morts. Ceux qui commandent des batteries actuellement sauf

Tome III · AD084_0181Page manuscrite 969
4 juin 1918

4 juin 1918 — continuation

Source : manuscrit

quelques exceptions comme moi n’étaient pas dans des batteries pendant la guerre de mouvement. J’ai la prétention justifiée de commander une batterie de 1er ordre et j’enrage deux fois plus d’être condamné à l’immobilité comme nous le sommes actuellement. Il est vrai que nous sommes une batterie d’offensive et non une batterie de défensive. Mon tour de travailler viendra comme à Verdun en 1916 lorsqu’il s’agira de reprendre aux Boches le terrain qu’ils nous auront enlevé : j’espère que ce sera bientôt. Pour le moment il est certain que les Boches ne pourront plus avancer dans la direction de Meaux tant qu’ils ne se seront pas donné de l’air en enlevant à l’ouest les forêts de l’Aigle, de Villers-Cotterêts et de Compiègne et à l’est la montagne de Reims. Ce sont de gros morceaux à avaler et je pense que les Boches n’y parviendront pas. D’ailleurs tous leurs efforts sur ces deux points sont demeurés infructueux. La poche de Château-Thierry est sérieusement tenue et les troupes américaines qui ont été engagées pour la première fois au nord-ouest de la ville ont fait des prodiges de valeur.

Tome III · AD084_0182Page manuscrite 970
5 juin 1918

5 juin 1918

Source : manuscrit

5 juin. — Dans la soirée les Allemands font une attaque générale de nos saucisses et en abattent deux à notre droite. Dans la nuit l’activité de l’artillerie reste très grande.

Tome III · AD084_0182Page manuscrite 970
6 juin 1918

6 juin 1918

Source : manuscrit

6 juin. — L’activité de l’aviation ne cesse pas : les raids durent toute la nuit sur tous les points du secteur et de l’arrière. Naturellement les transports sont désorganisés et Gardelle rentré de permission hier a mis 40 heures de Paris jusqu’ici. Nous commençons à avoir quelques renseignements sur l’offensive du Chemin des Dames. De notre côté cette partie du front était tenue simplement par 4 divisions françaises des 30e et 11e corps et 4 divisions anglaises épuisées déjà en Picardie et dans les Flandres. Du côté allemand une formidable artillerie (1450 batteries environ) a été mise en position d’une manière absolument secrète. La préparation d’artillerie commencée à 1 heure du matin dure seulement 2h40. La préparation terminée 15 divisions de première ligne se jettent à l’assaut appuyées par 7 divisions de seconde ligne. Derrière, 8 divisions se tiennent prêtes à exploiter le succès. L’avance a été partout

Tome III · AD084_0182Page manuscrite 970
6 juin 1918

6 juin 1918 — continuation

Source : manuscrit

foudroyante sauf à gauche grâce à l’héroïque résistance de la 61e DI qui a couvert pendant 3 jours les approches de Soissons.

Tome III · AD084_0185Page manuscrite 973
9 juin 1918

9 juin 1918

Source : manuscrit

9 juin. — Le communiqué de ce soir nous apprend que la 4e offensive allemande est déclenchée depuis ce matin entre Montdidier et Noyon. L’avance serait faible.

Tome III · AD084_0185Page manuscrite 973
12 juin 1918

12 juin 1918

Source : manuscrit

12 juin. — Après une légère avance l’attaque allemande est enrayée. Le matin je pars à cheval à 7h30 pour le couvent de St Sixte près de Poperinghe où un lieutenant Tessier fait une conférence sur une nouvelle méthode de repérage des tirs inventée par lui. De retour à la batterie à onze heures je repars à 13 heures pour les positions du groupe Neuville entre Woesten et Elverdinghe où nous devons effectuer un exercice pratique de tir suivant la méthode exposée le matin. Cet exercice donne d’ailleurs d’excellents résultats.

Tome III · AD084_0185Page manuscrite 973
14 juin 1918

14 juin 1918

Source : manuscrit

14 juin. — Ce soir les Allemands viennent jeter sur la 11e batterie des bombes incendiaires qui fort heureusement ne font aucun mal.

Tome III · AD084_0185Page manuscrite 973
15 juin 1918

15 juin 1918

Source : manuscrit

15 juin. — Il paraît que nous devons changer de secteur pour aller plus à droite. Je pars donc en auto avec le commandant à huit heures accompagné des autres officiers du groupe. Nous arrivons bientôt à Elverdinghe, village entièrement détruit et que nous dépassons. Laissant notre auto à la sortie nord ouest de Brielen nous nous mettons en devoir de chercher des positions. Le pays où nous sommes est absolument bouleversé et offre le spectacle de la plus navrante désolation. Brielen n’est plus qu’un monceau de ruines et les arbres ne sont plus que de lamentables moignons. Les champs bouleversés et envahis de réseaux de barbelés sont absolument impraticables. Le secteur a un aspect navrant. Nous allons cependant reconnaître des positions près du château des 3 tours dans lequel il y a d’ailleurs une foule de gens. Poursuivant notre reconnaissance nous explorons les abords de la route Elverdinghe à Vlamertinghe. Les positions de batteries sont rares et occupées toutes par des Anglais. En revenant vers la route Elverdinghe-Brielen nous trouvons vers la sortie sud d’Elverdinghe plusieurs positions possibles. Il y en a également d’autres au nord de la route vers la tranchée d’Elverdinghe et le long de la route Elverdinghe-Boesinghe. Toutes les fermes que nous rencontrons

Tome III · AD084_0185Page manuscrite 973
15 juin 1918

15 juin 1918 — continuation

Source : manuscrit

sont bien entendu détruites. Dans l’une d’elles cependant transformée en blockhaus nous trouvons un officier anglais et un officier belge en train de prendre le thé. Rien ne manque au confort de la table : nappe damassée, petites serviettes, service en métal anglais, pain beurré. Voilà des gens qui savent faire la guerre. Pendant que nous errons au milieu des trous d’obus et des fils barbelés au risque de nous rompre les os, les Boches tirent assez vigoureusement à notre droite. Nous reconnaissons également des positions dans le parc du château d’Elverdinghe mais la meilleure de toutes ces positions ne vaut pas grand’chose. Enfin après avoir erré 3 heures dans ce désert nous reprenons le chemin de nos positions où nous arrivons à 14h30. Un ordre arrive bientôt nous enjoignant de garder nos positions. Le soir je reçois à la batterie une nouvelle recrue, le lieutenant de Mailly Chalon qui vient de l’aviation et qui bien entendu ne connaît pas un traître mot d’artillerie. Je vais être obligé de lui faire son éducation. La vie continue à s’écouler pour nous de la manière la plus monotone, le plus fort de nos occupations étant de manger. Le matin grâce à l’excellent lait de la ferme voisine et au délicieux chocolat américain vendu dans les coopératives nous nous payons des petits déjeuners vraiment fins accompagnés de tartines de pain anglais grillé recouvertes de beurre à 7 francs le kilo ! Mes hommes ont bien entendu le même régime alimentaire que moi et cependant mon boni d’ordinaire continue à augmenter. Nous allons être bientôt obligés de faire un repas de plus par jour. Les Boches continuent à être à peu près tranquilles, cependant le 20 un avion boche vient pour incendier nos saucisses mais est repoussé avec fracas. Dans la nuit du 22 au 23 le groupe Guinand qui est en batterie près de nous a un homme tué et 3 blessés par un obus isolé tombé près d’un abri. [

Tome III · AD084_0186Page manuscrite 974
Date non portée

Photographie 707

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0186.jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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Photographie 707 : Une ferme près de Pypegaele.] Dans l’a

Tome III · AD084_0186Page manuscrite 974
15 juin 1918

15 juin 1918 — continuation

Source : manuscrit

près midi du 24 je vais avec Grammont effectuer une longue reconnaissance de positions de batteries dans le secteur de Pypegaele et sur la rive droite du Groote Kemmelbeek.

Tome III · AD084_0186Page manuscrite 974
15 juin 1918

15 juin 1918 — continuation

Source : manuscrit

Tout ce coin qui est pourtant voisin du nôtre est infiniment plus ravagé. Il est vrai que l’on s’est battu là assez violemment en 1915 lors de la première attaque allemande avec gaz asphyxiants. Le commandant étant en permission j’exerce en son absence le commandement du groupe et je passe donc toute ma journée au poste de commandement. J’ai de ce fait un peu plus d’occupations ce qui ne m’empêche pas d’ailleurs de m’ennuyer copieusement. [

Tome III · AD084_0187Page manuscrite 975
Date non portée

Photographie 708

Source : manuscrit
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Photographie 708 : Le déjeuner au P.C.]

Tome III · AD084_0187Page manuscrite 975
15 juin 1918

15 juin 1918 — continuation

Source : manuscrit

Notre principale occupation pour ces jours-ci, c’est de prendre les communiqués. Les communiqués français, qui marquent chaque jour de nouvelles et importantes rectifications de lignes sont intéressants. Les communiqués allemands sont riches de détails mais depuis quelques jours les plus intéressants sont sans contredit les communiqués autrichiens. Les Autrichiens ont en effet déclenché depuis peu une offensive de grand style sur le front du Piave. Le premier jour le communiqué annonce que les valeureuses troupes austro-hongroises ont franchi victorieusement le Piave et célèbre sur le mode dithyrambique la vaillance déployée. Le 2e jour le communiqué annonce que la progression continue sur la rive droite du Piave malgré la résistance acharnée offerte par les Italiens. Il y a d’ailleurs de ce côté des divisions françaises et des divisions anglaises. Le 3e jour, de moins en moins claironnant il annonce que les Autrichiens ont atteint en quelques points le canal X et que toutes les attaques des Italiens ont été repoussées. Le 4e jour le communiqué qui ne parle plus d’avance s’étend complaisamment sur la bravoure des troupes hongroises ainsi que sur la fidélité des contingents tchécoslovaques et serbo-croates. Le 5e jour le communiqué annonce que le Piave a débordé par suite des pluies et qu’il est devenu un torrent impétueux rendant fort difficile le ravitaillement en vivres et en munitions des troupes passées sur la rive droite du fleuve. Il ajoute qu’on ne peut trop admirer le courage et l’énergie déployés par ces troupes dans des conditions aussi pénibles, continuant à

Tome III · AD084_0187Page manuscrite 975
15 juin 1918

15 juin 1918 — continuation

Source : manuscrit

combattre et se comportant avec une irrésistible bravoure au terrain arraché morceau par morceau aux troupes italiennes. Enfin nouveau communiqué de moins en moins claironnant annonçant que du Montello jusqu’à la mer les vaillantes troupes autrichiennes ont replié sur la rive gauche du fleuve les éléments qui se trouvaient sur la rive droite. Les Italiens s’étant élancés à l’assaut des positions ainsi abandonnées auraient été repoussés rudement par l’artillerie à longue portée !!! Comme ce « bourrage de crâne » ne suffit pas aux soldats du « brillant second » un nouveau communiqué du 25 annonce que le repli des éléments occupant la rive droite du Piave a été effectué dans le plus grand ordre sans perdre un seul homme et sans que l’ennemi s’en soit aperçu ! Étant donné que les nuits sont en ce moment extrêmement courtes et qu’il fait presque aussi clair la nuit que le jour je crois que ce repli, au contraire, n’a pas dû être une chose très commode. Enfin pour comble de bluff le communiqué raconte que l’ordre de repli était donné depuis quatre jours mais que les vaillantes troupes ne voulaient pas l’exécuter !! Et voilà comment on écrit l’histoire. Les occasions que nous avons de rire ne sont pas en ce moment si fréquentes pour que nous laissions échapper celle-ci. Nous n’arrivons malheureusement pas à prendre le communiqué italien. Je me demande quelle va être en Autriche la répercussion de ces déplorables événements et ce que vont faire les Boches. Vont-ils recommencer leur petit jeu ou bien vont-ils au contraire l’abandonner ? En tout cas chaque jour qui s’écoule améliore notre situation puisqu’il débarque en ce moment 58 ou 62.000 soldats américains par semaine suivant que le convoi hebdomadaire ne contient pas ou contient le fameux paquebot géant « Vaterland » capturé par les Américains. Je tiens ce tuyau de mon nouveau lieutenant qui revient d’une mission en Amérique.

Tome III · AD084_0188Page manuscrite 976
26 juin 1918

26 juin 1918

Source : manuscrit

26 juin. — Le soir à 17 heures je reçois l’ordre de désigner une batterie pour aller occuper une position près de Pypegaele. Comme je commande le groupe je ne peux faire autrement que de me désigner. Il s’agit de transporter en plus de la batterie 500 coups pour effectuer demain matin un tir de démolition sur la ferme Cardinal. Je donne immédiatement mes ordres et à 22 heures le

Tome III · AD084_0188Page manuscrite 976
Date non portée

Photographies 709–711

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0189.jpg : 3 photographies, chacune cliquable

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[Photographie 709 : L’église de Bixschoote.]

[Photographie 710 : Le carrefour de Bixschoote.]

[Photographie 711 : Maison fortifiée à Bixschoote.]

Tome III · AD084_0189
26 juin 1918

26 juin 1918 — continuation

Source : manuscrit

mouvement commence. À 23h45 la dernière voiture est partie et à 2h30 on me signale que la batterie est arrivée sans incident à son nouvel emplacement qui est la ferme Aimé Gast à 500 mètres au sud de Pypegaele. De la ferme il ne reste absolument rien que la mare. [

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Date non portée

Photographie 712

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0191.jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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Photographie 712 : Une ferme près de Pypegaele.] P

Tome III · AD084_0191Page manuscrite 979
26 juin 1918

26 juin 1918 — continuation

Source : manuscrit

our ma part je suis resté à la ferme Wickaert pour assurer le commandement du groupe et d’ailleurs je veux aller régler moi-même demain matin le tir de ma batterie.

Tome III · AD084_0191Page manuscrite 979
27 juin 1918

27 juin 1918

Source : manuscrit

27 juin. — À 4h30 du matin je pars avec de Mailly à bicyclette par la piste C.3, Pypegaele et la position de batterie où nous nous arrêtons un instant. Tout paraît en bonne voie nous continuons notre chemin par Zuydschoote dont il ne reste pas pierre sur pierre, Lizerne, Steenstraat et le carrefour intermédiaire. Nous arrivons enfin à Bixschoote, complètement rasé. De l’église il ne reste qu’un tas de briques haut comme un homme. La seule construction qui soit encore debout est l’ancien presbytère transformé par les Allemands en blockhaus grâce à un revêtement intérieur en béton armé de 1m d’épaisseur. Ce blockhaus haut de 2 étages est encore en excellent état et nous sert d’observatoire. Si le pays que nous avons traversé en venant ici est ravagé à partir de Pypegaele on peut dire qu’il est littéralement anéanti à partir de Steenstraat. Le sol est ici aussi bouleversé qu’à Verdun ce qui n’est pas peu dire et on peut parler vraiment de paysage lunaire. Il y a aussi beaucoup de tombes dans ce coin-ci mais pour la plupart elles sont complètement bouleversées et datent du début de la guerre. Le silence qui règne dans ce coin de secteur et la solitude augmentent encore la tristesse de ce lieu désolé. Le village de Bixschoote domine le pays aux alentours puisqu’il est établi à la cote +15. Au 2e étage de notre maison on a donc une vue qui serait fort étendue si ne régnait en ce moment un brouillard assez gênant. Au premier plan coule le ruisseau du St Jansbeek au-delà duquel sont établies les premières lignes belges. Les premières lignes allemandes sont établies en bordure de la forêt d’Houthulst dont les arbres ne sont plus d’ailleurs que des squelettes.

Tome III · AD084_0191Page manuscrite 979
27 juin 1918

27 juin 1918 — continuation

Source : manuscrit

Le brouillard m’empêche de commencer mon tir avant 9h45. Du haut de notre perchoir nous pouvons le diriger fort aisément et à 12h45 tout est terminé après une consommation de 350 coups. Le tir paraît bon bien que la visibilité ne soit pas excellente. Notre tir terminé nous reprenons sans incident le chemin du logis où nous arrivons à 13h45. Le soir le colonel Joosten commandant l’artillerie de la DI nous félicite pour notre tir. Dans la nuit nous ramenons nos pièces à la première position sans aucun incident.

Tome III · AD084_0192Page manuscrite 980
28 juin 1918

28 juin 1918

Source : manuscrit

28 juin. — Dans l’après midi je vais faire un tour à la nouvelle position. La température n’est pas très élevée mais il fait effroyablement lourd. Cela tient à la grande humidité de ce pays. Les nuits y sont extrêmement fraîches et dans les baraques on est gelé avec 3 couvertures sur soi. Jusqu’à huit heures du matin il fait généralement froid mais dans la journée la température devient suffocante bien que le thermomètre dépasse rarement 25°. Le pire est lorsqu’un orage se met à tomber comme c’est le cas aujourd’hui : on se croirait alors dans une étuve. Ce climat a en ce moment une fâcheuse répercussion sur la santé de mes hommes qui sont atteints par les fièvres. La moitié de mon personnel est de ce fait hors de combat. Heureusement que ces accès de fièvre qui dépassent souvent 40° ne durent que 3 ou 4 jours. Notre cuisinier lui-même n’y échappe pas. Dès qu’un de mes hommes se rétablit un autre retombe. Je crois que tous vont y passer ainsi. Dans l’après midi Gardelle monte à l’observatoire pour effectuer un réglage sur l’abri Papegoed en vue d’un coup de main qui doit avoir lieu prochainement sur le carrefour de Londres. Ces occupations ne nous empêchent pas de fêter dignement la Saint Pierre qui est ma fête ainsi que celle de Denilde. Le menu de ce dîner, exécuté par le chef Paradon mérite de passer à la postérité : le voici : Potage crème de laitue Filets de sole sauce Joinville Fricandeau braisé flanqué Fritot Choux fleurs d’Alsace Fonds d’artichauts sauce mousseline Mayonnaise de saumon Fromage

Tome III · AD084_0192Page manuscrite 980
28 juin 1918

28 juin 1918 — continuation

Source : manuscrit

Entremet Moka parfait Café Vins fins - Champagne

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