2 décembre 1915 — réglage au Fer à Cheval, état Word 1
2 décembre : Enfin aujourd’hui je vais avoir quelque chose à faire, le colonel Rollet commandant l’A.D. 125 que j’ai vu hier aux Islettes m’ayant donné un tir à exécuter ce matin dans le secteur du Fer à Cheval. À 7 heures je pars donc avec Collin pour les 3 Ravins en passant par la Chalade et le Nid d’Aigle. Les Boches sont heureusement très sages. À l’observatoire 0.5 je vois le commandant du centre 4 mais c’est le commandant du centre 3 que je dois voir à l’ouvrage 54 puisque le tir est dans son secteur. Le commandant du centre 4 me conduit lui-même à son collègue en passant par le tunnel mais à l’ouvrage 54 nous ne trouvons pas le commandant de centre qui n’est autre que le chef d’escadrons Sanpaillot du 8e chasseurs. Ce régiment de cavalerie fournit en effet un escadron aux tranchées de première ligne depuis quelques jours. Le commandant est, paraît-il, à l’ouvrage 16 D en première ligne où nous filons comme des zèbres par le boyau. Les Boches sont d’ailleurs beaucoup moins sages et envoient pas mal de marmites dans le ravin. Enfin après avoir beaucoup galopé dans les boyaux nous parvenons à rencontrer le commandant qui nous mène lui-même en première ligne par le boyau ouest des Coloniaux et nous montre l’objectif. C’est un très vague blockhaus qu’il s’agit de démolir, mais avec toutes ces allées et venues il est 10h30 lorsque je suis prêt à tirer. L’infanterie me demande d’ailleurs de surseoir à mon tir pour ne pas exposer aux tirs de représailles de l’artillerie ennemie les très nombreuses corvées qui circulent en ce moment dans le secteur. Je retourne donc à 0.5 déjeuner avec Burckel, sous-lieutenant observateur au 45e, excellent garçon plein d’ardeur et qui ne rêve que plaies et bosses. À midi, notre déjeuner terminé, nous remontons en première ligne et après avoir fait évacuer cette dernière nous commençons notre tir vers midi trente. Tout se passe normalement à part que quelques coups tombent vraiment un peu court. Heureusement que la tranchée de première ligne est évacuée et que nous ne sommes pas sous la trajectoire sans quoi il pourrait y avoir des malheurs. Les Allemands n’ont d’ailleurs pas l’air content de mon travail car ils tirent un peu de tous les côtés. Enfin vers 14 heures, mon tir terminé, je prends le chemin du Claon où j’arrive absolument harassé à 16h30. Depuis ce matin en effet j’ai dû patauger dans les boyaux avec de l’eau au-dessus des chevilles et une mauvaise pluie sur le dos.
Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves
Premier état Word, tronqué, de l’entrée du 2 décembre : p. 450 puis p. 451 jusqu’à « une mauvaise pluie sur le dos ». Il s’agit d’un témoin partiel de la même entrée, non d’un second événement. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.
Tome II · AD084_0062 · p. 450 ; Tome II · AD084_0063 · p. 451.
| Page | Word | Lecture du manuscrit |
|---|---|---|
| 450 | l’AD 125 | l’A.D. 125 |
| 450 | commandant Sanpaillot ?? | chef d’escadrons Sanpaillot |
| 450 | 19h30 | 10h30 |
| 450 | observatoire O.5 / retourner à O.5 | observatoire 0.5 / retourner à 0.5 |
| 450 | plein d’enthousiasme | plein d’ardeur |
| 450 | note déjeuner terminé | notre déjeuner terminé |
| 450 | à part quelques coups tombés vraiment | à part que quelques coups tombent vraiment |
| 451 | l’air contents | l’air content |
Premier état Word tronqué : Conservé comme témoin original exact ; la transcription corrigée s’arrête à la même limite et n’est pas interprétée comme une seconde entrée du journal.
Rollet ; Collin ; Sanpaillot ; Burckel : Les quatre cibles existantes sont conservées à identité constante ; seules leurs bornes sont recalculées.
Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.
Texte Word conservé pour comparaison
2 décembre : Enfin aujourd’hui je vais avoir quelque chose à faire, le colonel Rollet commandant l’AD 125 que j’ai vu hier aux Islettes m’ayant donné un tir à exécuter ce matin dans le secteur du Fer à Cheval. A 7 heures je pars donc avec Collin pour les 3 Ravins en passant par la Chalade et le Nid d’Aigle. Les Boches sont heureusement très sages. A l’observatoire O.5 je vois le commandant du centre 4 mais c’est le commandant du centre 3 que je dois voir à l’ouvrage 54 puisque le tir est dans son secteur. Le commandant du centre 4 me conduit lui-même à son collègue en passant par le tunnel mais à l’ouvrage 54 nous ne trouvons pas le commandant de centre qui n’est autre que le commandant Sanpaillot ?? du 8^(ème) chasseurs. Ce régiment de cavalerie fournit en effet un escadron aux tranchées de première ligne depuis quelques jours. Le commandant est parait-il à l’ouvrage 16D en première ligne où nous filons comme des zèbres par le boyau. Les Boches sont d’ailleurs beaucoup moins sages et envoient pas mal de marmites dans le ravin. Enfin après avoir beaucoup galopé dans les boyaux nous parvenons à rencontrer le commandant qui nous mène lui-même en première ligne par le boyau ouest des Coloniaux et nous montre l’objectif. C’est un très vague blockhaus qu’il s’agit de démolir, mais avec toutes ces allées et venues il est 19h30 lorsque je suis prêt à tirer. L’infanterie me demande d’ailleurs de sursoir à mon tir pour ne pas exposer aux tirs de représailles de l’artillerie ennemie les très nombreuses corvées qui circulent en ce moment dans le secteur. Je retourne donc à O.5. déjeuner avec Burckel, sous-lieutenant observateur au 45^(ème), excellent garçon plein d’enthousiasme et qui ne rêve que plaies et bosses. A midi, note déjeuner terminé nous remontons en première ligne et après avoir fait évacuer cette dernière nous commençons notre tir vers midi trente. Tout se passe normalement à part quelques coups tombés vraiment un peu court. Heureusement que la tranchée de première ligne est évacuée et que nous ne sommes pas sous la trajectoire sans quoi il pourrait y avoir des malheurs. Les Allemands n’ont d’ailleurs pas l’air contents de mon travail car ils tirent un peu de tous les côtés. Enfin vers 14 heures, mon tir terminé, je prends le chemin du Claon où j’arrive absolument harassé à 16h30 .Depuis ce matin en effet j’ai dû patauger dans les boyaux avec de l’eau au-dessus des chevilles et une mauvaise pluie sur le dos.