LES MÉMOIRES DU CAPITAINEExplorer les sources →
MÉMOIRES · 1915

Mai 1915

29 passages narratifs ou documents associés, dans l’ordre du manuscrit.

1 mai 1915

Recherche de la tombe de Fernand Gautier ; permission et promenade

Source : manuscrit

1er mai. — Dans l’après-midi je monte faire un tour à la position de batterie. Comme je me dispose à redescendre vers 17 heures les Boches esquissent une attaque sur Bolante mais la véritable attaque

Tome I · AD084_0329
1 mai 1915

Chemin de fer des Islettes à la Croix de Pierre — photographies 239 à 243

Tome 1 · AD084_0330.jpg : 5 photographies, chacune cliquable

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[Légende collective, inscrite au centre de la planche] Le chemin de fer les Islettes-la Croix de pierre

[Photographie 239 — en haut à gauche : aucune légende individuelle visible.] [Photographie 240 — en haut au centre : aucune légende individuelle visible.] [Photographie 241 — en haut à droite : aucune légende individuelle visible.] [Photographie 242 — en bas à gauche : aucune légende individuelle visible.] [Photographie 243 — en bas à droite : aucune légende individuelle visible.]

Tome I · AD084_0330
1 mai 1915

La voie de 60 ; Lavit, Foubert et son « Parisien » Somme

se déroule dans la Grurie. Pour donner le change les Boches font cependant une diversion de notre côté et les obus tombent assez nombreux du côté de la maison Forestière. La nuit venue la lutte continue très violente et les fusées multicolores sillonnent le ciel.

Tome I · AD084_0332
2 mai 1915

La voie de 60 — photographie 244

Tome 1 · AD084_0332.jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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[Photographie 244] La voie de 60

Tome I · AD084_0332
2 mai 1915

La voie de 60 ; Lavit, Foubert et son « Parisien » Somme

Source : manuscrit

2 mai. — Depuis quelques semaines de grands travaux sont entrepris dans le secteur. Une voie de 60 cm partant des Islettes passe par le Claon et montant à la Croix de Pierre pousse jusqu’au carrefour des Sept Fontaines d’où part notre chemin. Pour pouvoir profiter de ce mode de locomotion je me débrouille avec Chavane pour trouver de la voie que nous installons depuis le carrefour des Sept Fontaines jusqu’à notre batterie. Notre projet consiste même à prolonger cette voie jusqu’au bout du Mont de Villers pour desservir les batteries qui s’y trouvent. Pour l’instant nous installons les 800 mètres de voie qui nous séparent du carrefour et ce travail amuse beaucoup les hommes. Jouer au chemin de fer les change de jouer au soldat. Il faut voir l’entrain de tous ces poilus, Lavit, Desmonts et surtout l’inimitable Foubert et son « Parisien ». Le Parisien en question n’est autre que le brave Somme, peu habile à manier la pelle et qui cependant fait de son mieux, excité de la voix et du geste par son ami Foubert : « Allons ! mon parisien ! ça va-t-y à c’t’heure ! » Lavit dit « Cor de chasse » dit « le Cintré » n’est pas non plus en reste pour la verve et la plaisanterie. Le gourbi qu’il s’est aménagé pour lui tout seul et baptisé « Cagna de l’ancien » est orné tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des dessins et des inscriptions les plus baroques, œuvres du maître de céans. Dans l’après-midi je monte à la position surveiller le premier transport de munitions par voie ferrée. Tout se passe convenablement comme je le pensais.

Tome I · AD084_0332
4 mai 1915

4 mai : éclatement du canon de 120 long

Source : manuscrit

4 mai. — Le combat à notre gauche dure toujours avec violence sans que nous sachions au juste ce qui se passe. Depuis quelques jours la batterie de mon camarade Lerousseau est en position en avant de la mienne à 200 mètres environ ce qui nous permet de nous voir souvent. Aujourd’hui en particulier nous déjeunons ensemble en plein air pendant que les obus, passant au-dessus de nous en sifflant vont éclater à 100 mètres plus loin, ce qui ne nous empêche nullement de manger de bon appétit. Au moment où nous revenons tous deux vers ma batterie le 120 long notre voisin se met à tirer. Comme de bons badauds nous regardons ce spectacle qui n’est pourtant pas nouveau et qui cependant a attiré d’autres badauds : Dumay et Gros qui viennent d’arriver à la position, quelques artilleurs du 45e et de la batterie de montagne. Au 8e coup un éclatement affreux nous déchire les oreilles et une épaisse fumée noire recouvre la batterie. L’obus a éclaté sans doute à la bouche de la pièce comme l’autre jour chez nous ou bien, plutôt, la pièce a sauté ; mais nous ne pensons qu’aux victimes probables. Par un bonheur miraculeux, parmi les 20 spectateurs ou servants de la pièce, un seul est touché, gravement il est vrai : c’est le sous officier du 45e, chef de pièce de Maxime. Un énorme éclat d’obus lui a sectionné entièrement la cuisse. Je me précipite à son secours aidé de mes camarades et ma première remarque est pour constater que la terre est à peine teintée de sang. L’artère fémorale n’est donc pas atteinte et la blessure peut par conséquent n’être pas mortelle. Avec les faibles moyens dont nous disposons nous faisons à ce pauvre garçon un pansement sommaire. Il souffre énormément et ne cesse d’appeler sa mère. J’essaye de le consoler en lui montrant que sa blessure n’est pas mortelle puisque l’artère est intacte, mais en vain. Pour le calmer un peu nous lui faisons quelques piqûres et mes hommes l’emportent au poste de secours le plus voisin qui est encore bien loin puisque c’est celui de la Maison Forestière. Un autre servant du 120 long a été légèrement blessé à l’oreille. Un cheval de

Tome I · AD084_0333
4 mai 1915

Conséquences de l’éclatement ; mort du sous-officier annoncée le 8 mai

planton attaché à un arbre a été tué net mais en somme c’est un miracle que nous n’ayons pas à déplorer plus de victimes. C’est bien le canon qui a sauté, l’obus ayant éclaté à l’intérieur, immédiatement après les tourillons. Sur une longueur de 50 cm le tube a été littéralement pulvérisé avec une violence telle que des morceaux pesant 3 ou 4 kgr vont tomber au poste de commandement de la Pierre croisée à plus de 600 mètres ! Ce qui reste de la volée, environ 1m50 est projeté en avant de la pièce. Le bois en avant de la batterie est ravagé et les branches jonchent le sol. La moralité de cet accident est qu’il est inutile de rester à côté d’un canon lorsqu’on n’a rien à y faire. Dans l’artillerie de campagne ces éclatements de pièces arrivent journellement, faisant chaque fois de nombreuses victimes. De ce fait les batteries de campagne du secteur n’ont plus que 2 ou 3 canons chacune. Ces éclatements funestes qui nous causent les pertes les plus graves et ôtent toute confiance aux artilleurs sont dus, paraît-il, à la mauvaise qualité des projectiles qui s’écrasent au départ du coup. Ils se bloquent alors dans le canon ce qui arme la fusée.

Tome I · AD084_0334
7 mai 1915

Conséquences de l’éclatement ; mort du sous-officier annoncée le 8 mai

Source : manuscrit

7 mai. — Je profite de ce jour de repos pour aller faire un tour à cheval avec Chavane au sud de Florent dans une partie très belle de la forêt. Nos chevaux sont presque aussi heureux que nous de pouvoir galoper et sauter des troncs d’arbres.

Tome I · AD084_0334
7 mai 1915

Chavane, Pierre Desaulle et le cheval Agio — photographies 246 à 249

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[Photographie 246 — en haut à gauche] Lᵗ Chavane et son cheval

[Photographie 247 — en haut à droite] Lᵗ Desaulle et le cheval Agio

[Photographie 248 — en bas à gauche] Agio sautant un tronc d’arbre

[Photographie 249 — en bas au centre] Lᵗ Desaulle et le cheval Agio

Tome I · AD084_0336
7 mai 1915

La Haute Chevauchée — photographie 250

[Photographie 250 — en bas à droite] La Haute Chevauchée

Tome I · AD084_0336
8 mai 1915

Conséquences de l’éclatement ; mort du sous-officier annoncée le 8 mai

Source : manuscrit

8 mai. — Le capitaine étant rentré de permission dans la nuit je remonte à la position pour déjeuner avec mon camarade Lerousseau qui m’apprend que son sous officier blessé l’autre jour est mort le soir même de son arrivée à l’hôpital des Islettes. On s’est aperçu en effet en lui refaisant son pansement qu’un petit éclat lui avait traversé le bas ventre ce dont nous ne nous étions pas aperçus. Dans l’après-midi les boches nous envoient quelques coups de 77 sans faire heureusement beaucoup de dégâts.

Tome I · AD084_0334
9 mai 1915

Conséquences de l’éclatement ; mort du sous-officier annoncée le 8 mai

Source : manuscrit

9 mai. — Dans la matinée, branlebas de combat : les boches vont attaquer.

Tome I · AD084_0334
10 mai 1915

Conséquences de l’éclatement ; mort du sous-officier annoncée le 8 mai

Source : manuscrit

10 mai. — Les Allemands n’ont pas attaqué par contre nos troupes ont remporté au nord d’Arras

Tome I · AD084_0334
10 mai 1915

Sainte-Menehould, départ de Marchand et messe au Mont de Villers

un important succès.

Tome I · AD084_0335
13 mai 1915

Sainte-Menehould, départ de Marchand et messe au Mont de Villers

Source : manuscrit

13 mai. — Aujourd’hui grandes vacances et nous en profitons Chavane et moi pour aller faire un tour à Ste Menehould. C’est la première fois depuis mon départ du Mans que je vois une ville de cette importance. Je suis émerveillé de tout : les gens me paraissent tous d’une élégance raffinée, les boutiques me semblent splendides et le café où nous allons prendre un bock me fait l’effet d’un palais ! Un indigène de Honolulu débarquant à Paris doit me ressembler étonnamment et Chavane qui, lui, vient souvent à Ste Menehould s’amuse de mon ahurissement. La ville n’a pourtant rien de bien remarquable, par contre la route qui y conduit et qui passe par Florent est extrêmement pittoresque. Ce dernier village est comme toujours occupé par des masses de troupes et en particulier par un bataillon de chasseurs. Comme nous arrivons la fanfare du bataillon fait un tour dans le village en jouant ses airs les plus entraînants avec une fougue endiablée.

Tome I · AD084_0335
18 mai 1915

Sainte-Menehould, départ de Marchand et messe au Mont de Villers

Source : manuscrit

18 mai. — Le général Marchand nous quitte pour aller prendre un commandement dans une autre région.

Tome I · AD084_0335
20 mai 1915

Messe au Mont de Villers — photographie 245

Tome 1 · AD084_0335.jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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[Photographie 245] La messe au Mont de Villers l’abbé Henry et Somme

Tome I · AD084_0335
20 mai 1915

Sainte-Menehould, départ de Marchand et messe au Mont de Villers

Source : manuscrit

20 mai. — Les jours s’écoulent avec une monotonie désespérante. Les événements militaires sont plutôt rares. Depuis plusieurs jours cependant on parle plus que jamais de l’intervention de l’Italie, mais nous finissons par ne plus y croire. Le matin l’abbé Henry vient à notre position célébrer la messe. Comme toujours ces messes militaires sont très simples et très émouvantes. À l’issue de la messe à laquelle tous nos hommes assistent ainsi que quelques voisins, je remonte au cimetière de la cote 263 pour tâcher d’éclaircir le mystère de la tombe de Fernand Gautier mais les renseignements que je recueille sont tous contradictoires. Dans l’après-midi les Boches tirent avec une certaine énergie dans notre coin et plusieurs coups tombent en plein dans ma batterie sans nous faire heureu-

Tome I · AD084_0335
20 mai 1915

Poupineau, nouvelle d’Italie, messe de Pentecôte et concert au Claon

sement le moindre mal. Il n’en est malheureusement pas de même dans les batteries voisines et en particulier à la 1re batterie du 45e en position devant nous. Un obus étant tombé sur un abri tue le lieutenant Poupineau et un sous officier, casse les deux jambes du téléphoniste et blesse également l’adjudant. Le soir à 19h30 la sonnerie du téléphone retentit : pour une fois, c’est une agréable nouvelle qui nous arrive : l’Italie a déclaré la guerre à l’Autriche. La nouvelle comme une traînée de poudre se répand sur tout le front et même au-delà du front, car les Allemands sont rapidement mis au courant par les petits papiers que nous leur envoyons, ce qui les met de fort méchante humeur. La joie est générale car sans être décisive l’entrée en guerre de l’Italie va hâter la fin de nos misères. On parle également de l’entrée en ligne des États Unis, mais ce serait trop beau !

Tome I · AD084_0338
23 mai 1915

L’abbé Pénillon à la batterie Marie — photographie 251

Tome 1 · AD084_0337.jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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[Photographie 251] L’abbé Pénillon à la batterie Marie

Tome I · AD084_0337
23 mai 1915

Poupineau, nouvelle d’Italie, messe de Pentecôte et concert au Claon

Source : manuscrit

23 mai. — Aujourd’hui jour de la Pentecôte l’abbé Pémillon aumônier titulaire de la division vient célébrer la messe à la batterie du lieutenant Marie située à notre gauche dans un site superbe au milieu d’arbres séculaires. L’autel est dressé sur un caisson. Comme chant, nous avons celui des oiseaux innombrables nichés dans les feuillages et comme orgue le canon qui gronde autour de nous. Cette messe est charmante et émouvante tout à la fois. La messe terminée Marie nous fait les honneurs de sa position organisée d’une manière remarquable. Les cagnas sont ornées avec beaucoup de goût et nous en faisons compliment de grand cœur au maître de céans. Le soir au Claon les fantassins du 4e de ligne donnent un concert en plein air auquel assistent un grand nombre d’officiers. Les artistes, amateurs pour la plupart sont assez drôles, quelques-uns sont même tout à fait désopilants. Il y a entre autres un certain poilu, professionnel d’ailleurs, qui joue remarquablement sur un violon fait d’un manche à balai et d’une boîte de cigares : le Clair de lune de Werther, la méditation de Thaïs, le Misere du Trouvère, il nous joue tous ces airs connus avec beaucoup d’âme et un réel talent malgré la précarité des moyens. Bonne soirée en somme qui nous aide un peu à chasser le cafard qui nous ronge dans ces longs jours d’inaction.

Tome I · AD084_0338
25 mai 1915

25 mai : chez Plantade et Bertrand ; l’observatoire du Nid d’Aigle

Source : manuscrit

25 mai. — Aujourd’hui le capitaine, Chavane et moi allons déjeuner à la batterie Plantade située, ainsi que le P.C. du commandant Bertrand sur la crête du Grand Triage. Le commandant a une superbe cagna divisée en plusieurs pièces et une grande terrasse pour prendre les repas en plein air. Quant à la position Plantade elle est tout simplement remarquable. Plantade a voulu nous épater un peu et pour ma part je l’ai été énormément ! Il y a là dans ce coin de bois en bordure du chemin 4 pièces de 75, 4 pièces de 95 et 2 pièces de 155 C, le tout sous casemate et tirant vers la gauche dans le secteur de Saint Hubert et de Fontaine la Mitte. Toutes les tranchées de ce secteur sont ainsi prises d’enfilade et dès que les Boches remuent pied ou patte le groupe Plantade commence son tir en « trombone » qui consiste à tirer sur une même direction par hausses croissantes puis décroissantes de manière à produire sur le terrain l’effet d’un gigantesque râteau. L’effet produit sur les Boches doit être terrible si j’en juge par le mal que j’ai pu faire aux dits Boches avec mes deux malheureuses pièces du Mont de Villers. Après un succulent déjeuner servi sur la terrasse et arrosé de liqueurs aussi diverses que délicieuses, Plantade nous emmène voir un de ses observatoires dénommé le « Nid d’Aigle ». C’est un hêtre énorme, haut de plus de 30 mètres qui domine le flanc sud des Courtes Chausses à moins de 800 mètres des Boches. À la partie supérieure on a construit une plateforme étroite dans laquelle on accède par une gigantesque échelle. Du haut de ce perchoir on aperçoit toute l’Argonne. Au-delà à gauche on voit nettement la plaine de Champagne et les hauteurs de Massiges, toutes blanches. À droite Vauquois complètement dénudé. À l’horizon le redoutable Montfaucon qui nous nargue de plus en plus. Près de nous, les tranchées de Bolante, les Meurissons, le Faux Ravin de Courtes Chausses. Cet observatoire installé par la compagnie 5/2 du génie est absolument remarquable par les vues qu’il donne et, jusqu’à présent, les Boches n’ont pu le découvrir. Il n’en est malheureusement pas de même d’autres observatoires du même genre qu’on a essayé d’établir dans la région et qui, baptisés des noms de

Tome I · AD084_0339
25 mai 1915

Au Grand Triage chez Bertrand — photographies 252 à 255

Tome 1 · AD084_0342.jpg : 4 photographies, chacune cliquable

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[Légende collective au centre de la planche] Au Grand Triage chez le commandant Bertrand

[Photographie 252 — en haut à gauche : aucune légende individuelle visible.] [Photographie 253 — en haut à droite : aucune légende individuelle visible.] [Photographie 254 — en bas à gauche : aucune légende individuelle visible.] [Photographie 255 — en bas à droite : aucune légende individuelle visible.]

Tome I · AD084_0342
25 mai 1915

P.C. de Bertrand et Nid d’Aigle — photographies 256 et 257

Tome 1 · AD084_0343.jpg : 2 photographies, chacune cliquable

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[Photographie 256 — en haut] Le PC du Commandant Bertrand au Gᵈ Triage

[Photographie 257 — en bas] Le Nid d’Aigle

Tome I · AD084_0343
25 mai 1915

Fin du 25 mai ; insectes, mitrailleuses et canon de 58

Robinson, la Madeleine, la Volière, ont été vite repérés et criblés de mitraille. Dans un de ces perchoirs situés sur la rive gauche de la Biesme au-dessus du Four de Paris, un capitaine du 45e a été blessé d’une balle au talon et ce ne fut pas une petite affaire que de le descendre par l’échelle de corde donnant accès à cet observatoire.

Tome I · AD084_0344
27 mai 1915

Fin du 25 mai ; insectes, mitrailleuses et canon de 58

Source : manuscrit

27 mai. — Le temps continue à être beau mais nous commençons à ressentir les inconvénients des forêts en été. Les moustiques et cousins de toutes sortes, ainsi que les taons sont extrêmement nombreux et nous dévorent littéralement. À part cela la forêt est fort agréable. Le muguet est défleuri mais dans quelques jours nous aurons du chèvrefeuille ainsi que des fraises et des myrtilles.

Tome I · AD084_0344
31 mai 1915

Fin du 25 mai ; insectes, mitrailleuses et canon de 58

Source : manuscrit

31 mai. — Aujourd’hui, ne sachant que faire de moi au cantonnement je vais dans le vallon qui est au pied de la route de Florent où se trouve l’école de mitrailleuses. L’officier instructeur me fait une petite conférence sur cet engin meurtrier et je m’empresse de mettre ses leçons en pratique en exécutant plusieurs tirs. Quel engin terrible que la mitrailleuse et comme je comprends la terreur des fantassins qui sont pris sous son feu ! Rien ne doit pouvoir échapper à ses balles meurtrières. Par contre lorsqu’on a entre les mains cette arme redoutable on se sent vraiment électrisé et je ne suis pas surpris que ce soit toujours les mitrailleurs qui, dans les attaques, résistent avec le plus d’opiniâtreté !! Si au lieu de deux mitrailleuses par bataillon, nous avions eu au début de la campagne ce que nous avons actuellement c’est à dire une compagnie par bataillon plus la compagnie divisionnaire nous ne nous battrions pas en France. Certaines de ces compagnies de mitrailleuses sont d’ailleurs équipées avec des mitrailleuses allemandes. Depuis quelques jours nous avons dans le secteur un nouvel engin le canon de 58 qui lance des bombes de 16 et 24 kilogrammes appelées torpilles et qui causent chez les Boches les plus grands ravages. À la suite du premier tir effectué par ces engins les Allemands ont lancé dans nos tranchées un petit mot ainsi conçu : « Faut-il que vous soyez devenus complètement sauvages pour

Tome I · AD084_0344
31 mai 1915

1er–7 juin : départ de Gros ; rumeurs sur Vimy et Lens

employer des engins pareils ! » Ces canons sont servis par des artilleurs groupés en batterie formant l’artillerie de tranchée. De leur côté les Boches inaugurent les grenades à fusils que nos poilus appellent « tourterelles » à cause du bruit qu’elles font en arrivant. Ces engins fort désagréables ont une portée de plusieurs centaines de mètres et se lancent avec des fusils ordinaires.

Tome I · AD084_0345
31 mai 1915

Photographies 258–261 — mitrailleuses

Tome 1 · AD084_0346.jpg : 4 photographies, chacune cliquable

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[Photographie 258 — en haut à gauche] Mitrailleuse allemande position haute

[Photographie 259 — en haut à droite] Mitrailleuse allemande position basse

[Photographie 260 — en bas à gauche] Mitrailleuse française

[Photographie 261 — en bas à droite] Mitrailleuse contre avions

Tome I · AD084_0346

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