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MÉMOIRES · 1917

Septembre 1917

50 passages narratifs ou documents associés, dans l’ordre du manuscrit.

2 septembre 1917

2 septembre 1917 — reconnaissance des positions

Source : manuscrit

2 septembre. — À8heures du matin nous partons en reconnaissance, le commandant, Guilmin, Féry et moi, pour reconnaître les positions du groupe Pascal au sud de la position que nous occupions avant de partir au repos. Les positions sont moins bonnes que celles que nous avons quittées, mais cependant elles sont fort acceptables.

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3 septembre 1917

3 septembre 1917 — installation de la batterie

Source : manuscrit

3 septembre. — À5h30 départ des échelons pour la nouvelle position de batterie. Le temps est extrêmement clair aussi je crains beaucoup les regards indiscrets des avions boches. Heureusement vers6h15 le brouillard se lève et grâce à cette complicité nous pouvons mettre en batterie sans être vus. La mise en batterie commencée à7heures est terminée à8sans autre incident. Ici tout est à faire car la position est fort mal installée. Son seul avantage est d’être desservie par un chemin de fer qui m’apporte mes munitions sans aucune fatigue. Curieuse coïncidence ! La gare qui dessert ma batterie s’appelle « gare des Saules ». Il y a d’ailleurs à cet endroit un sympathique chef de gare. Un autre avantage de ma position c’est que nous sommes dans un verger de pommiers couverts de fruits : nous mangeons donc des compotes à tous les repas. Dans l’après midi je vais reconnaître d’autres positions de batteries mais je ne trouve rien. Gardelle de son côté part reconnaître un observatoire en première ligne.

Tome III · AD084_0059(1)Page manuscrite 847
4 septembre 1917

4 septembre 1917 — tir réglé par avion

Source : manuscrit

4 septembre. — Dans l’après midi nous effectuons un tir de160coups réglé par avion.

Tome III · AD084_0059(1)Page manuscrite 847
5 septembre 1917

5 septembre 1917 — changement de position

Source : manuscrit

5 septembre. — Une fois de plus nous changeons de posi-

Tome III · AD084_0059(1)Page manuscrite 847
5 septembre 1917

5 septembre 1917 — continuation p.848

Source : manuscrit

tion de batterie : les échelons qui avaient quitté hier Glennes pour Barbonval doivent déménager encore pour venir à Meurival. Avant hier vers15h30 les avions boches viennent incendier deux saucisses derrière nous.

Tome III · AD084_0060(3)Page manuscrite 848
6 septembre 1917

6 septembre 1917 — reconnaissance à Beaumarais

Source : manuscrit

6 septembre. — Le matin à7h30 je pars avec le commandant, le capitaine Kablé, Guilmin et de Blois et Beltramelli reconnaître des positions de batterie dans le bois de Beaumarais au nord de Pontavert. Ce bois de Beaumarais qui n’a pas volé son nom est fort bas et très humide. Il a été occupé au mois d’avril1917 par une nombreuse artillerie participant à la préparation de l’offensive aussi a-t-il été horriblement marmité, d’autant plus qu’il était battu du nord et de l’est. Il y a encore beaucoup de positions de batteries inoccupées mais elles sont presque toutes dans un état de bouleversement tel qu’on ne peut les utiliser. Des tombes d’artilleurs se voient dans tous les coins. Enfin nous parvenons à trouver des positions médiocres le long du chemin des Tombes qui, partant de la route Pontavert–Craonnelle se dirige vers la ferme du temple. Je retrouve là le commandant de Guillebon et des batteries du13e. Le 5e corps en effet à droite occupe le secteur entre Craonne et Berry au Bac. Dans la journée nous arrive une nouvelle bien inattendue : le commandant Annibert s’en va dans une autre armée pour commander un groupe d’artillerie lourde avant de passer lieutenant colonel ce qui ne saurait tarder. Évidemment il regrette de quitter son groupe mais dans le fond de lui même il est heureux de cet avancement qui lui fait rattraper un peu le temps perdu. Quant à moi si je suis heureux pour lui, je le suis moins pour moi car je pourrais tomber sur un chef moins bienveillant. Nous nous entendions très bien ensemble et j’espère que je m’entendrai aussi bien avec son successeur qui n’est d’ailleurs pas nommé. Pour l’instant, je commande

Tome III · AD084_0060(3)Page manuscrite 848
Date non portée

Photographies 642–643 — saucisse incendiée

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0060(3).jpg : 2 photographies, chacune cliquable

Cliquez ou touchez une photographie pour l’agrandir avec sa légende manuscrite, en sépia, sans retouche.

642 Une saucisse tombe en flammes 643 La saucisse se consume sur le sol

Tome III · AD084_0060(3)Page manuscrite 848
Date non portée

Photographies 644–647 — Chemin des Dames

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0061(4).jpg : 4 photographies, chacune cliquable

Cliquez ou touchez une photographie pour l’agrandir avec sa légende manuscrite, en sépia, sans retouche.

644 La crête du chemin des Dames 645 L’éperon de Craonne 646 Le PC du chemin des Tombes Perdijon Molle Beltramelli Delacour 647 Le bois des Buttes

Tome III · AD084_0061(4)
6 septembre 1917

6 septembre 1917 — continuation p.851

Source : manuscrit

donc provisoirement le 7e groupe ce qui ne me déplaît pas.

Tome III · AD084_0063(4)Page manuscrite 851
7 septembre 1917

7 septembre 1917 — commandement provisoire du groupe

Source : manuscrit

7 septembre. — À minuit tout le monde est debout pour préparer le déménagement de la batterie. À1h45 tout est prêt et nous partons pour arriver à la nouvelle position à3heures du matin en pleine nuit. Le temps de mettre nos canons en place et le jour commence à poindre. Cette occupation de position ne se fait d’ailleurs pas sans peine pour ma batterie car les abris sont occupés par une soixantaine de territoriaux qui refusent énergiquement de s’en aller. Nous nous installons cependant. Le frère de Dumay, sergent au31e d’infanterie vient déjeuner avec nous. Le soir je vais m’installer au poste de commandement du groupe le long du chemin des Tombes, laissant le commandement de la batterie à Dumay. Le poste de commandement, situé entre la11e et la12e batterie est assez confortable et nous nous y installons assez au large : il n’a qu’un défaut, c’est que son toit n’est même pas à l’abri d’un77 ce qui est vraiment peu dans un secteur aussi marmité. Nous sommes maintenant aux ordres du1er corps d’armée colonial pour faire de la contre batterie.

Tome III · AD084_0063(4)Page manuscrite 851
8 septembre 1917

8 septembre 1917 — visite des batteries

Source : manuscrit

8 septembre. — Dans l’après midi je reçois la visite du général Franceries commandant l’artillerie du1er CAC et du colonel Desmons commandant l’artillerie lourde du1er CAC qui visitent les positions du groupe. Ces messieurs, qui sont assez nerveux, me bousculent pas mal, mais je leur réponds du tac au tac et nous nous quittons bons amis. Le général trouve cependant que la11e batterie est mal placée et me demande de la reporter en arrière. Le soir au dîner j’arrose mes nouvelles fonctions de commandant de groupe.

Tome III · AD084_0063(4)Page manuscrite 851
9 septembre 1917

9 septembre 1917 — activité allemande

Source : manuscrit

9 septembre. — Le soir entre18h et21h la11e batterie change de position sans incident et va s’établir à500à600mètres en arrière de la10e batterie. Les Boches font de temps en temps des tirs de harcèlement sur le bois.

Tome III · AD084_0063(4)Page manuscrite 851
10 septembre 1917

10 septembre 1917 — réglage et visite de Fournier

Source : manuscrit

10 septembre. — Dans la matinée la10e batterie exécute un essai de réglage par l’intermédiaire du service de repérage par le son. Ce système de réglage est identique au repérage par le son, mais au lieu de repérer le coup de départ d’un canon ennemi on enregistre l’explosion du projectile de la pièce à régler. Il faut

Tome III · AD084_0063(4)Page manuscrite 851
10 septembre 1917

10 septembre 1917 — continuation p.852

Source : manuscrit

naturellement employer des obus allongés et des fusées instantanées produisant l’éclatement de l’obus en dehors du sol pour que le bruit de l’explosion soit plus intense. Ce premier essai de réglage ne donne d’ailleurs aucun résultat.

Tome III · AD084_0064(4)Page manuscrite 852
11 septembre 1917

11 septembre 1917 — réglage de la 12e batterie

Source : manuscrit

11 septembre. — Le matin reprise de l’essai de réglage par S.R.S. qui cette fois donne de bons résultats. Il est probable que la pièce boche sur laquelle nous venons de tirer a dû avoir un peu chaud après ce tir de130coups. Le soir vers17heures, la12e batterie commence un réglage par avion. Au milieu du tir, vers18heures les Boches se mettent à tirer sur la batterie des150fusants puis percutants. Le tir dure ainsi sans dommage jusqu’à20h30. Un coup tombe à quelques mètres de mon poste de T.S.F.

Tome III · AD084_0064(4)Page manuscrite 852
12 septembre 1917

12 septembre 1917 — bombardement de la 12e

Source : manuscrit

12 septembre. — Dans l’après midi je vais faire un tour au PC Terrasse au dessus de Blanc Sablon où se trouve le colonel de l’AD.46 puis je reviens ensuite au PC de la Hutte où se trouve le colonel Guillon commandant le groupement de droite. Dans l’après midi je continue mes promenades par une visite au P.C. du commandant Fournier de l’artillerie coloniale, situé sur la route de Pontavert et aux ordres duquel je suis placé. Cela me donne l’occasion de parcourir à nouveau ce bois de Beaumarais qui est vraiment bien humide et bien lamentable. Certaines parties du bois sont littéralement ravagées par l’artillerie.

Tome III · AD084_0064(4)Page manuscrite 852
13 septembre 1917

13 septembre 1917 — suite du bombardement

Source : manuscrit

13 septembre. — Dans la soirée la12e batterie exécute un tir de contre batterie réglé par avion mais à peine a-t-elle tiré3ou4salves qu’elle est prise à partie par l’artillerie ennemie dont le tir, réglé lui aussi par avion se fait terriblement précis. À19h30 après le tir de réglage commence un tir d’efficacité par rafales de4coups. Au bout de quelques instants une violente explosion se produit puis une autre non moins violente. De tous côtés des douilles flambent. Le feu se met également aux charpentes et aux camouflages qui dissimulent les importants travaux de terrassement en cours d’exécution sur la butte d’Envers située à100mètres derrière la12e batterie. Le personnel de la batterie est forcé d’évacuer la position et les officiers se réfugient chez nous. Le tir allemand ne cesse d’ailleurs pas et plusieurs obus tombent tout près de mon P.C. Par bonheur il n’y a jusqu’à présent aucun homme atteint.

Tome III · AD084_0064(4)Page manuscrite 852
Date non portée

Photographies 648–651 — dégâts à la 12e batterie

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0066(4).jpg : 4 photographies, chacune cliquable

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648 – 649 La12e batterie après le bombardement 650 Un morceau d’affût 651 Un emplacement de pièce

Tome III · AD084_0066(4)
13 septembre 1917

13 septembre 1917 — continuation p.855

Source : manuscrit

Cet incident nous tient éveillés jusqu’à une heure avancée de la nuit.

Tome III · AD084_0067(4)Page manuscrite 855
14 septembre 1917

14 septembre 1917 — inspection des dégâts

Source : manuscrit

14 septembre. — Dès mon réveil je vais me rendre compte des dégâts subis par la12e batterie. La première pièce est entièrement pulvérisée et dispersée aux quatre vents. À la place il y a un trou de plusieurs mètres de profondeur produit par l’éclatement de toutes les munitions entassées autour de la pièce. La2e pièce est également fortement détériorée ; un autre tas de munitions a sauté et des centaines de douilles ont été incendiées, mais les deux autres pièces sont intactes. Vers9heures le colonel Desmons vient et m’emmène reconnaître d’autres positions de batterie pour le groupe. Nous reconnaissons d’abord les positions du groupe Campmas vers le Champ d’Asile mais je les déclare toutes deux inoccupables. Nous poussons ensuite jusqu’à Beaurieux où se trouve le commandant Barbier puis nous revenons au P.C. du commandant Fournier. Dans l’après midi je vais avec le commandant Barbier et Guilmin reconnaître une position pour la12e vers la cote76. Il fait un temps de chien et je rentre le soir trempé comme un barbet. La12e déménage dans la soirée.

Tome III · AD084_0067(4)Page manuscrite 855
15 septembre 1917

15 septembre 1917 — reconnaissance vers Corbény

Source : manuscrit

15 septembre. — Mon PC est maintenant loin en avant des batteries et par conséquent fort mal placé puisqu’il est également loin des autres P.C. Je prends déjà mes dispositions pour rechercher un autre poste de commandement lorsqu’en allant faire un tour ce matin à mes batteries j’apprends que nous allons changer de secteur une fois de plus. Voilà qui ne va pas m’inciter à entreprendre de grands travaux. À partir de13heures les Boches se mettent à tirer énergiquement dans le bois en avant de nous. À la batterie Duthoit située à100mètres de mon PC4hommes sont tués. Le tir ne prend fin qu’à21h30. Dans la nuit nous parvenons à effectuer un important mouvement de munitions sans incident notable.

Tome III · AD084_0067(4)Page manuscrite 855
16 septembre 1917

16 septembre 1917 — souvenir des chars Schneider

Source : manuscrit

16 septembre. — Dans la matinée je vais avec le commandant Barbier, le commandant Fournier et le capitaine Duthoit reconnaître une position pour la batterie de ce dernier. Dans l’après midi je monte à l’observatoire de la cote120 d’où l’on a une superbe vue sur l’éperon de Craonne et la plaine de Corbény. On aperçoit à droite en avant de la route44 le cimetière des tanks de

Tome III · AD084_0067(4)Page manuscrite 855
16 septembre 1917

16 septembre 1917 — continuation p.856

Source : manuscrit

terrible mémoire :40tanks Schneider partis à l’attaque à6h20 du matin sont pris à la sortie du bois au nord de la ferme du Temple par un feu violent d’artillerie ennemie. Bientôt les chars successivement atteints sont en panne et se mettent à flamber.9seulement parviennent à avancer et reviennent dans nos lignes après être allés jusqu’à Juvincourt. À l’heure actuelle22tanks sont encore sur le terrain. Dans la soirée les Boches se mettent à tirer comme ces jours ci à la lisière sud du bois de Beaumarais.

Tome III · AD084_0068(4)Page manuscrite 856
17 septembre 1917

17 septembre 1917 — activité au bois

Source : manuscrit

17 septembre. — Les Boches tirent encore aujourd’hui d’une manière très active à la lisière du bois.

Tome III · AD084_0068(4)Page manuscrite 856
18 septembre 1917

18 septembre 1917 — dégâts et départ annoncé

Source : manuscrit

18 septembre. — Vers9h30 du matin les Boches commencent à tirer sur la batterie de120long qui se trouve derrière nous et à gauche. Il y a tout de suite plusieurs tués dont l’adjudant. À14heures le tir recommence : un coup long tombe sur la11e batterie qui a un canon hors de combat.3pièces démolies en15jours, voilà qui va bien. Dans l’après midi le colonel Desmons et le commandant Fournier viennent me voir et me confirment que nous devons changer de secteur. Vers22heures un violent bombardement éclate sur Craonne, nous déclenchons immédiatement les tirs de contre préparation.

Tome III · AD084_0068(4)Page manuscrite 856
19 septembre 1917

19 septembre 1917 — reconnaissance des positions Campmas

Source : manuscrit

19 septembre. — À6heures du matin, gros bombardement à droite : nous déclenchons immédiatement les tirs de neutralisation. Dans la matinée le colonel Desmons me confirme son intention de déplacer la11e batterie ce qui ne m’enchante pas du tout. Dans l’après midi je vais donc avec de Blois et le commandant Fournier reconnaître les positions du groupe Campmas mais comme ces positions sont très mauvaises je décide le colonel à ne pas les faire occuper.

Tome III · AD084_0068(4)Page manuscrite 856
21 septembre 1917

21 septembre 1917 — photographies à Pontavert

Source : manuscrit

21 septembre. — Le matin je vais faire le tour de mes batteries et chemin faisant je rencontre le colonel Desmons qui me confirme une fois de plus notre départ. À force d’en parler ce départ va peut être arriver. En prévision de cela je vais dans l’après midi prendre quelques photos à Pontavert.

Tome III · AD084_0068(4)Page manuscrite 856
22 septembre 1917

22 septembre 1917 — bombardement et téléphoniste blessé

Source : manuscrit

22 septembre. — Dans la matinée les Boches se mettent

Tome III · AD084_0068(4)Page manuscrite 856
Date non portée

Photographie 652 — Beltramelli et Pierre au PC

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0068(4).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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652 Beltramelli et moi à l’entrée du P.C.

Tome III · AD084_0068(4)Page manuscrite 856
Date non portée

Photographies 653–655 — route de Craonnelle

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0069(4).jpg : 3 photographies, chacune cliquable

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653 Une chapelle sur la route de Craonnelle 654 Un canon de la12e 655 Sur la route de Craonnelle

Tome III · AD084_0069(4)
Date non portée

Photographies 656–659 — Pontavert et ses ponts

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0070(4).jpg : 4 photographies, chacune cliquable

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656 Pontavert 657 Le pont sur le canal 658 Le pont sur l’Aisne 659 Le moulin de Pontavert

Tome III · AD084_0070(4)
22 septembre 1917

22 septembre 1917 — continuation p.859

Source : manuscrit

à tirer activement en avant du P.C. et les éclats arrivent jusqu’à nous. Mon maréchal des logis téléphoniste Froger qui est à la porte de son abri reçoit un éclat dans l’épaule qui le blesse assez sérieusement. Dans l’après midi, Compagne le sapeur radio qui est à l’écoute me signale qu’un avion boche est en l’air et va commencer un réglage. Bientôt en effet il envoie à sa batterie le signal « Tirez » et un obus de210 s’écrase à100mètres devant la11e batterie. Il annonce « court » et envoie à nouveau le signal « Tirez ». Un autre210 s’abat cette fois en plein dans la11e batterie à quelques mètres d’un abri. Que va-t-il annoncer ? Enfin la T.S.F. annonce « Court ». Ce n’est donc pas sur la11e qu’il règle mais peut être sur la10e. Le troisième coup tombe cette fois en plein dans la10e batterie et l’avion annonce « Court400 ». Il règle donc sur la région du PC Fournier. Bientôt en effet le tir se fixe sur ce point et continue pendant longtemps.

Tome III · AD084_0071(4)Page manuscrite 859
23 septembre 1917

23 septembre 1917 — contre-préparation

Source : manuscrit

23 septembre. — Dans la matinée je vais jusqu’au PC Fournier juger par moi même de l’efficacité du tir allemand. La région qui avoisine le PC a été copieusement retournée mais heureusement il n’y a pas de victimes. Un obus est tombé à1mètre de l’abri du commandant, le démolissant à moitié. Au retour je m’arrête aux batteries du13e d’artillerie dont l’une est commandée par mon camarade de promotion Dubois. J’apprends par lui que la125eDI va remonter en ligne dans la nuit et je me réjouis à la pensée de rencontrer tous mes anciens camarades d’Argonne.

Tome III · AD084_0071(4)Page manuscrite 859
24 septembre 1917

24 septembre 1917 — ordre de départ

Source : manuscrit

24 septembre. — Cette fois, le sort en est jeté ! Nous quittons définitivement le secteur cette nuit pour aller plus à gauche où « un coup de chien » se prépare si j’en crois le capitaine Kablé. Nous allons donc à nouveau faire parler la poudre sérieusement.

Tome III · AD084_0071(4)Page manuscrite 859
Date non portée

Photographies 660–663 — Pontavert et guet des avions

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0073(4).jpg : 4 photographies, chacune cliquable

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660 Pontavert et le moulin 661 La cloche de Pontavert 662 Pontavert 663 Le guet des avions à l’échelon

Tome III · AD084_0073(4)

Tome III · AD084_0075(3)

Date non portée

Photographie 664 — secteur de la Haute-Pré

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0077(3).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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664 Le secteur de la Haute-Pré Route de Pinon Vaude[…]

Tome III · AD084_0077(3)
25 septembre 1917

25 septembre 1917 — mouvement vers les échelons

Source : manuscrit

25 septembre. — Dans la nuit les batteries font mouvement vers les échelons sans incident. Pour ma part je ne quitte le poste de commandement avec mon personnel que vers6heures du matin. Je vais en passant faire mes adieux au commandant Fournier et rejoins les échelons à Meurival. Déjeuner rapide et branle bas de combat car nous devons faire route à16heures pour Vauxcéré. Nous arrivons dans ce cantonnement à une heure fort tardive et l’installation dans ce village est assez pénible. Nous n’avons d’ailleurs pas de renseignements sur notre nouvelle destination mais personne ne quitte à regret ce secteur de Craonne où nous n’avons vraiment rien fait d’intéressant.

Tome III · AD084_0079(3)Page manuscrite 867
26 septembre 1917

26 septembre 1917 — rattachement au 21e corps

Source : manuscrit

26 septembre. — Dans la matinée, accompagné de Beltramelli je vais à Billy sur Aisne au P.C. du21eCA auquel nous allons être rattachés. Le long du chemin nous voyons déjà les préparatifs de la prochaine attaque. Au bas de Vauxcéré des voies ont été aménagées pour l’A.L.V.F. À Ciry Salsogne un vaste hôpital d’évacuation est installé. Tout le long de la route des dépôts de munitions encombrent les champs. Il y a surtout beaucoup d’échelons d’artillerie le long de la grande route de Soissons. Le poste de commandement du21eCA est installé fort confortablement dans le château de Billy sur Aisne ainsi que dans des baraquements construits dans le parc du château. Là, on nous indique que le but de la prochaine offensive est d’enlever le saillant du moulin de Laffaux et le fort ruiné de la Malmaison. Pour cette opération nous ferons de la contre batterie pour le compte du21eCA. Ces renseignements pris, nous partons, Beltramelli et moi reconnaître l’emplacement de l’échelon sur le plateau à la lisière des bois à2km au sud de Billy. Naturellement cet emplacement est le bled absolu, cependant il serait acceptable si l’eau n’était pas si loin, mais il faut aller la chercher à2km. L’abreuvoir est en effet au moulin de l’Étang à1km au nord est d’Acy et pour s’y rendre il faut descendre une côte à se rompre les os. Cette reconnaissance faite nous rentrons déjeuner à Fismes au cantonnement du capitaine Kablé. Après déjeuner, retour à Vauxcéré où se

Tome III · AD084_0079(3)Page manuscrite 867
Date non portée

Photographie 665 — canons allemands

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0079(3).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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665 Canons allemands de77

Tome III · AD084_0079(3)Page manuscrite 867
26 septembre 1917

26 septembre 1917 — continuation p.868

Source : manuscrit

trouvent toujours les batteries et auxquelles je donne les ordres de départ, puis je refile, toujours en auto à Condé où se trouve le P.C. de l’A.L. Entre Ciry Salsogne et Condé nous franchissons les anciennes lignes françaises avant le16avril et qui étaient distantes des lignes allemandes d’un bon kilomètre. Condé, où nous arrivons bientôt est naturellement très démoli. Le poste de commandement de l’AL est installé dans les ruines du château et occupe surtout les caves de ce dernier. Je rencontre là le lieutenant colonel Channinel autrefois chef d’escadron au31e d’artillerie au Mans. Nous refaisons connaissance et montons ensemble au fort de Condé où se trouve actuellement le P.C. de combat du colonel Champomillon commandant l’A.L.2. Après avoir reçu de ce dernier les ordres je reprends le chemin des échelons. Les batteries n’arrivent qu’à la nuit tombante. Il faut donc, presque dans l’obscurité installer les chevaux à la corde et nous installer nous-mêmes. Nous avons heureusement une grande tente ramassée je ne sais où et qui nous est d’un grand secours. Nous nous y entassons tous, tant bien que mal. Heureusement qu’il ne fait pas trop froid bien que la saison soit assez avancée. Il faut enfin dîner mais ce n’est qu’à onze heures du soir que nous pouvons nous mettre à table. Ceci d’ailleurs est une manière de parler car la table est absente. Les hommes dressent également leurs toiles de tente le long du talus du chemin ou bien dans le bois voisin. Il est près de minuit quand nous tombons enfin nous étendre brisés de fatigue, sur la terre.

Tome III · AD084_0080(3)Page manuscrite 868
27 septembre 1917

27 septembre 1917 — reconnaissance vers Condé

Source : manuscrit

27 septembre. — À9heures du matin, départ à cheval avec les commandants de batteries pour la reconnaissance des positions. Le temps est très beau. Par Acy nous gagnons Ciry Salsogne puis Chassemy. Ce village, placé dans un site pittoresque a bien souffert de l’ennemi et les bois qui l’environnent sont presque intacts. Autour du château de Bois Morin on a installé un vaste hôpital. Bientôt nous atteignons Vailly, charmant village actuellement en ruines. On y voit encore sur les murs de nombreuses inscriptions datant de l’occupation allemande, surtout beaucoup d’inscriptions injurieuses contre les Anglais : « Gott strafe England ! » « Dieu punisse l’Angleterre ! » Ce village, conquis par les Allemands en novembre1914 n’a été repris par nous que le16avril1917. Au hameau de St Précord je vais rendre visite au commandant Pidoux du

Tome III · AD084_0080(3)Page manuscrite 868
Date non portée

Photographie 666 — ferme Vaurains

Source : manuscrit
Tome 3 · AD084_0081(3).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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666 Le secteur de la ferme Vaurains Vaurains Fme route de Maubeuge exemple de marmitage de boyau Ligne allemande

Tome III · AD084_0081(3)
27 septembre 1917

27 septembre 1917 — continuation p.871

Source : manuscrit

104e qui doit me fournir certains renseignements sur le secteur. De là nous allons au château de Vauxcelles reconnaître une position de batterie très mauvaise et à mon avis inoccupable. Il y a en effet dans ce coin un véritable entassement de batteries et il est impossible d’en placer une de plus. L’emplacement du poste de commandement que nous reconnaissons peu après et qui est situé à 400 mètres au nord du moulin St Pierre est au contraire très judicieux, et nous nous y arrêtons pour déjeuner. Les travaux de terrassements sont d’ailleurs déjà commencés. Les deux autres positions de batteries sont plus en arrière, à l’ouest du moulin St Pierre et sur une hauteur boisée. Elles sont parfaitement acceptables et parcourues par de nombreuses tranchées allemandes avec sapes et abris bétonnés. Je décide de placer là la 11e et la 12e batterie ; quant à la 10e je vais m’efforcer de ne pas la mettre au château de Vauxcelles et la placer plutôt le long d’une ancienne tranchée allemande. À cet effet je retourne voir le colonel Champomillon qui, accompagné du colonel Channinel revient avec moi voir les positions. Je n’ai pas de peine à le convaincre. La 10e batterie occupera donc la position du fond maison et le camouflage, demandera les plus grands soins. De plus les pièces se tirent un peu les unes par dessus les autres. Tout cela, à mon avis, vaut mieux que de s’installer à Vauxcelles car si les Boches se mettent à tirer dans ce coin de batteries personne n’en réchappera.

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28 septembre 1917

28 septembre 1917 — choix des positions et arrivée de Gontier

Source : manuscrit

28 septembre. — Dans la matinée, arrivée du capitaine Gontier notre nouveau commandant de groupe. Il appartient au 239e d’artillerie et vient du bois le Prêtre où il était officier dans une division. Au premier coup d’œil j’ai la conviction que je regretterai le commandant Annibert. Le soir je monte m’installer avec Beltramelli au nouveau poste de commandement qui est d’ailleurs loin d’être terminé. Ce n’est à l’heure actuelle qu’un trou dans la terre recouvert d’une couche de rondins. Pour cette nuit j’aurai comme matelas 3 planches et comme traversin, un morceau de rondin ce qui amuse follement Beltramelli. Cela ne m’empêche pas d’ailleurs de passer une fort bonne nuit. M’étant isolé un instant dans le bois après dîner, je suis surpris par une bordée de 77 fusants qui claquent à bonne hauteur et éparpillent leurs balles tout autour de moi. Je n’ai que le temps de rentrer précipitamment au P.C.

Tome III · AD084_0083(3)Page manuscrite 871
29 septembre 1917

29 septembre 1917 — sépultures et installation

Source : manuscrit

29 septembre. — Au cours de mes excursions dans cette zone abandonnée par les Allemands lors de leur repli stratégique et aussi à la suite de notre offensive du 16 avril, je peux constater que tout ce que les journaux ont dit à cette époque est rigoureusement vrai. Tous les arbres fruitiers sont coupés et rares ceux qui ne le sont pas ont été mutilés de telle sorte que leur mort est certaine. J’ai vainement cherché un arbre intact. Une chose par contre qui est très curieuse et tout à l’honneur des Boches c’est le grand soin qu’ils prennent des tombes, aussi bien de celles de leurs soldats que des nôtres. Le long de la route de Soissons j’ai pu voir une tombe de soldat français avec cette inscription en allemand : « Ici repose un brave soldat français, mort pour son pays. » Il serait à souhaiter que nous eussions pour nos morts le même respect. Lorsque nous sommes arrivés ici il y a 2 jours 2 ou 3 tombes de soldats français se voyaient près du moulin de Connaille. À leur place il y a maintenant un dépôt de ferraille. Le capitaine Gontier vient cet après midi visiter les positions et en particulier la mienne où je suis installé depuis aujourd’hui avec un certain nombre de travailleurs qui préparent les emplacements de pièces. Mon travail d’installation est énormément facilité du fait que j’ai trouvé à côté d’anciennes sapes boches abandonnées et encore fort habitables. Nous nous y installons assez bien. Aucun de nous ne songe en y entrant à ces histoires terrifiques de sapes machiné[e]s et faisant explosion dont les journaux étaient pleins au moment du repli allemand. Depuis 3 jours que nous sommes dans le secteur la situation paraît calme, cependant ce soir éclate un violent bombardement dont nous ignorons la cause.

Tome III · AD084_0084(3)Page manuscrite 872
30 septembre 1917

30 septembre 1917 — mise en batterie et camouflage

Source : manuscrit

30 septembre. — Nous continuons nos travaux d’installation. Les Boches bombardent dans la journée une batterie de 120 long située à notre droite et tuent un aspirant. Jusqu’à présent je n’ai à la position que des travailleurs, mais pas de canons. Je n’espère pas les mettre en place avant 2 ou 3 jours lorsque tous mes travaux seront terminés mais je reçois l’ordre impératif d’armer ma position le soir même ce que je m’empresse de faire sans incidents. Cette position étant sur terrain absolument découvert le long d’un boyau je suis obligé d’établir une consigne formelle pour le camouflage. De vastes raphias

Tome III · AD084_0084(3)Page manuscrite 872
30 septembre 1917

30 septembre 1917 — continuation p.873

Source : manuscrit

couvrent les emplacements de mes 4 pièces. Les pistes existantes sont maintenues et il est interdit d’en ouvrir d’autres. Pour faire observer cette consigne, je fais enclore de fil de fer tous les endroits où l’on ne doit pas circuler. C’est donc le boyau qui sera notre principale artère de communication. Les hommes se prêtent assez volontiers à ces consignes dont ils comprennent toute l’utilité. Le résultat est que nous ne serons pas repérés.

Tome III · AD084_0085(3)Page manuscrite 873

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