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MÉMOIRES · 1917

Octobre 1917 1917

40 passages narratifs ou documents associés, dans l’ordre du manuscrit.

3 octobre 1917

3 octobre 1917

Source : manuscrit

3 octobre. — Depuis trois jours nous continuons à installer notre batterie dans des conditions un peu pénibles par suite du mauvais état sanitaire de mes hommes. Nous sommes tous en effet atteints de coliques à cause de l’eau innommable que nous buvons. Pour la prochaine attaque il a été décidé que toutes les batteries devraient avoir des munitions de même provenance et surtout des poudres du même lot pour augmenter la précision du tir. Comme notre approvisionnement doit être de 3000 coups le commandant me demande si je me sens capable de recevoir ce stock de munitions dans une seule nuit. Après avoir réfléchi, je réponds affirmativement sachant que mes hommes feront tout leur possible pour ne pas m’infliger un démenti. Les munitions en question vont arriver ce soir à la gare de la voie de 60 située à 300 mètres de ma position. Comme je suis en possession d’un stock important de voie de 40 je commence dès le jour tombant l’installation d’une voie de 300 mètres de longueur qui se trouve prête à fonctionner deux heures après malgré les difficultés de la pose. À 22 heures, les munitions arrivent. Il faut les transborder des wagons de la voie de 60 dans les miens, pousser ces wagons sur 300 mètres de voie précaire, et les décharger ensuite près de la batterie. Il y a là un travail considérable à fournir puisque le poids de toutes ces munitions dépasse 150 tonnes et que je n’ai guère qu’une trentaine de travailleurs. Ceux-ci sous l’active conduite des chefs de pièce qui mettent la main à la pâte font merveille. Les « as » surtout se distinguent dans ce tournoi : Fougerolles, Desmons, Mulquin rivalisent à qui transportera le plus grand nombre d’obus.

Tome III · AD084_0085(3)Page manuscrite 873
4 octobre 1917

4 octobre 1917

Source : manuscrit

4 octobre. — Vers 4 heures du matin Vayer vient me trouver dans mon abri pour m’informer que le travail est terminé sans incidents mais naturellement

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4 octobre 1917

4 octobre 1917 — continuation p.874

Source : manuscrit

les hommes sont absolument éreintés. Les « as » ont manutentionné chacun au moins 1500 obus. Mulquin bat tous les records en portant sur son dos trois obus à la fois soit 135 kilogrammes environ. À un moment il se fait même charger sur le dos deux caisses de douilles soit environ 160 kilogrammes et je suis obligé de mettre un terme à ces performances. Pour ce matin ce sera donc le repos et ce soir nous commencerons à répartir équitablement nos munitions entre les quatre pièces.

Tome III · AD084_0086(3)Page manuscrite 874
6 octobre 1917

6 octobre 1917

Source : manuscrit

6 octobre. — Depuis deux jours il pleut mais aujourd’hui c’est le déluge. Malgré cela Gardelle est obligé de partir dès le matin reconnaître un observatoire à 8 kilomètres d’ici du côté du moulin de Laffaux. Il rentre le soir complètement trempé. René a installé depuis plusieurs jours son poste de secours dans une sape de ma position et le mauvais temps lui amène beaucoup de clients, surtout qu’il doit assurer le service médical de deux batteries de 270 de côte, en position à 200 mètres de nous et dont le personnel compte pour la moitié des Martiniquais et autres créoles. Ces pauvres gens sont absolument recroquevillés sur eux-mêmes et incapables de réagir contre le froid. Ces deux batteries ont comme matériel des canons de 270 de côte qui étaient en position au cap St Jacques en Cochinchine. C’est un excellent matériel tirant à plus de 10 km un obus très puissant.

Tome III · AD084_0086(3)Page manuscrite 874
7 octobre 1917

7 octobre 1917

Source : manuscrit

7 octobre. — Le matin, pour changer, gelée blanche et froid de chien. Nous essayons mais en vain de régler un tir par avion. De même dans l’après midi Grammont, monté à la cote 179 essaie de nous régler sur le fort de la Malmaison, mais en vain. Dans la soirée le temps se met à la pluie à tel point que nous sommes inondés. Ma cagna devient inabordable et je suis obligé de construire en hâte un barrage de sacs à terre pour ne pas être inondé. La batterie est pleine d’eau et nous aurons demain fort à faire pour réparer les dégâts. Heureusement que nous sommes par ailleurs assez tranquilles : les Boches, comme nous, sont très calmes.

Tome III · AD084_0086(3)Page manuscrite 874
8 octobre 1917

8 octobre 1917

Source : manuscrit

8 octobre. — Dans la matinée nous parvenons enfin à régler sur l’isthme de la Malmaison. Les Boches, beaucoup moins sages qu’hier tirent énormément avec du 210 mm un groupe de 75 en position sur la crête à

Tome III · AD084_0086(3)Page manuscrite 874
Date non portée

Photographie(s) 667–667

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0087(3).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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667 Secteur de la Malmaison Route de Maubeuge Malmaison Fme Chemin des Dames Ligne allemande amorce de la ligne française

Tome III · AD084_0087(3)
8 octobre 1917

8 octobre 1917 — continuation p.877

Source : manuscrit

300 mètres devant nous. Heureusement, les coups tombent en général devant les pièces mais les éclats reviennent jusqu’à nous et il devient dangereux de rester dehors.

Tome III · AD084_0089(3)Page manuscrite 877
9 octobre 1917

9 octobre 1917

Source : manuscrit

9 octobre. — Instruit par l’expérience de l’offensive au mois d’août à Verdun le commandement a décidé d’affecter à chaque batterie d’artillerie lourde une trentaine de fantassins auxiliaires. Lors de cette attaque de Verdun en effet les batteries d’artillerie soumises à des tirs de neutralisation à obus toxiques ont été obligées de faire porter le masque protecteur par leurs servants. Malgré que les masques soient maintenant très perfectionnés, ils réduisent considérablement la somme d’effort que l’on peut fournir, et lorsque le personnel est obligé de garder le masque, l’intensité du feu est considérablement réduite. Ces fantassins auront donc mission de nous aider et aussi de combler les vides si les Boches réagissent comme à Verdun. On dit en effet que lors de cette attaque du mois d’août 8 ou 10.000 artilleurs ont été intoxiqués par l’ypérite et évacués. Je suis donc averti de l’arrivée d’une ½ compagnie de territoriaux affectés au groupe. Le temps continue d’ailleurs à être horrible mais cela n’a pas trop d’importance puisque mes transports de munitions sont terminés. Il n’en est malheureusement pas de même pour les 11e et 12e batteries qui éprouvent les plus grandes difficultés à achever leur ravitaillement en munitions. Nous pataugeons en effet dans la boue la plus ignoble malgré que le terrain soit ici assez sablonneux.

Tome III · AD084_0089(3)Page manuscrite 877
11 octobre 1917

11 octobre 1917

Source : manuscrit

11 octobre. — Mes fantassins auxiliaires arrivent. Ce sont de braves béarnais du 148e territorial conduits par un lieutenant petit, replet, et un peu obséquieux : il ressemble à un vicaire d’une paroisse où l’on mangerait bien. Je suis d’ailleurs rapidement détrompé : au cours du déjeuner, il lui arrive de lâcher quelques jurons carabinés, ponctués de coups de poing sur la table qui ne me laissent aucun doute sur ses origines. C’est un ancien sous officier rengagé nommé sous lieutenant dans la réserve. Il est secondé par un sergent aussi d’un splendide parler local et que Dumay n’appelle jamais autrement que le sergent Chrysostome. Le secteur est toujours calme et je n’en veux pour preu-

Tome III · AD084_0089(3)Page manuscrite 877
11 octobre 1917

11 octobre 1917 — continuation p.878

Source : manuscrit

ve que les extraits du bulletin de renseignement du corps d’armée : « Un détachement du …ème d’infanterie a tenté cette nuit un coup de main sur la tranchée X qui était évacuée. Il est revenu dans nos lignes rapportant deux grenades à manches et une pioche. À 14 heures le chien noir signalé plusieurs fois déjà est vu au même endroit que précédemment (boyau du Sucre). » Le bulletin ne dit pas si la pioche, comme les deux grenades avait un manche ni ce que faisait le chien dans le boyau du Sucre. Peut être léchait-il le parquet.

Tome III · AD084_0090(3)Page manuscrite 878
14 octobre 1917

14 octobre 1917

Source : manuscrit

14 octobre. — Depuis hier le temps s’est remis au beau et nous pouvons dans l’après midi effectuer un réglage par avion. Les Boches également sont très actifs et tirent un peu de tous les côtés, sauf heureusement sur nous. Avec le beau temps nous allons pouvoir travailler un peu ce qui nous changera de l’inaction de ces jours derniers où nous étions réduits à lire depuis le titre jusqu’à la signature du gérant les quotidiens et le bulletin des armées. Il y a d’ailleurs dans ce dernier des choses intéressantes et en particulier des perles de poilus. Le numéro d’avant hier en contient quelques unes qui sont assez bien venues : « Quand tu parles de la femme songe à ta mère, à ta sœur et à ta fiancée : cela t’évitera de dire bien des bêtises » « Ce qu’il y a d’agréable au théâtre de la guerre, c’est qu’on n’est pas gêné par les chapeaux des dames » « Ne plaignons pas ceux qui partent de très bas, même s’ils ne peuvent aller très haut. L’essentiel dans la vie c’est d’avoir la sensation de monter » « Puisque l’amour est enfant de Bohême, qu’est ce qu’on attend pour le mettre dans un camp de concentration »

Tome III · AD084_0090(3)Page manuscrite 878
16 octobre 1917

16 octobre 1917

Source : manuscrit

16 octobre. — Le temps se maintient décidément au beau et notre artillerie peut manifester un peu plus d’activité que les jours précédents. Pour ma part, j’exécute un tir de réglage par avion sur la batterie 47-66. Dans la nuit nous exécutons un tir de harcèlement sur Chavignon.

Tome III · AD084_0090(3)Page manuscrite 878
17 octobre 1917

17 octobre 1917

Source : manuscrit

17 octobre. — L’activité de l’artillerie française devient intense. Il y a en l’air une grande quantité d’avions de réglage d’artillerie et malgré la profusion des signaux par T.S.F. qui s’échangent dans l’air tout le monde arrive à se comprendre. C’est un des plus grands progrès réalisés ces temps derniers. Dans l’après midi nous exécutons un tir de réglage suivi d’un tir de démoli-

Tome III · AD084_0090(3)Page manuscrite 878
Date non portée

Photographie(s) 668–668

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0091(3).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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Tome III · AD084_0091(3)
Date non portée

Photographie(s) 669–669

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0094(3).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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669 Le secteur des carrières Montparnasse Sortie des carrières entrée des carrières Route de Maubeuge

Tome III · AD084_0094(3)
Date non portée

Photographie(s) 670–670

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0095(3).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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670 La position du moulin de Couvailles l’Aisne et les pierres de taille de l’oncle Lucien

Tome III · AD084_0095(3)
Date non portée

Photographie(s) 671–671

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0096(3).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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671 Chavignon Malmaison Fme 3951 C/Av. 4050 C/Av. 5162 C/Av. Repères chiffrés lisibles : 3458, 3553, 3555, 3664, 3753, 3765, 3951, 3958, 3963, 3965, 4050, 4061, 4063, 4145, 4163, 4249, 4259, 4261, 4262, 4360, 4461, 4465, 4560, 4660, 4760, 4766, 5055, 5162, 5164, 5261, 5262, 5353, 5362, 5363, 5458, 5553, 5564, 5660

Tome III · AD084_0096(3)
17 octobre 1917

17 octobre 1917 — continuation p.885

Source : manuscrit

tion de 500 coups sur la batterie 35-55. Le commandant qui assiste à ce tir est complètement médusé par sa précision, sa rapidité d’exécution et la bonne coordination entre l’avion et moi. Les indications de l’avion sont suivies immédiatement des corrections nécessaires et les salves se suivent sans interruption. En moins de 10 minutes le tir est réglé et le tir d’efficacité s’abat sur la batterie boche par rafales de 24 coups que mes pièces délivrent en une minute à peine. L’aviateur signale d’ailleurs que le tir est excellent. Pendant l’exécution de nos tirs les fantassins auxiliaires doivent nous aider à transporter nos munitions mais les pauvres gens ne nous rendent pour ainsi dire aucun service. Ils se mettent à deux pour porter une caisse de douilles de 70 kg qu’un seul de mes hommes coltine avec aisance et encore gémissent-ils d’une manière épouvantable. Mes hommes pour leur donner l’exemple s’exercent aux plus rudes performances mais je suis obligé de les modérer bien qu’ils soient particulièrement entraînés. J’ai dans mon personnel de pièces de véritables athlètes parmi lesquels Mulquin, Desmonts, Fougerolles et Gaouyer sont les plus forts. Il est vrai que pour la plupart ils n’ont pas trente ans alors que mes « terribles toriaux » avoisinent tous 45 ans. De plus ils sont du midi et habitués à travailler beaucoup avec leur langue. Un certain Moreau surtout se fait remarquer par sa faconde pour la plus grande joie de Dumay qui s’amuse aussi énormément des noms pittoresques de ces béarnais : Casamayoulet, Menchelcade, etc. Quant au lieutenant il donne l’exemple de l’inaction et nous ne le voyons jamais paraître le matin avant onze heures.

Tome III · AD084_0097(3)Page manuscrite 885
18 octobre 1917

18 octobre 1917

Source : manuscrit

18 octobre. — Dans la matinée le temps se met à la pluie et nous faisons du harcèlement sur les batteries démolies pour empêcher les Allemands de les déménager ou de les réparer. Dans la soirée cependant nous pouvons exécuter un tir réglé par avion sur une batterie et suivie d’un tir de démolition de 500 coups. Consommation de la journée 550 coups.

Tome III · AD084_0097(3)Page manuscrite 885
19 octobre 1917

19 octobre 1917

Source : manuscrit

19 octobre. — Le matin de 6 h 10 à 6 h 30 tir de neutralisation sur une batterie et le reste de la journée : repos.

Tome III · AD084_0097(3)Page manuscrite 885
20 octobre 1917

20 octobre 1917

Source : manuscrit

20 octobre. — Continuation des tirs : de 5 h 50 à 6 h 10 tir de neutralisation. Le soir tir de destruction de 250 coups sur une batterie. Toute la nuit, tir de harcèlement

Tome III · AD084_0097(3)Page manuscrite 885
20 octobre 1917

20 octobre 1917 — continuation p.886

Source : manuscrit

sur Chavignon et sur la batterie démolie. Consommation de la journée 350 coups.

Tome III · AD084_0098(3)Page manuscrite 886
21 octobre 1917

21 octobre 1917

Source : manuscrit

21 octobre. — De 5 h 10 à 5 h 45 tir de neutralisation. De 16 h à 17 h tir de destruction sur la batterie 39.63. Le soir à 18 h 25 et à 21 heures, tir de neutralisation, en tout 570 coups. Nous commençons à être passablement abrutis. Plus tard à la nuit tombante une puissante escadrille de 20 avions boches franchit nos lignes ce qui amène un très beau combat d’ailleurs sans résultat puisque les avions rentrent tous chez eux. Le soir les journaux nous apportent une excellente nouvelle : une escadrille de Zeppelins se rendant probablement sur Londres a été dispersée par la tempête ou plutôt égarée par de faux signaux de T.S.F. 4 ont été abattus en France et l’on suppose même qu’un cinquième s’est perdu en Méditerranée.

Tome III · AD084_0098(3)Page manuscrite 886
22 octobre 1917

22 octobre 1917

Source : manuscrit

22 octobre. — Toute la nuit et une partie de la journée nous continuons nos tirs de harcèlement sur Chavignon et sur les batteries démolies. Dans l’après midi tir de destruction sur 49-72. Le soir tir de harcèlement jusqu’à minuit. Nous recevons à ce moment les ordres pour l’attaque qui est décidée pour demain 5 h 15. Le programme est de conquérir la crête de la Malmaison, celle de Vaudesson et de descendre si possible dans la plaine pour rejeter les Allemands au delà de l’Ailette. L’attaque sera menée à gauche par le 14e corps (Marjoulet), au centre par notre corps d’armée le 21e (gᵃˡ Degoutte) qui a pour objectif Vaudesson et Chavignon. À droite par le 11e corps (de Maud’huy) qui a comme objectif la Malmaison. Une partie du 8e corps (gᵃˡ Deligny) participe à l’attaque. L’ennemi possède des positions très fortes mais par contre il est pris en tenaille et battu par des feux croisés. De plus il est obligé de maintenir une grande partie de son artillerie au delà de l’Ailette pour ne pas s’exposer à la perdre entièrement en cas d’avance de notre part. Le Boche est d’ailleurs convaincu de notre échec comme nous sommes convaincus de notre succès. Les troupes d’attaque sont de premier ordre et appuyées par une artillerie extrêmement puissante. Les pièces de 400 mm sont en batterie près de Missy et tirent sur les carrières Montparnasse et sur les centres profonds dans lesquels les Boches s’abritent. Près de Condé sont les batteries de 370 et de 270. Derrière nous sur l’Aisne sont venues s’embosser des canonnières armées de pièces de

Tome III · AD084_0098(3)Page manuscrite 886
Date non portée

Photographie(s) 672–673

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0099(3).jpg : 2 photographies, chacune cliquable

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672 Quelques prisonniers boches 673 Un tank redescendant de l’attaque

Tome III · AD084_0099(3)
Date non portée

Carte — bataille de la Malmaison, fronts successifs

Source : manuscrit
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Fiche de la carte · source et passages associés →

Bataille de la Malmaison du 23 & 24 Octobre 1917 LÉGENDE 1re ligne frˢᵉ le 23 Octobre (matin) 1re ligne allᵈᵉ le 23 Octobre (matin) Front atteint le 23 Octobre (soir) d° 24 d° d° 25 d° d° 2 Novembre (front actuel)

Tome III · AD084_0100
22 octobre 1917

22 octobre 1917 — continuation p.889

Source : manuscrit

marine et servies par des canonniers marins. De nombreux tanks doivent participer à l’attaque et protéger l’avance de l’infanterie. Il faut espérer que sur ce point l’expérience d’avril aura porté ses fruits. Plusieurs coups de main ont été essayés pour tâter le Boche qui paraît décidé à se défendre mais qui cependant a évacué au nord de l’Ailette plusieurs batteries qui étaient en position au sud. Le plus beau coup de main a été exécuté en plein jour à midi. Sans aucune préparation d’artillerie un lieutenant d’infanterie et 12 hommes se sont précipités dans la tranchée allemande et ont ramené chacun un prisonnier.

Tome III · AD084_0101Page manuscrite 889
23 octobre 1917

23 octobre 1917

Source : manuscrit

23 octobre. — À 3h20 nous commençons les tirs de neutralisation à obus toxiques sur les batteries allemandes. En même temps le tir de préparation se déclenche avec une violence sans pareille. À 5h15 en pleine nuit l’attaque d’infanterie se déclenche elle aussi en même temps que l’artillerie redouble la violence de son feu. Le jour ne tarde pas à paraître mais les Allemands ne semblent pas réagir, tout au moins de notre côté. Vers 8 heures alors que le jour est complètement levé on peut en montant sur la crête qui domine ma batterie apercevoir la côte du Chemin des Dames sur laquelle s’abattent les obus de tous calibres et qui fume comme un volcan. Les obus de 400, de 370, de 240 font des gerbes formidables. Par suite de notre rôle de contre batterie nous n’avons aucune liaison avec l’infanterie, aussi nous sommes sans nouvelles. À 10 heures cependant on nous annonce que le premier objectif du corps d’armée a été atteint. Vers 11 heures nous apprenons que l’attaque a pleinement réussi dans notre secteur et Gardelle reçoit l’ordre d’aller reconnaître un observatoire à la Haute Pie. Nos troupes sont donc au moins à Vaudesson. À 12h30 ordre de cesser le feu. Un silence impressionnant succède au vacarme de la matinée. À midi d’ailleurs le colonel commandant l’A.L.21 donne l’ordre aux batteries de se déplacer pour aller occuper les positions reconnues ces jours-ci près de la carrière du Piano à 1 km au N.E. de Sorny. La 12e batterie doit commencer le mouvement ce soir et nous demain. Comme ma batterie est placée actuellement elle peut encore tirer sur les passages de l’Ailette et gêner les Allemands dans l’évacuation de son matériel. Le soir les nouvelles se précisent : nous avons pris au moins 25 canons et 7.500 prisonniers

Tome III · AD084_0101Page manuscrite 889
23 octobre 1917

23 octobre 1917 — continuation p.890

Source : manuscrit

dont un grand nombre sont déjà rassemblés au poste de commandement de la division derrière nous. Le récit d’un des prisonniers fait connaître que la batterie 35-55 battue par moi le 17 octobre a eu ses 4 pièces démolies et 7 hommes tués. La batterie 38-58 battue par la 12e batterie le même jour a eu 3 casemates défoncées. La batterie 31-54 battue par la 12e a été vue en flammes par les avions. L’impression bien nette de tout le monde est que l’artillerie allemande a été littéralement écrasée. La 12e batterie se porte en avant conformément aux ordres reçus à 20h30. La pluie de ce matin ayant fortement détrempé le sol nous ne sommes pas sans inquiétude sur la réussite du mouvement. Pour ma part je continue dans la nuit mes tirs de neutralisation pour empêcher les Allemands de déménager le matériel. Gardelle rentrant de la reconnaissance nous apprend que de la Haute Pie on a des vues fort étendues malgré le brouillard. Il n’a pu d’ailleurs aller jusqu’au bout de la croupe car on se battait encore à la lisière des bois qui couvrent les pentes nord. L’artillerie de campagne s’est déjà portée en avant.

Tome III · AD084_0102Page manuscrite 890
24 octobre 1917

24 octobre 1917

Source : manuscrit

24 octobre. — Comme nous nous y attendions la 12e bie n’a pu arriver à sa position sauf une seule pièce. Une est tombée dans le fossé de la route près de la ferme Chanteraine, les deux autres sont embourbées sur la piste qui mène au ravin du Piano, ainsi que deux chariots de parc. Il y a en effet partout une boue affreuse augmentée encore par la circulation intense qui règne sur la route, la seule praticable actuellement. Les porteurs à chenilles eux mêmes (caterpillars) qui devaient porter en avant l’artillerie de campagne ne peuvent avancer. La 12e batterie a pu cependant transporter sur sa nouvelle position 260 obus mais devant cette situation le commandement décide de retarder le mouvement de la 10e et de la 11e batterie jusqu’à ce que la 12e batterie soit en mesure d’agir efficacement. À 8 heures du matin je monte donc avec Dumay au ravin du Piano pour effectuer une reconnaissance plus complète de la position. Chemin faisant nous rencontrons un tank qui redescend des lignes ainsi qu’un certain nombre de prisonniers. La boue tout le long de la route est absolument effroyable et nous pataugeons jusqu’à mi-jambe. La voie de 60 est complètement disloquée et plusieurs locomotives sont en panne.

Tome III · AD084_0102Page manuscrite 890
Date non portée

Photographie(s) 674–677

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0103.png : 4 photographies, chacune cliquable

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674 — Un chariot de parc 675 — La 1re pièce

La 12e batterie se porte en avant

676 — La 2e pièce 677 — La 3e pièce

Tome III · AD084_0103
27 novembre 1917

Rapport du GQG sur la bataille de la Malmaison — recto

Source : manuscrit

GRAND QUARTIER GÉNÉRAL DES ARMÉES du NORD et du NORD-EST ÉTAT-MAJOR 3e BUREAU N° 30.676 À répartir jusqu’à l’échelon Bataillon et Groupe

Au G.Q.G., le 27 novembre 1917.

LA BATAILLE DE LA MALMAISON

L’ENNEMI

L’ennemi n’a nullement été surpris par notre attaque qu’il attendait depuis le début de septembre. Les déclarations de prisonniers faits par l’ennemi et les renseignements que ses agents lui faisaient parvenir l’ont parfaitement renseigné. Il est hors de doute (1) que le Commandement allemand a su la date et l’heure de l’attaque : l’avance de l’heure, décidée au dernier moment, a permis à deux de nos divisions d’échapper aux effets d’un tir de contre-préparation qui eût pu être funeste si le départ de l’attaque avait été maintenu à l’heure primitive.

Le renforcement.

Devant les indices d’attaque de notre part, la 2e Division de la Garde est introduite le 21 septembre en renforcement des divisions qui occupaient le front menacé. Trois autres divisions, dites divisions d’intervention, sont amenées en soutien ; en outre, trois autres divisions sont rapprochées. Pendant notre préparation, des unités en ligne très éprouvées sont relevées malgré les difficultés de ces mouvements exécutés sous nos tirs d’interdiction. Un renforcement considérable d’artillerie est également effectué : du 15 septembre au 15 octobre, 64 nouvelles batteries paraissent sur le front de l’Armée, dont 40 de gros calibres, portant à environ 180, dont 63 de gros calibres, le total des batteries devant notre front d’attaque (2). En résumé, l’ordre de bataille ennemi à la date du 23 octobre était le suivant : En 1re ligne : 37e D.I., 14e D.I., 13e D.I., 2e D.G., 5e D.G., 47e D.R. Divisions d’intervention : 52e D.I., 43e D.I., 9e D.I. En réserve : 10e D.I. (éléments), 6e D.I., 3e D.B.

Son plan de défense.

On retrouve dans tous les ordres capturés la décision du Commandement de tenir coûte que coûte sur ses premières lignes. « Pour dissiper toute incertitude, il est rappelé à nouveau que la tranchée dans laquelle la lutte doit se dérouler est la première tranchée (VORDERSTER GRABEN) ». 5e D.G., 8/10. « Le but de la contre-attaque sera de reconquérir la première ligne. » Ordre de Secteur n° 2, Rgt AUGUSTA, 27/9-17. Comme dispositif d’occupation, les Allemands semblent avoir adopté : En 1re ligne : une rangée de nids de mitrailleuses avec des soutiens d’infanterie. En 2e ligne : des points d’appui avec des compagnies entières et même des bataillons, constituant des réserves à tous les échelons, destinées à mener successivement des contre-attaques, en vue de reprendre la 1re ligne. Bien que le commandement allemand ne perde pas une occasion d’affirmer sa confiance dans la supériorité de ses troupes, il considère cependant l’éventualité d’une rupture de son front : « Il est d’une importance capitale que notre artillerie réussisse à concentrer, sur les points éventuels de la percée ennemie, un tir d’anéantissement aussi violent que possible ». (o/o de la 2e D.G., 13/10).

EXÉCUTION DE L’ATTAQUE

Chez l’ennemi toutes les dispositions sont prises. « Nous avons conscience d’être à la hauteur de toute attaque, si chacun fait son devoir ». Secteur HADELN J.N. 14.821 — 21-10-17.

(1) Messages de T.S.F. captés, déclarations d’Officiers prisonniers. (2) La composition et la répartition de l’artillerie ont pu être reconstituées pour quelques-unes des divisions en ligne ayant subi notre attaque ; on trouve ainsi les densités suivantes :

| Unité | Bies de Campagne | Bies Lourdes | Front de la Div. | Nombre de Bies au km. | |---|---:|---:|---:|---:| | 14e Division | 15 | 15 | 4 | 7,5 | | 2e D.G. | 14 | 9 | 2 | 11,5 | | 5e D.G. | 15 | 18 | 3 | 11 |

[Mention d’impression en marge] N° 1.538 — 26-11-17 (1.200 ex.).

Tome III · AD084_0104
27 novembre 1917

Rapport du GQG sur la bataille de la Malmaison — verso

Source : manuscrit

Les troupes françaises attaquent le 23 octobre à 5 h. 15 ; le commandement allemand connaît le jour et l’heure de l’attaque : un message capté la veille prescrivait une contre-préparation le 23 à 5 h. 30.

1° De la ferme de la Rivière aux carrières de Fruty.

L’attaque se produit au début sur les 56e et 16e R.I. Dès le début de l’action, les 4 bataillons en ligne sont bousculés et faits prisonniers. Notre progression à l’Est de Pinon empêche l’ennemi de réagir, il tente vainement de boucher cette brèche avec des bataillons de la 52e Division au fort de Pinon ; surpris en pleine manœuvre, pris à revers par les tanks, ces bataillons de renfort sont dispersés ou capturés à leur tour : tous nos objectifs sont atteints à l’heure fixée (1). Dans la nuit suivante, entre le Mont des Singes et la Vallée Guerbette, les Allemands retirent sur Pinon leur aile droite qu’ils jugent trop aventurée. La progression des Français au delà de Vaudesson et jusqu’à Chavignon décide, le 24, le commandement allemand à abandonner Pinon en repliant ses forces au nord du Canal ; cet ordre de retraite n’arrive pas en temps utile à toutes les unités : notre attaque du 25 en surprend une grande partie en pleine exécution de mouvement et transforme cette retraite en déroute.

2° De la carrière de Fruty au Toty.

L’attaque française, vigoureusement menée, culbute les défenseurs de premières lignes : des essais de résistance à la ferme Vaurains, au ravin des Gobineaux, points tenus par des nids de mitrailleuses, sont rapidement brisés. Vaudesson et les creutes de Haute Pie sont enlevés de haute lutte ; 3 chefs de corps de la 13e Division sont ou tués ou capturés ; à 10 h. 30 le village de Chavignon est occupé par les troupes françaises. L’artillerie allemande semble complètement désorganisée. Le 25, notre attaque ne trouve plus de grande résistance jusqu’au canal.

3° Du Toty à la Royère.

Dans le secteur de la 2e D.G., les Allemands surpris par la soudaineté de l’attaque n’opposent aucune résistance : les réserves de régiments sont bousculées avant d’avoir pu se former pour les contre-attaques ; le fort de la Malmaison tombe avec tous ses défenseurs (2 compagnies du 1er Grenadiers de la Garde). Une résistance plus sérieuse se manifeste à la ferme de la Malmaison, mais est vite surmontée. Dans le secteur de la 5e D.G., la résistance des Allemands est beaucoup plus grande : utilisant les abris et les carrières situés dans cette région, et le relief plus tourmenté du terrain, des bataillons du 3e régiment de la Garde, du 20e R.I. et du 7e Grenadiers opposent une défensive plus opiniâtre ; d’énergiques et sanglantes attaques sont menées toute la journée : 4 nouveaux bataillons viennent renforcer les unités décimées maintenues le lendemain en ligne ; ils arrivent en désordre et démoralisés par nos tirs d’interdiction. Le 25 octobre, au petit jour, les troupes françaises reprennent l’offensive. Sous leur pression énergique, les Allemands cèdent et évacuent toute la plaine du canal. En présence d’un tel désastre, le commandement appelle en toute hâte des unités nouvelles : la 6e Division, débarquée de Russie le 23 octobre, envoie ses trois régiments tenir les passages du canal et faciliter la retraite de la 2e D.G. et de la 43e D.R. Le 26 octobre, les troupes allemandes reculent partout : Filain, Moulin-Didier, toute la rive Sud du bassin d’alimentation jusqu’à Froidmont, tombent au pouvoir des Français.

RECUL AU NORD DE L’AILETTE

Les positions que nous avions conquises dans la région de la Malmaison nous permettaient de prendre de flanc et à revers les positions allemandes du Chemin des Dames. Aussi les conséquences de notre victoire ne se font pas attendre : après un bombardement de plusieurs jours et sous la pression de notre infanterie dans la nuit du 1er au 2 novembre, l’ennemi abandonne le plateau du Chemin des Dames et se replie au Nord de l’Ailette.

PERTES ENNEMIES PENDANT LES COMBATS DES 23, 24 ET 25 OCTOBRE

3.300 cadavres ennemis ont été ramassés par nous sur le terrain conquis les 23, 24 et 25 octobre : ce sont des tués de ces 3 jours de bataille, peut-être ceux du 22. D’après les déclarations de prisonniers et les documents, on peut estimer à un nombre égal les tués pendant la préparation, tant au Sud du canal qu’au delà ; en outre il n’est pas exagéré d’admettre que, pendant la bataille, au moins un millier d’Allemands ont été tués en dehors du terrain gagné par nous. Ce total de 8.000 morts correspond normalement à 30.000 blessés. Avec les 11.558 prisonniers que nous avons capturés (dont 241 officiers) on arrive à un total des pertes allemandes d’environ 50.000 hommes. En outre 200 canons, 222 minenwerfers, 720 mitrailleuses, de grandes quantités d’obus et un important matériel sont restés entre nos mains (2).

(1) Le front Mont des Singes-Ferme Moisy n’a pas été attaqué, mais les troupes allemandes y ont été très éprouvées par les obus spéciaux. (2) Ces quantités ne comprennent pas ce que nos tirs ont détruit plus ou moins complètement et que les Allemands ont pu évacuer quand la destruction n’en était pas complète : il semble que le matériel perdu par l’ennemi soit considérable.

Tome III · AD084_0104_bis
25 octobre 1917

25 octobre 1917

Source : manuscrit

25 octobre. — Je pars le matin de bonne heure avec des travailleurs pour aménager la position du Piano. La 12e batterie a pu enfin amener dans la soirée ses 3 pièces à la position de batterie et la 11e effectue son mouvement dans la journée sans incident. À 12 heures la 12e batterie est prête à tirer et une reconnaissance d’observatoire effectuée par le lieutenant Grammont permet de l’accrocher. Elle effectue alors un tir sur Montbavin puis un tir d’interdiction sur la route Lizy-Chaillevois.

Tome III · AD084_0105Page manuscrite 893
26 octobre 1917

26 octobre 1917

Source : manuscrit

26 octobre. — Les Boches battant en retraite précipitamment ont évacué la rive sud du canal. Ma batterie doit effectuer son mouvement aujourd’hui et à 15 heures le mouvement est en pleine exécution lorsque, alors que je suis à l’ancienne position je reçois l’ordre de suspendre mon mouvement. Le commandant est en effet parti en reconnaissance avec Gardelle et Dumay pour rechercher un emplacement de batterie dans le ravin du Vivier. À l’heure actuelle je me trouve donc dans la situation suivante : mes 4 canons sont au ravin du Piano en train de se mettre en batterie, mes 12 caissons le long de la route pataugent dans une boue horrible, mes lieutenants au ravin du Vivier et moi même au moulin de Couvailles ! Je me hâte donc de remonter au ravin du Piano pour tâcher d’obtenir des renseignements. Le commandant ne rentre d’ailleurs qu’à la nuit tombante avec mes lieutenants : l’emplacement reconnu est difficilement abordable, la route d’accès est absolument impraticable à cause du bombardement auquel elle a été soumise. Néanmoins s’il y a nécessité absolue, le mouvement pourra s’effectuer, mais de jour. Ma batterie qui avait ses pièces presque en position reçoit l’ordre de les retirer et de se tenir prête à faire mouvement vers le ravin du Vivier lorsque l’ordre en sera donné. Nous revenons donc à notre ancienne position où nous nous établissons pour la nuit. Tout le monde est horriblement crotté et très fatigué.

Tome III · AD084_0105Page manuscrite 893
27 octobre 1917

27 octobre 1917

Source : manuscrit

27 octobre. — Les échelons sont venus nous rejoindre hier aussi à l’ancienne position. Aujourd’hui à 13 heures je reçois l’ordre de m’établir définitivement au Piano. Le mouvement s’effectue à nouveau sans incident malgré les difficultés exceptionnelles du terrain. Nous n’avons naturellement aucun abri pour nous installer à la position nouvelle et mon

Tome III · AD084_0105Page manuscrite 893
27 octobre 1917

27 octobre 1917 — continuation p.894

Source : manuscrit

P.C. n’est encore qu’un simple trou sur lequel nous installons à la hâte quelques tôles. Comme lit, nous avons des cadres de sape, ce qui ne nous empêche pas d’ailleurs de passer une excellente nuit.

Tome III · AD084_0106Page manuscrite 894
28 octobre 1917

28 octobre 1917

Source : manuscrit

28 octobre. — Dans l’après-midi je pars en permission par Soissons où je prends le train de 17 heures.

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