1 janvier 1917 — bombardement et vœux du général Muteau
1er janvier 1917. — Toute la nuit le tir continue et nous nous attendons à tout moment à recevoir une marmite sur notre cagna. Enfin le jour se lève mais le tir ne cesse pas pour cela, au contraire. Le père Somme qui s’amuse à compter les coups estime que nous en avons reçu 1700 depuis 36 heures ! Si nous ne subissons aucun dommage de ce tir il n’en est malheureusement pas de même dans le camp voisin où les victimes sont nombreuses. Pour comble de malheur le temps est affreux. Quel triste jour de l’an nous allons passer malgré les « suppléments extraordinaires » touchés hier comme tous les ans au 1er janvier et au 14 juillet. Au déjeuner je convoque dans ma minuscule cagna mes 4 sous-officiers, ce qui n’est pas sans risques car les obus boches ne cessent de tomber. Cependant chacun arrive à se glisser chez moi sans encombre et nous trinquons à la victoire définitive et prochaine. Le champagne n’est pas bon, mais qu’importe ! Nous ne recevons pas dans la journée que des obus mais aussi un ordre du jour du général Muteau qui remplace à la tête du groupement D.E le général Mangin, nommé au commandement de la 6e armée. « Officiers, sous-officiers et soldats du groupement DE. Fier d’avoir été récemment appelé à vous commander, je vous adresse à tous, à la veille d’une nouvelle année, mes vœux très affectueux pour vous et vos familles. Unis dans le même sentiment d’amour de la Patrie, toujours prêts à aller de l’avant en dépit des fatigues et des dangers nous saurons en 1917, comme en 1914, 1915 et 1916 supporter stoïquement les sacrifices que la guerre nous impose. La Victoire appartient à celui qui veut vaincre et nous voulons vaincre pour assurer à nos enfants
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