sont bien entendu détruites. Dans l’une d’elles cependant transformée en blockhaus nous trouvons un officier anglais et un officier belge en train de prendre le thé. Rien ne manque au confort de la table : nappe damassée, petites serviettes, service en métal anglais, pain beurré. Voilà des gens qui savent faire la guerre. Pendant que nous errons au milieu des trous d’obus et des fils barbelés au risque de nous rompre les os, les Boches tirent assez vigoureusement à notre droite. Nous reconnaissons également des positions dans le parc du château d’Elverdinghe mais la meilleure de toutes ces positions ne vaut pas grand’chose. Enfin après avoir erré 3 heures dans ce désert nous reprenons le chemin de nos positions où nous arrivons à 14h30. Un ordre arrive bientôt nous enjoignant de garder nos positions.
Le soir je reçois à la batterie une nouvelle recrue, le lieutenant de Mailly Chalon qui vient de l’aviation et qui bien entendu ne connaît pas un traître mot d’artillerie. Je vais être obligé de lui faire son éducation.
La vie continue à s’écouler pour nous de la manière la plus monotone, le plus fort de nos occupations étant de manger. Le matin grâce à l’excellent lait de la ferme voisine et au délicieux chocolat américain vendu dans les coopératives nous nous payons des petits déjeuners vraiment fins accompagnés de tartines de pain anglais grillé recouvertes de beurre à 7 francs le kilo ! Mes hommes ont bien entendu le même régime alimentaire que moi et cependant mon boni d’ordinaire continue à augmenter. Nous allons être bientôt obligés de faire un repas de plus par jour.
Les Boches continuent à être à peu près tranquilles, cependant le 20 un avion boche vient pour incendier nos saucisses mais est repoussé avec fracas.
Dans la nuit du 22 au 23 le groupe Guinand qui est en batterie près de nous a un homme tué et 3 blessés par un obus isolé tombé près d’un abri.
[