LES MÉMOIRES DU CAPITAINEExplorer les sources →
MÉMOIRES · 1916

Janvier 1916

39 passages narratifs ou documents associés, dans l’ordre du manuscrit.

1 janvier 1916

1er janvier 1916 — vœux de nouvelle année et alerte sans suite

Comparé au manuscrit

1er janvier : Le matin, au seuil de la 3e année de guerre nous nous congratulons en souhaitant que cette année soit vraiment la dernière de nos misères, ce dont nous ne doutons pas un instant. À la messe de 9 heures à laquelle j’assiste nous demandons à Dieu pour nous la force, la confiance et la santé et, pour ceux qui nous attendent, la patience, la résignation et l’espérance. Dans la journée nous sommes alertés mais les Boches restent tranquilles.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 1er janvier : début page 454, suite page 457 après une photographie et une carte intercalées. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0066 · p. 454 ; Tome II · AD084_0069 · p. 457.

PageWordLecture du manuscrit
454–4571^(er) janvier1er janvier
457nous demandons à Dieu la forcenous demandons à Dieu pour nous la force
457la patience la résignationla patience, la résignation

0 liens de personnes : Aucun lien de personne n’est créé par la collation.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

1^(er) janvier : Le matin, au seuil de la 3^(ème) année de guerre nous nous congratulons en souhaitant que cette année soit vraiment la dernière de nos misères, ce dont nous ne doutons pas un instant. A la messe de 9 heures à laquelle j’assiste nous demandons à Dieu la force, la confiance et la santé et, pour ceux qui nous attendent, la patience la résignation et l’espérance. Dans la journée nous sommes alertés mais les boches restent tranquilles.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0066 · p. 454 ; Tome II · AD084_0069 · p. 457

Photographie 349 · Tome II · AD084_0067

Tome 2 · AD084_0067.jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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Carte 18 — Taille Bongard et Grande Courte Chausse

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Fiche de la carte · source et passages associés →

4 janvier 1916

4 janvier 1916 — visite d’Abel Ferry et évacuation du capitaine

Comparé au manuscrit

4 janvier : Depuis plusieurs jours il est question d’un déplacement pour nous. Il doit, paraît-il, y avoir une concentration de feux du côté de Malancourt, à laquelle doivent participer de nombreuses batteries d’artillerie lourde, en particulier une de notre groupe. Le capitaine d’Ainval dont la batterie est au repos aux Islettes intrigue naturellement pour ne pas être désigné. Dans la matinée Abel Ferry, député de St Dié et sous-secrétaire d’État aux affaires étrangères, qui en ce moment exerce les fonctions de lieutenant adjoint au général Hirtzmann vient nous rendre visite pour se renseigner au sujet de l’artillerie lourde. Il a, avec le capitaine, un long entretien au cours duquel il prend force note sur un calepin. L’entretien doit être malheureusement écourté car le capitaine définitivement évacué par ordre des médecins doit partir à 11 heures par une voiture qui le conduit à Clermont-en-Argonne. Nos adieux sont brefs car nous sentons l’un et l’autre l’émotion nous gagner. Notre séparation sera, espérons-le, de courte durée, un mois disent les médecins. Je vais tout de même me trouver investi de responsabilités importantes, d’abord par le commandement d’une unité de 250 hommes et autant de chevaux et ensuite par le commandement du groupement d’artillerie lourde du secteur. De plus, si nous devons aller à Malancourt mes responsabilités seront encore plus grandes. Heureusement j’ai avec moi de bons gradés et de bons officiers desquels je pense tout attendre.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 4 janvier, page 457. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0069 · p. 457.

PageWordLecture du manuscrit
457parait il ; du cotéparaît-il ; du côté
457Clermont sur ArgonneClermont-en-Argonne
457de coute duréede courte durée
457une unité de 230 hommesune unité de 250 hommes
457de bons officiers de qui je peux tout attendrede bons officiers desquels je pense tout attendre

3 liens de personnes : Toutes les cibles établies sont conservées ; les surfaces autographes et les bornes sont recalculées lorsque nécessaire.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

4 janvier : Depuis plusieurs jours il est question d’un déplacement pour nous. Il doit, parait il, y avoir une concentration de feux du coté de Malancourt, à laquelle doivent participer de nombreuses batteries d’artillerie lourde, en particulier une de notre groupe. Le capitaine d’Ainval dont la batterie est au repos aux Islettes intrigue naturellement pour ne pas être désigné.

Dans la matinée Abel Ferry, député de Saint Dié et sous secrétaire aux affaires étrangères, qui en ce moment exerce les fonctions de lieutenant adjoint au général Hirtzmann vient nous rendre visite pour se renseigner au sujet de l’artillerie lourde. Il a, avec le capitaine, un long entretien au cours duquel il prend force note sur son calepin. L’entretien doit être malheureusement écourté car le capitaine définitivement évacué par ordre des médecins doit partir à 11 heures par une voiture qui le conduit à Clermont sur Argonne. Nos adieux sont brefs car nous sentons l’un et l’autre l’émotion nous gagner. Notre séparation sera, espérons le, de coute durée, un mois disent les médecins. Je vais tout de même me trouver investi de responsabilités importantes, d’abord par le commandement d’une unité de 230 hommes et autant de chevaux et ensuite par le commandement du groupement d’artillerie lourde du secteur. De plus, si nous devons aller à Malancourt mes responsabilités seront encore plus grandes. Heureusement j’ai avec moi de bons gradés et de bons officiers de qui je peux tout attendre.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0069 · p. 457
5 janvier 1916

5 janvier 1916 — dîner chez Hirtzmann et entretien avec Abel Ferry

Comparé au manuscrit

5 janvier : D’après les dernières nouvelles, il est décidé que nous restons. Sans doute j’aurais été heureux d’aller faire parler la poudre du côté de Malancourt mais au fond cela m’ennuyait de quitter ce secteur que je connais si bien et où tout le monde me connaît. L’éducation d’Abel Ferry n’a pu être complétée dans le court entretien qu’il a eu avec le capitaine aussi je suis chargé de la parachever. À cet effet une invitation à dîner chez le général Hirtzmann m’est faite aujourd’hui, invitation à laquelle je m’empresse de me rendre. Le général étant en ce moment aux Vignettes je pars sur mon fidèle Agio par un superbe clair de lune. Reçu fort aimablement je suis assailli de questions par Abel Ferry auxquelles je réponds de mon mieux. Assez tard dans la nuit je prends congé de mes hôtes et rentre au Claon par un clair de lune toujours superbe.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 5 janvier : début page 457, suite page 458. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0069 · p. 457 ; Tome II · AD084_0070 · p. 458.

PageWordLecture du manuscrit
457tout le mon de me connaittout le monde me connaît
458A cet effet une invitation à dinerÀ cet effet une invitation à dîner

3 liens de personnes : Toutes les cibles établies sont conservées ; les surfaces autographes et les bornes sont recalculées lorsque nécessaire.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

5 janvier : d’après les dernières nouvelles, il est décidé que nous restons. Sans doute j’aurais été heureux d’aller faire parler la poudre du coté de Malancourt mais au fond cela m’ennuyait de quitter le secteur que je connais si bien et où tout le mon de me connait.

L’éducation d’Abel Ferry n’a pu être complétée dans le court entretien qu’il a eu avec le capitaine aussi je suis chargé de la parachever. A cet effet une invitation à diner chez le général Hirtzmann m’est faite aujourd’hui, invitation à laquelle je m’empresse de me rendre. Le général étant en ce moment aux Vignettes je pars sur mon fidèle Agio par un superbe clair de lune. Reçu fort aimablement je suis assailli de questions par Abel Ferry auxquelles je réponds de mon mieux. Assez tard dans la nuit je prends congé de mes hôtes et rentre au Claon par un clair de lune toujours superbe.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0069 · p. 457 ; Tome II · AD084_0070 · p. 458
6 janvier 1916

6 janvier 1916 — transport de la batterie de 220 et départ des territoriaux

Comparé au manuscrit

6 janvier : Une batterie de 220 installée à la Seigneurie doit partir à Malancourt pour participer à la concentration de feu. Des tracteurs automobiles doivent emmener les pièces mais comme ils ne peuvent dépasser la Croix Gentin la batterie est chargée d’assurer le transport jusqu’à ce point. Je charge Dumay de cette mission de confiance dont il s’acquitte fort bien. Aujourd’hui nous avons reçu l’ordre de renvoyer dans des unités plus à l’arrière nos territoriaux qui sont au nombre de 12 ou 14 pour les remplacer par des hommes plus jeunes, mais on n’a oublié qu’une chose, c’est qu’ils ne veulent pas partir ! Tous viennent me trouver en me suppliant de faire tout mon possible pour qu’ils puissent rester. Cela m’est impossible puisque j’ai reçu des ordres formels, mais cependant je parviens à en maintenir quelques-uns comme « indispensables », entre autres mon savetier le vieux père Doudard et Paré l’aide vaguemestre. Par contre je suis obligé de renvoyer le vieux père Edard le conducteur de devant de la forge. Aujourd’hui le sous-intendant militaire me renvoie une série de pièces sur lesquelles je suis obligé d’apposer dix approbations de rature avec signature pour corriger une erreur de 4 millièmes commise sur un état de ferrure !

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 6 janvier, page 458. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0070 · p. 458.

PageWordLecture du manuscrit
458220installée220 installée
458dans des unités à l’arrièredans des unités plus à l’arrière
458de fazire tout mon possiblede faire tout mon possible
458DodartDoudard
458EdartEdard
45810 approbations ; 4 millimesdix approbations ; 4 millièmes

4 liens de personnes : Toutes les cibles établies sont conservées ; les surfaces autographes et les bornes sont recalculées lorsque nécessaire.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

6 janvier : Une batterie de 220installée à la Seigneurie doit partir à Malancourt pour participer à la concentration de feu. Des tracteurs automobiles doivent emmener les pièces mais comme ils ne peuvent dépasser la Croix Gentin la batterie est chargée d’assurer le transport jusqu’à ce point. Je charge Dumay de cette mission de confiance dont il s’acquitte fort bien.

Aujourd’hui nous avons reçu l’ordre de renvoyer dans des unités à l’arrière nos territoriaux qui sont au nombre de 12 ou 14 pour les remplacer par des hommes plus jeunes mais on n’a oublié qu’une chose c’est qu’ils ne veulent pas partir ! Tous viennent me trouver en me suppliant de fazire tout mon possible pour qu’ils puissent rester. Cela m’est impossible puisque j’ai reçu des ordres formels, mais cependant je parviens à en maintenir quelques uns comme « indispensables » entre autres mon savetier le vieux père Dodart et Paré l’aide vaguemestre. Par contre je suis obligé de renvoyer le vieux père Edart le conducteur de devant de la forge.

Aujourd’hui le sous intendant militaire me renvoie une série de pièces sur lesquelles je suis obligé d’apposer 10 approbations de rature avec signature pour corriger une erreur de 4 millimes commise sur un état de ferrure !

Comparaison directe · Tome II · AD084_0070 · p. 458
7 janvier 1916

7 janvier 1916 — bombardement du Claon et pluie persistante

Comparé au manuscrit

7 janvier : Aujourd’hui notre cantonnement a été « bombardé » mais comme c’est un hameau nous n’avons reçu que du 77. Le 105 est pour les chefs-lieux de cantons, le 150 pour les sous-préfectures et le 210 pour les préfectures. Quant aux villes particulièrement remarquables comme Compiègne, Dunkerque ou Nancy elles ont droit au 280, au 305 ou même au 380. C’est donc bien le cas de dire : « Pour vivre heureux, vivons cachés ! » Ce bombardement a fait quelques victimes : un chat tué, un chien et deux vaches blessées, quelques carreaux cassés, tous ces dégâts étant chez les époux Lucas, au coin de la route de Florent. Si l’obus avait pu occire cette vieille horrible mégère qui est la mère Lucas, le cantonnement aurait été bien nettoyé. Le plus grave c’est que j’ai bu mon café froid. Le temps est toujours horrible, la pluie ne cesse pas et la boue est affreuse, bien plus affreuse que l’année dernière car la circulation dans le secteur est particulièrement intense.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 7 janvier : début page 458, suite page 459. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0070 · p. 458 ; Tome II · AD084_0071 · p. 459.

PageWordLecture du manuscrit
458elles ont le droit au 280elles ont droit au 280
459deux vaches blessésdeux vaches blessées
459mégère qu’est la mère Lucasmégère qui est la mère Lucas

2 liens de personnes : Toutes les cibles établies sont conservées ; les surfaces autographes et les bornes sont recalculées lorsque nécessaire.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

7 janvier : Aujourd’hui notre cantonnement a été « bombardé » mais comme c’est un hameau nous n’avons reçu que du 77. Le 105 est pour les chefs lieux de cantons, le 150 pour les sous-préfectures et le 210 pour les préfectures. Quant aux villes particulièrement remarquables comme Compiègne, Dunkerque ou Nancy elles ont le droit au 280, au 305 ou même au 380. C’est donc bien le cas de dire : »Pour vivre heureux vivons cachés ». Ce bombardement a fait quelques victimes : un chat tué, un chien et deux vaches blessés, quelques carreaux cassés, tous ces dégâts étant chez les époux Lucas, au coin de la route de Florent. Si l’obus avait pu occire cette vieille horrible mégère qu’est la mère Lucas, le cantonnement aurait été bien nettoyé. Le plus grave c’est que j’ai bu mon café froid.

Le temps est toujours horrible, la pluie ne cesse pas et la boue est affreuse, bien plus affreuse que l’année dernière car la circulation dans le secteur est particulièrement intense.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0070 · p. 458 ; Tome II · AD084_0071 · p. 459
9 janvier 1916

9 janvier 1916 — réglage devant 16F et changements au haut commandement

Comparé au manuscrit

9 janvier : Dans l’après-midi Dumay va faire un réglage devant 16 F, réglage déjà tenté la veille mais sans résultat. Dans le haut commandement qui nous intéresse de nombreux changements se produisent. Le général de Langle de Cary commandant la 4e armée prend le commandement du groupe d’armée du centre auquel nous sommes rattachés. Le général de Castelnau qui commandait le G.A.C. s’en va commander le groupe d’armée de l’est en remplacement du général Dubail nommé gouverneur militaire de Paris.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 9 janvier, page 459. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0071 · p. 459.

PageWordLecture du manuscrit
459Dans l’après midiDans l’après-midi
459sans résultatssans résultat
459groupe d’armées du centregroupe d’armée du centre
459qui commandant le G.A.C.qui commandait le G.A.C.
459groupe d’armées de l’estgroupe d’armée de l’est

4 liens de personnes : Toutes les cibles établies sont conservées ; les surfaces autographes et les bornes sont recalculées lorsque nécessaire.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

9 janvier : Dans l’après midi Dumay va faire un réglage devant 16F, réglage déjà tenté la veille mais sans résultats.

Dans le haut commandement qui nous intéresse de nombreux changements se produisent. Le général de Langle de Cary commandant la 4^(ème) armée prend le commandement du groupe d’armées du centre auquel nous sommes rattachés. Le général de Castelnau qui commandant le G.A.C. s’en va commander le groupe d’armées de l’est en remplacement du général Dubail nommé gouverneur militaire de Paris.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0071 · p. 459
11 janvier 1916

11 janvier 1916 — bombardement et reconnaissance à la Fontaine Ferdinand

Comparé au manuscrit

11 janvier : Le matin à 8h15 les Boches tirent à nouveau sur notre cantonnement et plusieurs obus tombent près de chez nous sans causer de dégâts. Malheureusement l’un d’eux tombe dans la maison du maire près de la Tuilerie, tuant 1 fantassin et en blessant 3 autres. Vers 8h45 le colonel Rollet vient me chercher en auto pour aller reconnaître vers la Fontaine Ferdinand une position pour une section de 95 qu’on vient de nous offrir. Nous pensons que la batterie mise en position de ce côté pourra faire du bon travail puisqu’elle prendra en enfilade toutes les tranchées allemandes du secteur. Comme notre auto porte le fanion du général de division, tous les hommes que nous croisons sur la route saluent ce fanion comme le chapeau de Gesler avec un respect mêlé de crainte.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 11 janvier, page 459. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0071 · p. 459.

PageWordLecture du manuscrit
459reconnaitrereconnaître
459toutes les tranchées allemandes de ce secteurtoutes les tranchées allemandes du secteur

2 liens de personnes : Toutes les cibles établies sont conservées ; les surfaces autographes et les bornes sont recalculées lorsque nécessaire.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

11 janvier : Le matin à 8h15 les boches tirent à nouveau sur notre cantonnement et plusieurs obus tombent près de chez nous sans causer de dégâts. Malheureusement l’un d’eux tombe dans la maison du maire près de la Tuilerie tuant 1 fantassin et en blessant 3 autres.

Vers 8h45 le colonel Rollet vient me chercher en auto pour aller reconnaitre vers la Fontaine Ferdinand une position pour une section de 95 qu’on vient de nous offrir. Nous pensons que la batterie mise en position de ce côté pourra faire du bon travail puisqu’elle prendra en enfilade toutes les tranchées allemandes de ce secteur. Comme notre auto porte le fanion du général de division, tous les hommes que nous croisons sur la route saluent ce fanion comme le chapeau de Gesler avec un respect mêlé de crainte.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0071 · p. 459
13 janvier 1916

13 janvier 1916 — commandement provisoire du groupe

Comparé au manuscrit

13 janvier : Une nouvelle fonction m’échoit aujourd’hui, celle de commandant de groupe. Le commandant Annibert est à Malancourt, le capitaine Neuville est au cours de tir, le capitaine Meckler est évacué et le capitaine d’Ainval est malade, comme bien entendu chaque fois qu’il y a quelque chose à faire. Me voici donc chef d’escadron ce qui ne me rajeunit pas. Le temps continue à être plus horrible que jamais et comme je fais à peu près tous les jours le trajet des Islettes cela manque tout à fait de charme.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 13 janvier : début page 459, suite page 460. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0071 · p. 459 ; Tome II · AD084_0072 · p. 460.

PageWordLecture du manuscrit
460Annibert est à MalaucourtAnnibert est à Malancourt
460Meckler est évavuéMeckler est évacué

4 liens de personnes : Toutes les cibles établies sont conservées ; les surfaces autographes et les bornes sont recalculées lorsque nécessaire.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

13 janvier : Une nouvelle fonction m’échoit aujourd’hui, celle de commandant de groupe. Le commandant Annibert est à Malaucourt, le capitaine Neuville est au cours de tir, le capitaine Meckler est évavué et le capitaine d’Ainval est malade comme bien entendu chaque fois qu’il y a quelque chose à faire. Me voici donc chef d’escadron ce qui ne me rajeunit pas. Le temps continue à être plus horrible que jamais et comme je fais à peu près tous les jours le trajet des Islettes cela manque tout à fait de charme.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0071 · p. 459 ; Tome II · AD084_0072 · p. 460
16 janvier 1916

16 janvier 1916 — occupation des petits postes du Cap et arrivée au PC

Comparé au manuscrit

16 janvier : À 2h30 je suis réveillé en sursaut par un coup de téléphone du P.C.A. Les Boches ont, dans la nuit, occupé les 4 petits postes du Cap défendus chacun par deux hommes. Le Cap, comme son nom l’indique, est une tranchée avançant assez profondément dans les lignes allemandes et par cela même fort gênante pour ces messieurs d’en face. Il va falloir sans doute reprendre ces postes. À 5 heures du matin, en pleine nuit, je me rends donc au poste de commandement de l’artillerie situé avec celui de la division dans de somptueuses cabanes construites dans l’un des ravins situés entre ma position de batterie et le Claon. Ces abris, tout à fait remarquables, ont été construits dans le courant de l’été par les sapeurs du génie.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Début du 16 janvier, jusqu’à « sapeurs du génie » ; la continuation est SEG-1916-0380. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0072 · p. 460.

PageWordLecture du manuscrit
460les 4 petits posteles 4 petits postes
460chacun par 2 hommeschacun par deux hommes

0 liens de personnes : Cibles conservées ; surfaces autographes et bornes recalées. Les deux segments du 16 janvier appartiennent à une même entrée historique.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

16 janvier : A 2h30 je suis réveillé en sursaut par un coup de téléphone du P.C.A. Les boches ont, dans la nuit, occupé les 4 petits poste du Cap défendus chacun par 2 hommes. Le Cap, comme son nom l’indique, est une tranchée avançant assez profondément dans les lignes allemandes et par cela même fort gênante pour ces messieurs d’en face. Il va falloir sans doute reprendre ces postes. A 5 heures du matin, en pleine nuit, je me rends donc au poste de commandement de l’artillerie situé avec celui de la division dans de somptueuses cabanes construites dans l’un des ravins situés entre ma position de batterie et le Claon. Ces abris, tout à fait remarquables, ont été construits dans le courant de l’été par les sapeurs du génie.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0072 · p. 460
16 janvier 1916

Photographie 350 — Le PC de la Division

Transcription Word · comparaison au manuscrit non attestée
Tome 2 · AD084_0072.jpg : 1 photographie, chacune cliquable

Cliquez ou touchez une photographie pour l’agrandir avec sa légende manuscrite, en sépia, sans retouche.

Le PC de la division

Tome II · AD084_0072Page manuscrite 460
16 janvier 1916

Photographie 351 — Lt Vigne et S Lt Delépine au PC du Ravin sec

Transcription Word · comparaison au manuscrit non attestée
Tome 2 · AD084_0073.jpg : 4 photographies, chacune cliquable

Cliquez ou touchez une photographie pour l’agrandir avec sa légende manuscrite, en sépia, sans retouche.

Ltn Vigne et S/Ltn Delépine au PC du Ravin Sec

Tome II · AD084_0073
16 janvier 1916

Photographie 352 — Le PC de la division

Transcription Word · comparaison au manuscrit non attestée

Le PC de la division

Tome II · AD084_0073
16 janvier 1916

Photographie 353 — Lt Corcessin et commandant Alavoine dans un petit poste du Cap à 10 mètres des boches

Transcription Word · comparaison au manuscrit non attestée

Le Ltn Corcessin et le Cdt Alavoine dans un petit poste du Cap à 10 mètres des tranchées boches

Tome II · AD084_0073
16 janvier 1916

Photographie 354 — Le PC de la Division

Transcription Word · comparaison au manuscrit non attestée

Le PC de la division

Tome II · AD084_0073

Carte 19 — Petite Courte Chausse et cote 285

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Fiche de la carte · source et passages associés →

16 janvier 1916

16 janvier 1916 — reprise des postes du Cap et retour au Claon

Comparé au manuscrit

Là je reçois les ordres du commandant Charles du 45e et à 6 heures, toujours par la nuit noire, je pars pour le poste O.5 où j’arrive vers 7 heures. Le lieutenant Vignes, commandant une batterie du 45e, s’y trouve également. Le commandant Alavoine du 76e nous met au courant de la situation et nous accompagne en première ligne. La tranchée du Cap est maintenant entièrement en la possession de l’ennemi et l’ordre est de la reprendre en attaquant des deux côtés après préparation d’artillerie. À 8h35 Vignes commence à régler la 9e du 45 au nord du Cap, puis la 8e sur les tranchées elles-mêmes. Le tir effectué coup par coup est excellent et les Boches commencent à répondre. À 9h55 je commence mon réglage. Il faut se hâter car l’attaque est pour 11 heures. À 10h10 j’ai heureusement terminé. À ce moment arrive le capitaine Grévy commandant de l’artillerie de tranchée, propre neveu de l’ancien président de la République et engagé volontaire à plus de 60 ans. Affecté au début de la campagne à une formation de parc il demande dès le commencement de la guerre de tranchées un poste plus actif qu’on lui refuse d’ailleurs prétextant son âge. Décidé cependant à se rendre utile il va trouver le général Marchand et lui demande l’autorisation de servir dans un régiment d’infanterie coloniale comme lieutenant. Le général Marchand n’accepte naturellement pas ce sacrifice et comme l’artillerie de tranchée est en formation on offre au capitaine Grévy le commandement d’une batterie qu’il s’empresse d’accepter. Maintenant il commande le groupe d’artillerie de tranchée, situation un peu plus calme mais qui est cependant loin d’être enviable. Les batteries de 58 commencent elles aussi à tirer mais les Allemands ripostent maintenant avec vivacité. Heureusement mon téléphone est installé dans l’escalier d’une sape de première ligne et je suis ainsi à peu près à l’abri. Je me précipite au-dehors lorsque la batterie m’annonce « Coup parti » pour aller observer sur le parapet le point de chute et je rentre dans mon trou. Mon tir étant à peu près réglé nous convenons de tirer de 10h30 à 11 heures en augmentant l’intensité dans les 10 dernières minutes. Le commandant Alavoine est avec Vignes et moi en première ligne pour encourager les hommes qui doivent participer à l’attaque : de chaque côté du Cap 8 hommes sous le commandement d’un sergent doivent attaquer le boyau à la grenade et en chasser les occupants. Tous ces hommes sont calmes malgré la gravité de l’acte qu’ils vont accomplir. L’un d’eux cependant s’approche du commandant : « Dites donc mon commandant, on va peut-être se faire casser la gueule. Est-ce qu’on ne pourrait pas avoir un coup de gnole pour la peine ? ». Le commandant ému fait rechercher un bidon de cette précieuse liqueur et la distribue lui-même à ses poilus. À 10h30 notre tir commence avec vigueur mais celui des boches ne manque pas non plus d’une certaine intensité. À 11 heures la contre-attaque se déclenche dans un crépitement de grenades au milieu du fracas de l’artillerie sans que nous nous rendions compte au juste de ce qui se passe. À 11h15 nos batteries ne tirent plus : les Boches au contraire tirent plus vigoureusement que jamais : les grenades et les coups de fusils éclatent de tous côtés : « Tout le monde aux créneaux » crie une voix dans le boyau. Les fantassins se précipitent sur leurs armes, d’autres arrivent au pas de course en apportant des caisses de grenades. Les Boches auraient-ils l’audace de contre-attaquer ? Un reflux qui se produit sur la gauche nous le ferait croire. À tout prix il faut que nos batteries tirent. Vignes et moi actionnons éperdument nos téléphones : peine perdue ! les lignes sont coupées ! Les Allemands tirent maintenant avec une rare violence. Il faut absolument que nous fassions tirer notre artillerie. Nous n’avons qu’une chance d’y parvenir : revenir au poste O.5. Peut-être la ligne est-elle coupée entre nous et ce point et fonctionne-t-elle entre O.5 et le poste de commandement. Cette solution examinée est mise immédiatement à exécution : empoignant nos appareils nous sortons de l’entrée de sape, Vignes et moi accompagnés de nos deux téléphonistes. Les torpilles allemandes éclatent de tous côtés avec des bruits affreux. L’artillerie de tous calibres s’en mêle également. L’air rempli de fumées et de poussière est irrespirable et les 400 mètres qui nous séparent du poste O.5 nous paraissent terriblement longs. En plusieurs endroits le boyau est complètement détruit. Les obus nous accompagnent ainsi jusqu’au poste O.5 où nous avons juste le temps d’entrer. Les torpilles continuent à tomber tout autour et le poste est déjà à moitié démoli. Malheureusement la communication est coupée là aussi avec l’arrière ce qui n’a rien de surprenant étant donné l’intensité du tir ennemi dans les 3 Ravins. Nous pourrions peut-être déclencher des fusées de barrage mais alors toute l’artillerie va se déchaîner et si nous n’avons aucun moyen de l’arrêter ce sera le gaspillage. Comme l’artillerie allemande a l’air de se calmer un peu nous nous contentons d’envoyer un homme réparer la ligne puis décidons de remonter en 1re ligne voir ce qui se passe. À peine engagés dans le boyau nous rencontrons le commandant Alavoine. Les 4 petits postes ont été repris mais nous avons dû en abandonner deux inoccupables parce que trop démolis. Malheureusement l’infanterie a eu 4 ou 5 tués et autant de blessés. Parmi les tués il y a malheureusement l’un des sergents père de 4 enfants. Nous établissons notre rapport avec le commandant et à midi 15 je me décide à rentrer avec l’adjudant Dellepine de l’artillerie de tranchée. Pendant ce temps l’artillerie allemande est complètement calmée et comme la communication téléphonique est rétablie nous pouvons calmer la nôtre. Pour garder un souvenir de cette dure journée je photographie Dellepine et Vignes devant le poste O.5. Par la route Marchand, le Chalet et la Chalade je rentre sans encombre à la position de batterie. À ce moment les Boches tirent sur le Claon. À plusieurs reprises dans l’après-midi ils recommencent cette plaisanterie principalement sur la gare du tram. Les obus, des 105 probablement, arrivent par paires. Encore une rude journée pour nous, dont les communiqués ne parleront pas demain.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Continuation de la même entrée du 16 janvier, depuis « Là je reçois » jusqu’à sa fin page 465 ; les feuillets illustrés 0073–0074 ne portent pas de texte de cette continuation. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0072 · p. 460 ; Tome II · AD084_0075 · p. 463 ; Tome II · AD084_0076 · p. 464 ; Tome II · AD084_0077 · p. 465.

PageWordLecture du manuscrit
460Le lieutenant Vignes du 45e s’y trouve également.Le lieutenant Vignes, commandant une batterie du 45e, s’y trouve également.
460régler la 9 du 45 au nord puis la 8 sur les tranchées elles mêmesrégler la 9e du 45 au nord du Cap, puis la 8e sur les tranchées elles-mêmes
460A 9h45À 9h55
460l’attaque est prévue pour 11 heuresl’attaque est pour 11 heures
460commandant l’artillerie de tranchée, neveucommandant de l’artillerie de tranchée, propre neveu
463de 10h30 ç 11 heuresde 10h30 à 11 heures
463L’in d’euxL’un d’eux
463sans que nous ne nous rendions compter de ce qui se passesans que nous nous rendions compte au juste de ce qui se passe
463A 11h13À 11h15
464notre propre artillerienotre artillerie
464fonctionne t’ellefonctionne-t-elle
464mise aussitôt à exécution empoignantmise immédiatement à exécution : empoignant
464fumées et de poussièresfumées et de poussière
464du poste O.5 paraissentdu poste O.5 nous paraissent
464le boyau est entièrement détruitle boyau est complètement détruit
464les Trois Ravinsles 3 Ravins
464avons du en abandonneravons dû en abandonner
465malheureusement un des sergentsmalheureusement l’un des sergents
465DelépineDellepine
465arrivent par salvesarrivent par paires

16 liens de personnes : Cibles conservées ; surfaces autographes et bornes recalées. Les deux segments du 16 janvier appartiennent à une même entrée historique.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

Là je reçois les ordres du commandant Charles du 45^(ème) et à 6 heures, toujours par la nuit noire, je pars pour le poste O.5 où j’arrive vers 7 heures. Le lieutenant Vignes du 45^(ème) s’y trouve également. Le commandant Alavoine du 76^(ème) nous met au courant de la situation et nous accompagne en première ligne. La tranchée du Cap est maintenant entièrement en la possession de l’ennemi et l’ordre est de la reprendre en attaquant des deux côtés après préparation d’artillerie. A 8h35 Vignes commence à régler la 9 du 45 au nord puis la 8 sur les tranchées elles mêmes. Le tir effectué coup par coup est excellent et les boches commencent à répondre. A 9h45 je commence mon réglage. Il faut se hâter car l’attaque est prévue pour 11 heures. A 10h10 j’ai heureusement terminé. A ce moment arrive le capitaine Grévy commandant l’artillerie de tranchée, neveu de l’ancien président de la République et engagé volontaire à plus de 60 ans. Affecté au début de la campagne à une formation de parc il demande dès le commencement de la guerre de tranchées un poste plus actif qu’on lui refuse d’ailleurs prétextant son âge. Décidé cependant à se rendre utile il va trouver le général Marchand et lui demande l’autorisation de servir dans un régiment d’infanterie coloniale comme lieutenant. Le général Marchand n’accepte naturellement pas ce sacrifice et comme l’artillerie de tranchée est en formation on offre au capitaine Grévy le commandement d’une batterie qu’il s’empresse d’accepter. Maintenant il commande le groupe d’artillerie de tranchée, situation un peu plus calme mais qui est cependant loin d’être enviable.

Les batteries de 58 commencent elles aussi à tirer mais les allemands ripostent maintenant avec vivacité. Heureusement mon téléphone est installé dans l’escalier d’une sape de première ligne et je suis ainsi à peu près à l’abri. Je me précipite au dehors lorsque la batterie m’annonce « coup parti » pour aller observer sur le parapet le point de chute et je rentre dans mon trou. Mon tir étant à peu près réglé nous convenons de tirer de 10h30 ç 11 heures en augmentant l’intensité dans les 10 dernières minutes. Le commandant Alavoine est avec Vignes et moi en première ligne pour encourager les hommes qui doivent participer à l’attaque : de chaque côté du Cap 8 hommes sous le commandement d’un sergent doivent attaquer le boyau à la grenade et en chasser les occupants. Tous ces hommes sont calmes malgré la gravité de l’acte qu’ils vont accomplir. L’in d’eux cependant s’approche du commandant : « Dites donc mon commandant, on va peut être se faire casser la gueule. Est-ce qu’on ne pourrait pas avoir un coup de gnole pour la peine ? ». Le commandant ému fait rechercher un bidon de cette précieuse liqueur et la distribue lui-même à ses poilus. A 10h30 notre tir commence avec vigueur mais celui des boches ne manque pas non plus d’une certaine intensité. A 11 heures la contre attaque se déclenche dans un crépitement de grenades au milieu du fracas de l’artillerie sans que nous ne nous rendions compter de ce qui se passe. A 11h13 nos batteries ne tirent plus : les boches au contraire tirent plus vigoureusement que jamais : les grenades et les coups de fusils éclatent de tous côtés : » Tout le monde aux créneaux » crie une voix dans le boyau. Les fantassins se précipitent sur leurs armes, d’autres arrivent au pas de course en apportant des caisses de grenades. Les boches auraient ils l’audace de contre attaquer ? Un reflux qui se produit sur la gauche nous le ferait croire. A tout prix il faut que nos batteries tirent. Vignes et moi actionnons éperdument nos téléphones : peine perdue ! les lignes sont coupées ! Les allemands tirent maintenant avec une rare violence. Il faut absolument que nous fassions tirer notre propre artillerie. Nous n’avons qu’une chance d’y parvenir : revenir au poste O.5. Peut être la ligne est elle coupée entre nous et ce point et fonctionne t’elle entre O.5 et le poste de commandement. Cette solution examinée est mise aussitôt à exécution empoignant nos appareils nous sortons de l’entrée de sape, Vignes et moi accompagnés de nos deux téléphonistes. Les torpilles allemandes éclatent de tous côtés avec des bruits affreux. L’artillerie de tous calibres s’en mêle également. L’air rempli de fumées et de poussières est irrespirable et les 400 mètres qui nous séparent du poste O.5 paraissent terriblement longs. En plusieurs endroits le boyau est entièrement détruit. Les obus nous accompagnent ainsi jusqu’au poste O.5 où nous avons juste le temps d’entrer. Les torpilles continuent à tomber tout autour et le poste est déjà à moitié démoli. Malheureusement la communication est coupée là aussi avec l’arrière ce qui n’a rien de surprenant étant donné l’intensité du tir ennemi dans les Trois Ravins. Nous pourrions peut être déclencher des fusées de barrage mais alors toute l’artillerie va se déchainer et si nous n’avons aucun moyen de l’arrêter ce sera le gaspillage. Comme l’artillerie allemande a l’air de se calmer un peu nous nous contentons d’envoyer un homme réparer la ligne puis décidons de remonter en 1^(ère) ligne voir ce qui se passe. A peine engagés dans le boyau nous rencontrons le commandant Alavoine. Les 4 petits postes ont été repris mais nous avons du en abandonner deux inoccupables parce que trop démolis. Malheureusement l’infanterie a eu 4 ou 5 tués et autant de blessés. Parmi les tués il y a malheureusement un des sergents père de 4 enfants. Nous établissons notre rapport avec le commandant et à midi 15 je me décide à rentrer avec l’adjudant Delépine de l’artillerie de tranchée. Pendant ce temps l’artillerie allemande est complètement calmée et comme la communication téléphonique est rétablie nous pouvons calmer la nôtre. Pour garder un souvenir de cette dure journée je photographie Delépine et Vignes devant le poste O.5. Par la route Marchand, le Chalet et la Chalade je rentre sans encombre à la position de batterie. A ce moment les boches tirent sur le Claon. A plusieurs reprises dans l’après midi ils recommencent cette plaisanterie principalement sur la gare du tram. Les obus, des 105 probablement, arrivent par salves. Encore une rude journée pour nous, dont les communiqués ne parleront pas demain.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0072 · p. 460 ; Tome II · AD084_0075 · p. 463 ; Tome II · AD084_0076 · p. 464 ; Tome II · AD084_0077 · p. 465
17 janvier 1916

17 janvier 1916 — commandement sanitaire du secteur ouest des Islettes

Comparé au manuscrit

17 janvier : Mon commandement s’étend un peu plus tous les jours. Aujourd’hui la division me nomme « commandant du secteur ouest des Islettes » et à ce titre je suis chargé de surveiller le balayage des rues, l’enfouissement des chevaux morts, l’assainissement des feuillées, l’enlèvement des ordures ménagères et des excréments de toutes sorte. Je me vois déjà cité à l’ordre du groupement des secteurs : « Officier très méritant. S’est acquis de nouveaux titres en assurant dans un village voisin de la ligne de feu l’enlèvement des détritus les plus nauséabonds ». Je reçois enfin des nouvelles du capitaine. Il est à Montluçon dans une sorte de sanatorium. Il y est assez bien mais très affaibli.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 17 janvier, page 465. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0077 · p. 465.

PageWordLecture du manuscrit
465excréments de toutes sortesexcréments de toutes sorte

0 liens de personnes : Cibles conservées ; surfaces autographes et bornes recalées. Les deux segments du 16 janvier appartiennent à une même entrée historique.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

17 janvier : Mon commandement s’étend un peu plus tous les jours. Aujourd’hui la division me nomme « commandant du secteur ouest des Islettes » et à ce titre je suis chargé de surveiller le balayage des rues, l’enfouissement des chevaux morts, l’assainissement des feuillées, l’enlèvement des ordures ménagères et des excréments de toutes sortes. Je me vois déjà cité à l’ordre du groupement des secteurs : « Officier très méritant. S’est acquis de nouveaux titres en assurant dans un village voisin de la ligne de feu l’enlèvement des détritus les plus nauséabonds ».

Je reçois enfin des nouvelles du capitaine. Il est à Montluçon dans une sorte de sanatorium. Il y est assez bien mais très affaibli.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0077 · p. 465
18 janvier 1916

18 janvier 1916 — pluie et tournée des batteries

Comparé au manuscrit

18 janvier : Hier matin le temps paraissait vouloir se mettre au beau mais le soir la pluie a recommencé et aujourd’hui elle fait rage plus que jamais. Il est à croire que nous n’en verrons jamais la fin. Malgré cela je fais presque chaque jour le tour de mes batteries. Le secteur est heureusement mieux organisé que l’hiver dernier sans quoi l’existence des fantassins serait intenable.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 18 janvier, page 465. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0077 · p. 465.

PageWordLecture du manuscrit
465et la pluie aujourd’hui elle fait rageet aujourd’hui elle fait rage

0 liens de personnes : Cibles conservées ; surfaces autographes et bornes recalées. Les deux segments du 16 janvier appartiennent à une même entrée historique.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

18 janvier : Hier matin le temps paraissait vouloir se mettre au beau mais le soir la pluie a recommencé et la pluie aujourd’hui elle fait rage plus que jamais. Il est à croire que nous n’en verrons jamais la fin. Malgré cela je fais presque chaque jour le tour de mes batteries. Le secteur est heureusement mieux organisé que l’hiver dernier sans quoi l’existence des fantassins serait intenable.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0077 · p. 465
19 janvier 1916

19 janvier 1916 — alerte de mine et punition de Lorson

Comparé au manuscrit

19 janvier : À 6h50 un petit papier m’arrive du P.C.A. Il s’agit d’une mine que les Allemands doivent faire sauter sur F.4. Il faut que je me rende d’urgence au poste O.6 pour régler ma batterie et le 75. Je file donc immédiatement accompagné de Lacheret. Le temps est toujours horrible et nous pataugeons dans les boyaux jusqu’aux genoux. Malgré toute notre hâte le 75 a déjà réglé comme nous arrivons à la Demi-Lune. Ce secteur est d’ailleurs infiniment moins marmité que celui de la Fille Morte ou de Bolante. Près du point où nous observons il y a sur le parados un mortier en bronze du temps de Louis Philippe qui sert à projeter des crapouillots sur les Boches. Mon réglage est rapidement terminé et à 10 heures je suis de retour au Claon complètement trempé. Les Boches ne font d’ailleurs sauter aucune mine et la journée s’achève tranquillement. Ces jours-ci j’ai avec mon cycliste Lorson une discussion orageuse. Il y a une quinzaine de jours Lorson était parti en permission et peu après son départ plusieurs hommes et moi-même reçûmes des cartes postales illustrées envoyées par le susdit voyageur : « Amitiés de Paris » « Bien le bonjour de Dijon » « Une cordiale poignée de mains de Lyon » « Meilleur souvenir de Marseille » « Salut de Menton » « C’est cela, me dis-je, ce brave Lorson est en train de faire son petit tour de France avec une permission de 6 jours ». Il est vrai que sa permission est pour Menton et qu’il a droit à 3 jours de voyage pour aller et autant pour revenir. Au bout de 12 jours je guette donc mon Lorson mais comme sœur Anne je ne vois rien venir. Au bout de 15 jours rien, enfin au bout de 17 jours, comme je suis dans la salle à manger de notre maison du Claon, je vois venir vers moi mon Lorson la figure souriante, la barbe fleurie et le teint vermeille. Il est d’ailleurs immédiatement figé en apercevant ma mine sévère et dès mes premiers mots devient pâle comme la mort : « Alors, lui dis-je d’une voix vibrante de colère, c’est au bout de 17 jours que vous rentrez d’une permission de 6 jours ? Est-ce que vous prenez ma batterie pour une compagnie de sapeurs-pompiers ? Vous allez prendre immédiatement votre paquetage et porter ce petit mot au lieutenant Lemasson ! » Lorson pâle comme un linge monte dans son grenier pour préparer ses affaires pendant que je rédige à Lemasson le petit mot suivant : « Je confie à votre vindicte le nommé Lorson rentrant au bout de 17 jours d’une permission de 6 jours. Je vous donne sur lui les droits de haute et basse justice. » Au bout de quelques instants Lorson reparaît son paquetage sur le dos et son vélo à la main. « Non non lui dis-je, posez-moi ce vélo et allez-vous-en à pied. » Lorson le front ruisselant de sueur, honteux et confus prend ainsi la route des Islettes avec tout son barda au milieu des quolibets de tout le cantonnement. Le soir je reçois un mot de Lemasson : « J’ai mis votre Lorson ce matin à la corvée de cantonnement. Je n’ai jamais vu personne d’aussi honteux ! Il se cachait derrière le tombereau à ordures pour n’être pas vu et échapper aux quolibets des fantassins ». Je ne crois pas avoir infligé pendant toute la campagne une punition ayant produit un tel effet.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 19 janvier, y compris toute l’anecdote Lorson, de la page 465 à la page 467 avant l’en-tête du 21 janvier. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0077 · p. 465 ; Tome II · AD084_0078 · p. 466 ; Tome II · AD084_0079 · p. 467.

PageWordLecture du manuscrit
465sur F4sur F.4
465au poste o.6au poste O.6
466nous pataugeronsnous pataugeons
466la Demi Lunela Demi-Lune
466Ces jours ciCes jours-ci
466a le droit à 3 jours de voyage pour aller à Menton et revenira droit à 3 jours de voyage pour aller et autant pour revenir
466en fin au bout de 17 joursenfin au bout de 17 jours
466le teint vermeille teint vermeille
466s apeurs-pompierssapeurs-pompiers
467posez ce véloposez-moi ce vélo
467allez vous enallez-vous-en
467Islettes ave toutIslettes avec tout
467personne de si honteuxpersonne d’aussi honteux
467pour ne pas être vupour n’être pas vu

15 liens de personnes : Cibles et ordre des liens conservés ; bornes recalées sur la lecture du manuscrit.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

19 janvier : A 6h50 un petit papier m’arrive du P.C.A. Il s’agit d’une mine que les allemands doivent faire sauter sur F4. Il faut que je me rende d’urgence au poste o.6 pour régler ma batterie et le 75. Je file donc immédiatement accompagné de Lacheret. Le temps est toujours horrible et nous pataugerons dans les boyaux jusqu’aux genoux. Malgré toute notre hâte le 75 a déjà réglé comme nous arrivons à la Demi Lune. Ce secteur est d’ailleurs infiniment moins marmité que celui de la Fille Morte ou de Bolante. Près du point où nous observons il y a sur le parados un mortier en bronze du temps de Louis Philippe qui sert à projeter des crapouillots sur les boches. Mon réglage est rapidement terminé et à 10 heures je suis de retour au Claon complètement trempé. Les boches ne font d’ailleurs sauter aucune mine et la journée s’achève tranquillement.

Ces jours ci j’ai avec mon cycliste Lorson une discussion orageuse. Il y a une quinzaine de jours Lorson était parti en permission et peu après son départ plusieurs hommes et moi-même reçûmes des cartes postales illustrées envoyées par le susdit voyageur : « Amitiés de Paris » « Bien le bonjour de Dijon » « Une cordiale poignée de mains de Lyon » « Meilleur souvenir de Marseille » « Salut de Menton » « C’est cela, me dis-je, ce brave Lorson est en train de faire son petit tour de France avec une permission de 6 jours ». Il est vrai que sa permission est pour Menton et qu’il a le droit à 3 jours de voyage pour aller à Menton et revenir. Au bout de 12 jours je guette donc mon Lorson mais comme sœur Anne je ne vois rien venir. Au bout de 15 jours rien, en fin au bout de 17 jours, comme je suis dans la salle à manger de notre maison du Claon, je vois venir vers moi mon Lorson la figure souriante, la barbe fleurie et le teint vermeil. Il est d’ailleurs immédiatement figé en apercevant ma mine sévère et dès mes premiers mots devient pâle comme la mort : « Alors, lui dis-je d’une voix vibrante de colère, c’est au bout de 17 jours que vous rentrez d’une permission de 6 jours ? Est-ce que vous prenez ma batterie pour une compagnie de s apeurs-pompiers ? Vous allez prendre immédiatement votre paquetage et porter ce petit mot au lieutenant Lemasson ! » Lorson pâle comme un linge monte dans son grenier pour préparer ses affaires pendant que je rédige à Lemasson le petit mot suivant : « Je confie à votre vindicte le nommé Lorson rentrant au bout de 17 jours d’une permission de 6 jours. Je vous donne sur lui les droits de haute et basse justice. » Au bout de quelques instants Lorson reparait son paquetage sur le dos et son vélo à la main. « Non non lui dis-je, posez ce vélo et allez vous en à pied. » Lorson le front ruisselant de sueur, honteux et confus prend ainsi la route des Islettes ave tout son barda au milieu des quolibets de tout le cantonnement. Le soir je reçois un mot de Lemasson : « J’ai mis votre Lorson ce matin à la corvée de cantonnement. Je n’ai jamais vu personne de si honteux ! Il se cachait derrière le tombereau à ordures pour ne pas être vu et échapper aux quolibets des fantassins ». Je ne crois pas avoir infligé pendant toute la campagne une punition ayant produit un tel effet.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0077 · p. 465 ; Tome II · AD084_0078 · p. 466 ; Tome II · AD084_0079 · p. 467
21 janvier 1916

21 janvier 1916 — conférence d’aviation et déjeuner avec les aviateurs

Comparé au manuscrit

21 janvier : Le temps qui était hier abominable s’est remis. J’en suis fort heureux car dans la matinée je suis convoqué à Clermont pour assister à une conférence sur l’aviation, conférence d’ailleurs fort intéressante et qui nous met un peu au courant des progrès accomplis dans cette cinquième arme. Je profite de cette conférence pour aller déjeuner chez les aviateurs avec Chavanne et Bachelier qui fait lui aussi partie de l’escadrille comme observateur. Il y a parmi ces aviateurs des types extraordinaires entre autres un danois nommé Poli-Krauss engagé volontaire au début de la guerre et qui fait chaque jour des prouesses. Cela ne l’empêche pas de casser du bois et de se casser lui-même. Il y a quelques mois il a fait une chute d’une gravité extrême où il s’est cassé un bras, une jambe, fracturé le crâne et crevé un œil. Cette dernière blessure le gêne beaucoup pour atterrir car elle lui enlève la perception du relief et par suite la sensation de la distance. Il en résulte que bien souvent il atterrit trop long ou trop court.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Première partie de l’entrée unique du 21 janvier, page 467, avant le retour au Claon (SEG-1916-0386). Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0079 · p. 467.

PageWordLecture du manuscrit
467Le temps qui hier était abominableLe temps qui était hier abominable
467je suis convoqué à une conférenceje suis convoqué à Clermont pour assister à une conférence
467Poli- Krauss ????Poli-Krauss
467Il ya quelques moisIl y a quelques mois
467un bras une jambeun bras, une jambe
467fracturé le cranefracturé le crâne
467le gène beaucouple gêne beaucoup
467la perception de reliefla perception du relief
467la sensation de distancela sensation de la distance

3 liens de personnes : Cibles et ordre des liens conservés ; bornes recalées sur la lecture du manuscrit.

Chavanne ; Poli-Krauss : Graphies du manuscrit conservées, sans déduction d’identité civile. Poli-Krauss garde sa cible de quarantaine Q16J-002 ; les quatre points d’interrogation éditoriaux du Word ne figurent pas sur l’autographe.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

21 janvier : Le temps qui hier était abominable s’est remis. J’en suis fort heureux car dans la matinée je suis convoqué à une conférence sur l’aviation, conférence d’ailleurs fort intéressante et qui nous met un peu au courant des progrès accomplis dans cette cinquième arme. Je profite de cette conférence pour aller déjeuner chez les aviateurs avec Chavanne et Bachelier qui fait lui aussi partie de l’escadrille comme observateur. Il y a parmi ces aviateurs des types extraordinaires entre autres un danois nommé Poli- Krauss ???? engagé volontaire au début de la guerre et qui fait chaque jour des prouesses. Cela ne l’empêche pas de casser du bois et de se casser lui-même. Il ya quelques mois il a fait une chute d’une gravité extrême où il s’est cassé un bras une jambe, fracturé le crane et crevé un œil. Cette dernière blessure le gène beaucoup pour atterrir car elle lui enlève la perception de relief et par suite la sensation de distance. Il en résulte que bien souvent il atterrit trop long ou trop court.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0079 · p. 467
21 janvier 1916

Photographie 355 — Au camp d’aviation de Clermont

Transcription Word · comparaison au manuscrit non attestée
Tome 2 · AD084_0079.jpg : 1 photographie, chacune cliquable

Cliquez ou touchez une photographie pour l’agrandir avec sa légende manuscrite, en sépia, sans retouche.

Le camp d’aviation de Clermont

Tome II · AD084_0079Page manuscrite 467
21 janvier 1916

21 janvier 1916 — bombardement du Claon et de la batterie

Comparé au manuscrit

En rentrant au Claon j’apprends que les Allemands n’ont pas été sages du tout. Ils ont bombardé le village et 4 obus de 150 sont tombés à quelques mètres de notre maison. Ils ont également tiré sur ma position de batterie et m’ont démoli à moitié mon abri à munitions.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Conclusion de la même entrée du 21 janvier, page 467 ; photographie 355 et ordre des segments conservés. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0079 · p. 467.

PageWordLecture du manuscrit
467m’ont démoli à moitié un abrim’ont démoli à moitié mon abri

0 liens de personnes : Cibles et ordre des liens conservés ; bornes recalées sur la lecture du manuscrit.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

En rentrant au Claon j’apprends que les allemands n’ont pas été sages du tout. Ils ont bombardé le village et 4 obus de 150 sont tombés à quelques mètres de notre maison. Ils ont également tiré sur ma position de batterie et m’ont démoli à moitié un abri à munitions.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0079 · p. 467
23 janvier 1916

23 janvier 1916 — sortie vers Moiremont et activité anti-aérienne

Comparé au manuscrit

23 janvier : Aujourd’hui le temps est absolument merveilleux et j’en profite pour aller dire bonjour à André Poupard à Moiremont. J’apprends d’ailleurs en chemin que son groupe est maintenant à Vieil-Dampierre, par conséquent beaucoup trop loin pour que je puisse aller le voir. Je fais donc demi-tour et en profite pour faire un tour à ma nouvelle position de 95 de la Fontaine Ferdinand. L’activité de l’aviation a été très grande aujourd’hui ce qui a provoqué une véritable débauche d’artillerie « anti aérienne » comme disent les communiqués du général Cadorna. Je crois d’ailleurs que ce sont les traducteurs qui lui font parler ce mauvais français ce qui confirme une fois de plus le proverbe italien : « Traduttore tradittore » ce qui veut dire : « Traducteur, traître ! »

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Première partie du 23 janvier, page 468, avant la photographie 356. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0080 · p. 468.

PageWordLecture du manuscrit
468a été grande aujourd’huia été très grande aujourd’hui
468italien : »Tradutorre tradittore »italien : « Traduttore tradittore »
468ce qui veut dire « traducteur, traitre ! »ce qui veut dire : « Traducteur, traître ! »

2 liens de personnes : Cibles, métadonnées et ordre conservés ; bornes recalées sur la lecture du manuscrit.

Traduttore tradittore : Lecture de la citation autographe, sans correction vers l’italien standard.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

23 janvier : Aujourd’hui le temps est absolument merveilleux et j’en profite pour aller dire bonjour à André Poupard à Moiremont. J’apprends d’ailleurs en chemin que son groupe est maintenant à Vieil-Dampierre, par conséquent beaucoup trop loin pour que je puisse aller le voir. Je fais donc demi-tour et en profite pour faire un tour à ma nouvelle position de 95 de la Fontaine Ferdinand. L’activité de l’aviation a été grande aujourd’hui ce qui a provoqué une véritable débauche d’artillerie « anti aérienne » comme disent les communiqués du général Cadorna. Je crois d’ailleurs que ce sont les traducteurs qui lui font parler ce mauvais français ce qui confirme une fois de plus le proverbe italien : »Tradutorre tradittore » ce qui veut dire « traducteur, traitre ! »

Comparaison directe · Tome II · AD084_0080 · p. 468
23 janvier 1916

Photographie 356 — Canon contre avion

Transcription Word · comparaison au manuscrit non attestée
Tome 2 · AD084_0080.jpg : 1 photographie, chacune cliquable

Cliquez ou touchez une photographie pour l’agrandir avec sa légende manuscrite, en sépia, sans retouche.

Canon contre avion

Tome II · AD084_0080Page manuscrite 468
23 janvier 1916

23 janvier 1916 — prisonnier égaré et journaux de propagande

Comparé au manuscrit

Il en est arrivé ces jours-ci une bien bonne dans le secteur : un boche rentrant de permission, les poches bourrées de « delikatessen » autrement dit « saucisson » s’est trompé de tranchée et est venu s’échouer dans les nôtres. Il a été naturellement reçu à bras ouverts par nos poilus et les « delikatessen » reçues à bouche ouverte. Il en est arrivé une autre non moins bonne. Depuis quelques temps nos aviateurs franchissent les lignes et vont jeter chez les Boches des journaux qui sont de deux sortes. Il y a d’abord des journaux en français qui s’adressent à la population civile française puis un autre journal en allemand orné en tête de l’aigle impérial et des couleurs allemandes et qui se nomme « die Feldpost » ou « journal des armées ». Par suite d’un fort vent du nord certains de ces journaux destinés aux Boches sont retombés chez nous et ont été pris pour de véritables journaux allemands. Comme leur contenu est évidemment peu favorable aux Boches et à leur cause on croyait trouver là une preuve indéniable du déplorable état moral en Allemagne. Les quotidiens se sont naturellement emparés de cette découverte et ont pondu là-dessus des tartines sensationnelles. Les aviateurs naturellement se sont fait des pintes de bon sang.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Deuxième partie du 23 janvier, de la colonne droite de la page 468 au début de la page 471, après les deux documents intercalés. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0080 · p. 468 ; Tome II · AD084_0083 · p. 471.

PageWordLecture du manuscrit
468ces jours cices jours-ci
468rentrant de permission les pochesrentrant de permission, les poches
468des journaux françaisdes journaux en français
468orné de la tète de l’aigleorné en tête de l’aigle
468Die feld postdie Feldpost
468Par suite d’un fort vent certainsPar suite d’un fort vent du nord certains
468pondu la dessuspondu là-dessus
471Les aviateurs se sont fait naturellementLes aviateurs naturellement se sont fait

0 liens de personnes : Cibles, métadonnées et ordre conservés ; bornes recalées sur la lecture du manuscrit.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

Il en est arrivé ces jours ci une bien bonne dans le secteur : un boche rentrant de permission les poches bourrées de « delikatessen » autrement dit « saucisson » s’est trompé de tranchée et est venu s’échouer dans les nôtres. Il a été naturellement reçu à bras ouverts par nos poilus et les « delikatessen » reçues à bouche ouverte. Il en est arrivé une autre non moins bonne. Depuis quelques temps nos aviateurs franchissent les lignes et vont jeter chez les boches des journaux qui sont de deux sortes. Il y a d’abord des journaux français qui s’adressent à la population civile française puis un autre journal en allemand orné de la tète de l’aigle impérial et des couleurs allemandes et qui se nomme « Die feld post » ou « journal des armées ». Par suite d’un fort vent certains de ces journaux destinés aux boches sont retombés chez nous et ont été pris pour de véritables journaux allemands. Comme leur contenu est évidemment peu favorable aux boches et à leur cause on croyait trouver là une preuve indéniable du déplorable état moral en Allemagne. Les quotidiens se sont naturellement emparés de cette découverte et ont pondu la dessus des tartines sensationnelles. Les aviateurs se sont fait naturellement des pintes de bon sang.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0080 · p. 468 ; Tome II · AD084_0083 · p. 471
23 janvier 1916

Die Feldpost — journal de propagande

Transcription Word · comparaison au manuscrit non attestée

Cet exemplaire porte la date de février 1916. Il accompagne ici le récit du 23 janvier.

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Die Feldpost — journal de propagande

WORD-T2-1-1916-01-23-01
23 janvier 1916

23 janvier 1916 — menus de propagande destinés aux tranchées allemandes

Comparé au manuscrit

D’une autre manière nous essayons encore d’atteindre le moral des troupes allemandes que nous savons fort mal nourries. Des prospectus contenant l’indication des menus les plus alléchants sont jetés chaque jour dans les tranchées allemandes.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Conclusion du 23 janvier, au début de la page 471 avant le titre du 24 janvier ; rattachement historique unique conservé. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0083 · p. 471.

PageWordLecture du manuscrit
471nous essayons d’atteindrenous essayons encore d’atteindre

0 liens de personnes : Cibles, métadonnées et ordre conservés ; bornes recalées sur la lecture du manuscrit.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

D’une autre manière nous essayons d’atteindre le moral des troupes allemandes que nous savons fort mal nourries. Des prospectus contenant l’indication des menus les plus alléchants sont jetés chaque jour dans les tranchées allemandes.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0083 · p. 471
23 janvier 1916

Menu de propagande destiné aux tranchées allemandes

Transcription Word · comparaison au manuscrit non attestée
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Menu de propagande destiné aux tranchées allemandes

WORD-T2-1-1916-01-23-01
24 janvier 1916

24 janvier 1916 — seconde conférence d’aviation

Comparé au manuscrit

24 janvier : Dans la matinée je vais à Clermont assister à une seconde conférence sur l’aviation, beaucoup moins intéressante d’ailleurs que la première. Le colonel Toupnot est dans l’assistance. Du plus loin qu’il me voit il m’interpelle : « Dites donc, Desaulle, cette fois c’est décidé, vous venez nous rejoindre ! » Je brûle de lui répondre que cette nouvelle ne me cause aucun plaisir.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 24 janvier, colonne gauche de la page 471. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0083 · p. 471.

PageWordLecture du manuscrit
471m’interpelle : »Dites doncm’interpelle : « Dites donc
471cette fois c’est décidé vouscette fois c’est décidé, vous
471Je bruleJe brûle

2 liens de personnes : Cibles, métadonnées et ordre conservés ; bornes recalées sur la lecture du manuscrit.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

24 janvier : Dans la matinée je vais à Clermont assister à une seconde conférence sur l’aviation, beaucoup moins intéressante d’ailleurs que la première. Le colonel Toupnot est dans l’assistance. Du plus loin qu’il me voit il m’interpelle : »Dites donc, Desaulle, cette fois c’est décidé vous venez nous rejoindre ! » Je brule de lui répondre que cette nouvelle ne me cause aucun plaisir.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0083 · p. 471
26 janvier 1916

26 janvier 1916 — mine de 16K et activité d’artillerie

Comparé au manuscrit

26 janvier : Hier au soir les Boches ont eu le mauvais goût de tirer sur le Claon. 5 obus sont tombés tout près du pont. Gadet étant parti en permission et Dumay étant allé faire un tour en avion à Clermont je vais retrouver Lemasson à la batterie. À 10 heures une mine saute à l’ouvrage 16K ce qui nous procure l’occasion de tirer deux douzaines de coups de canon. L’après-midi est d’ailleurs fort agité et le canon tonne violemment. Dans l’après-midi d’hier trois déserteurs lorrains se sont rendus à O.9.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 26 janvier, bas de la colonne gauche puis haut de la colonne droite de la page 471. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0083 · p. 471.

PageWordLecture du manuscrit
471mauvais goutmauvais goût
471all&éallé
471A 10 heuresÀ 10 heures
471après midiaprès-midi
471fort agitéefort agité

3 liens de personnes : Cibles, métadonnées et ordre conservés ; bornes recalées sur la lecture du manuscrit.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

26 janvier : Hier au soir les boches ont eu le mauvais gout de tirer sur le Claon. 5 obus sont tombés tout près du pont.

Gadet étant parti en permission et Dumay étant all&é faire un tour en avion à Clermont je vais retrouver Lemasson à la batterie. A 10 heures une mine saute à l’ouvrage 16K ce qui nous procure l’occasion de tirer deux douzaines de coups de canon. L’après midi est d’ailleurs fort agitée et le canon tonne violemment. Dans l’après midi d’hier trois déserteurs lorrains se sont rendus à O.9

Comparaison directe · Tome II · AD084_0083 · p. 471
27 janvier 1916

27 janvier 1916 — reconnaissance de l’entonnoir 16K et rappel d’Hirtzmann

Comparé au manuscrit

27 janvier : Le matin à 9 heures je reçois l’ordre d’aller au Nouveau Cottage m’entendre avec le colonel commandant le secteur relativement à un tir à exécuter. Je pars immédiatement mais en arrivant au ravin du Painetier je suis salué désagréablement par quelques 105. Au Nouveau Cottage je retrouve le colonel Chassot du 8e chasseurs à cheval qui m’explique la mission à remplir. Il s’agit de bouleverser l’entonnoir de mine 16K occupé par les Allemands. J’explique au colonel que cette mission est très délicate à remplir et que je risque de bouleverser autant nos propres tranchées que l’entonnoir lui-même. « Voilà, mon colonel, quels risques nous courrons à exécuter ce tir. Voyez de votre côté les avantages que vous pensez en tirer et dites-moi ce que je dois faire. » - « À mon avis, me répond le colonel, le jeu n’en vaut pas la chandelle et j’estime qu’il vaut mieux ne pas tirer. » Sur ce, comme il est assez tard, le colonel me retient à déjeuner. En revenant je suis encore salué à la Chalade par une bordée d’obus. Enfin vers 15 heures je suis de retour au cantonnement passablement mouillé et fatigué. Je me crois à peu près tranquille pour la soirée lorsqu’à 16 heures un planton de la brigade vient me dire que le général Hirtzmann m’attend. Allons bon ! Que me veut-il encore celui-là ! Je ne tarde pas à le savoir car, à peine suis-je arrivé, que le général me tombe dessus à bras raccourcis, son adjoint le capitaine Lambert arrive à la rescousse. Tous deux me reprochent avec véhémence de n’avoir pas tiré ! Le général se démène comme un diable dans un bénitier : « Comment ! Je vous envoie en ligne pour remplir une mission et vous ne la remplissez pas ! C’est inadmissible ! La situation est très grave. L’entonnoir de 16K domine nos lignes et il faut absolument le détruire. Vous avez manqué à votre devoir ! » Ce reproche me fait l’effet d’un coup de poing en pleine figure et, comme je n’aime pas m’entendre dire ces choses, je sens que la moutarde commence à me monter au nez. Je réponds au général d’une voix que la colère fait vibrer que j’ai été envoyé en reconnaissance non pas avec un ordre ferme de tir mais pour agir au mieux des circonstances. J’ai jugé qu’il y avait danger à tirer, le colonel Chassot a jugé que rien ne nécessitait de courir ce danger, d’où la conclusion que le tir n’aurait pas lieu. « Mais, me dit le général, on craint un coup de mains des Boches ! » - « Cela, mon général, je l’ignorais et il est probable que le colonel Chassot l’ignore aussi, quant à votre intention de me faire remonter là-haut ce soir, permettez-moi, mon colonel, de vous faire remarquer qu’il fait maintenant complètement nuit et que je ne pourrai rien faire. » Après entente avec la division il est décidé que je remonterai en ligne le lendemain matin.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 27 janvier, colonne droite de la page 471 puis page 472, jusqu’à la décision précédant le titre du 28 janvier. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0083 · p. 471 ; Tome II · AD084_0084 · p. 472.

PageWordLecture du manuscrit
471Je par immédiatementJe pars immédiatement
4718^(ème) chasseurs8e chasseurs
471dites moidites-moi
471« A mon avis« À mon avis
471comme il est assez tard le colonelcomme il est assez tard, le colonel
472celui làcelui-là
472Tous me reprochentTous deux me reprochent
472je sens la moutarde commencerje sens que la moutarde commence
472le tir n’arrivait pas bienle tir n’aurait pas lieu
472un coup de main des bochesun coup de mains des boches
472là hautlà-haut
472permettez moi, mon généralpermettez-moi, mon colonel
472qu’il fait complètement nuitqu’il fait maintenant complètement nuit

5 liens de personnes : Cibles, métadonnées et ordre conservés ; bornes recalées sur la lecture du manuscrit.

un coup de mains ; permettez-moi, mon colonel : Formes autographes conservées, y compris l’adresse « mon colonel » au sein de cet échange avec le général.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

27 janvier : Le matin à 9 heures je reçois l’ordre d’aller au Nouveau Cottage m’entendre avec le colonel commandant le secteur relativement à un tir à exécuter. Je par immédiatement mais en arrivant au ravin du Painetier je suis salué désagréablement par quelques 105. Au Nouveau Cottage je retrouve le colonel Chassot du 8^(ème) chasseurs à cheval qui m’explique la mission à remplir. Il s’agit de bouleverser l’entonnoir de mine 16K occupé par les allemands. J’explique au colonel que cette mission est très délicate à remplir et que je risque de bouleverser autant nos propres tranchées que l’entonnoir lui-même. « Voilà, mon colonel, quels risques nous courrons à exécuter ce tir. Voyez de votre côté les avantages que vous pensez en tirer et dites moi ce que je dois faire. » - « A mon avis, me répond le colonel, le jeu n’en vaut pas la chandelle et j’estime qu’il vaut mieux ne pas tirer. » Sur ce, comme il est assez tard le colonel me retient à déjeuner. En revenant je suis encore salué à la Chalade par une bordée d’obus. Enfin vers 15 heures je suis de retour au cantonnement passablement mouillé et fatigué. Je me crois à peu près tranquille pour la soirée lorsqu’à 16 heures un planton de la brigade vient me dire que le général Hirtzmann m’attend. Allons bon ! Que me veut-il encore celui là ! Je ne tarde pas à le savoir car, à peine suis-je arrivé, que le général me tombe dessus à bras raccourcis, son adjoint le capitaine Lambert arrive à la rescousse. Tous me reprochent avec véhémence de n’avoir pas tiré ! Le général se démène comme un diable dans un bénitier : « Comment ! Je vous envoie en ligne pour remplir une mission et vous ne la remplissez pas ! C’est inadmissible ! La situation est très grave. L’entonnoir de 16K domine nos lignes et il faut absolument le détruire. Vous avez manqué à votre devoir ! » Ce reproche me fait l’effet d’un coup de poing en pleine figure et, comme je n’aime pas m’entendre dire ces choses, je sens la moutarde commencer à me monter au nez. Je réponds au général d’une voix que la colère fait vibrer que j’ai été envoyé en reconnaissance non pas avec un ordre ferme de tir mais pour agir au mieux des circonstances. J’ai jugé qu’il y avait danger à tirer, le colonel Chassot a jugé que rien ne nécessitait de courir ce danger, d’où la conclusion que le tir n’arrivait pas bien. « Mais, me dit le général, on craint un coup de main des boches ! » - « Cela, mon général, je l’ignorais et il est probable que le colonel Chassot l’ignore aussi, quant à votre intention de me faire remonter là haut ce soir, permettez moi, mon général, de vous faire remarquer qu’il fait complètement nuit et que je ne pourrai rien faire. » Après entente avec la division il est décidé que je remonterai en ligne le lendemain matin.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0083 · p. 471 ; Tome II · AD084_0084 · p. 472
28 janvier 1916

28 janvier 1916 — retour au Nouveau Cottage et reconnaissance vers 16K

Comparé au manuscrit

28 janvier : À 5 heures du matin je suis debout et à 5h45 nous partons, Lacheret et moi, par une nuit fort noire. À 6h40 je suis de nouveau au Cottage où je retrouve le colonel Chassot auquel je raconte ma mésaventure de la veille et les craintes du général Hirtzmann. « Le commandant Chambourdon a exagéré, me dit le colonel, car c’est lui qui a fait le rapport en question. La situation est calme et je persiste à penser qu’il n’y a pas lieu de faire le tir. Cependant il vaut mieux attendre l’arrivée du colonel Ardouin du 131e qui vient me relever ce matin ». Le colonel Ardouin ne devant arriver qu’à 9h30 je me décide à aller voir moi-même l’entonnoir. J’enfile donc le boyau, dégringole dans les Courtes Chausses et remonte au centre O.2 sur la route Marchand où je trouve le colonel Chambourdon.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Début du 28 janvier, depuis son en-tête page 472 jusqu’à la rencontre de Chambourdon page 473. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0084 · p. 472 ; Tome II · AD084_0085 · p. 473.

PageWordLecture du manuscrit
472A 5 heuresÀ 5 heures
472A 6h40À 6h40
473131^(ème)131e
473aller voir de moi-mêmealler voir moi-même

7 liens de personnes : Cibles, métadonnées et ordre conservés ; bornes recalées sur le manuscrit.

le colonel Chambourdon : Grade conservé tel qu’écrit ici, distinct de « commandant » quelques lignes plus haut ; aucune correction militaire déduite.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

28 janvier : A 5 heures du matin je suis debout et à 5h45 nous partons, Lacheret et moi, par une nuit fort noire. A 6h40 je suis de nouveau au Cottage où je retrouve le colonel Chassot auquel je raconte ma mésaventure de la veille et les craintes du général Hirtzmann. « Le commandant Chambourdon a exagéré, me dit le colonel, car c’est lui qui a fait le rapport en question. La situation est calme et je persiste à penser qu’il n’y a pas lieu de faire le tir. Cependant il vaut mieux attendre l’arrivée du colonel Ardouin du 131^(ème) qui vient me relever ce matin ». Le colonel Ardouin ne devant arriver qu’à 9h30 je me décide à aller voir de moi-même l’entonnoir. J’enfile donc le boyau, dégringole dans les Courtes Chausses et remonte au centre O.2 sur la route Marchand où je trouve le colonel Chambourdon.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0084 · p. 472 ; Tome II · AD084_0085 · p. 473
28 janvier 1916

28 janvier 1916 — tir sur l’entonnoir et bombardement des Courtes Chausses

Comparé au manuscrit

Je trouve aussi là le sous-lieutenant de l’artillerie de campagne qui me mène en première ligne vers 16L par le boyau de Coudainville puis nous revenons vers 16K. Il n’est pas douteux que l’entonnoir de mine est fort gênant. Il domine le secteur et en particulier enfile le boyau dit du Cottage ouest. Un sergent de chasseurs à pied y a été tué ce matin. Ce sont en effet des chasseurs à pied du 66e bataillon qui occupent ce secteur et c’est peut-être pour cela que les Boches se tiennent tranquilles. J’examine avec attention l’entonnoir qui mesure une quarantaine de mètres de diamètre et qui a emporté une partie de notre première ligne puis je vais me documenter auprès du commandant de compagnie qui me renvoie au commandant de bataillon au Centre 1. Je ne trouve à cet endroit que le capitaine commandant provisoirement le bataillon et qui, lui, est d’avis qu’il faut agir. Il est maintenant près de 9 heures et je pense que le colonel Ardouin ne doit pas tarder à arriver au Nouveau Cottage. Je redégringole donc par le boyau dans le fond des Courtes Chausses et dans le boyau qui escalade la pente opposée je rencontre le commandant Leclerc du 66e bataillon. Un homme tout rond et jovial comme un vrai chasseur à pied. En quelques mots je le mets au courant de la situation puis je me hâte vers le Nouveau Cottage où je rencontre enfin le colonel Ardouin : six pieds de haut, sec comme un échalas et le monocle vissé à l’œil, surnommé par ses poilus Acha Acha ! à cause de l’habitude qu’il a de dire à tous propos : « ah çà, ah çà ! » avec un peu d’accent auvergnat. Pour la nième fois je recommence mon petit boniment : le colonel Chassot qui n’a plus maintenant que voix consultative est d’avis de ne rien faire mais le colonel Ardouin qui a maintenant voix délibérante est d’avis qu’il faut agir. Nous allons donc agir mais il faut pour cela le consentement de la division. Nous lui téléphonons mais comme le grand maître des munitions le capitaine Langlois est absent on me prie d’attendre un moment. Sur ces entrefaites le général Hallouin commandant le corps d’armée arrive et accapare le colonel Ardouin. Las d’attendre j’interromps la conversation de ces messieurs en annonçant au colonel Ardouin que je n’ai pu encore obtenir l’allocation de munitions nécessaire. Pour la N + unième fois je suis obligé de recommencer au général Hallouin ma petite histoire : -« Combien d’obus vous faut-il pour faire ce tir ? » me demande le général. « Quatre-vingt au maximum. – Eh bien prenez-les et faites vite ! » Je me dispose à exécuter cet ordre lorsqu’on me rappelle au téléphone : le général Caré commandant la division n’est pas d’avis de faire le tir. Il est bien obligé cependant de s’incliner devant l’ordre du commandant du corps d’armée dont je lui fais part. Me voici donc en possession d’un ordre ferme et je vais pouvoir agir mais je suis déjà horriblement fatigué par toutes ces allées et venues dans les boyaux. De plus je commence à avoir très faim car depuis ce matin 5h30 je n’ai pas pris grand-chose. Au poste O.1 où j’arrive il y a heureusement table ouverte et quelle table ! Imaginez une sape mesurant environ 2,50 mètres au carré et 1,80 de hauteur dans laquelle on descend par un escalier à se rompre le cou. Dans cette sape à 6 mètres sous terre 10 officiers et un poêle ! La chaleur est étouffante, le menu est sommaire mais quelle gaieté ! Il y a là le commandant Leclerc et son capitaine adjoint, le médecin major du bataillon, le lieutenant de L’Éprevier du 45e et plusieurs autres officiers. Chacun se pousse un peu pour me faire une petite place que je m’empresse d’accepter, mais quelle chaleur horrible ! La gaieté aidant je me sens bientôt comme une chaudière et j’ai hâte d’aller respirer un peu au dehors, malheureusement le moment n’est pas favorable car vers midi 30 les Boches se mettent à envoyer dans notre coin un nombre considérable de minen. Vers 13h45, la situation s’étant un peu calmée, je pars pour exécuter mon tir qui, d’après les ordres reçus, doit commencer vers 14 heures. Je remonte donc en première ligne voir le commandant de la compagnie devant laquelle le tir doit avoir lieu pour lui demander de faire évacuer la première ligne dans laquelle mes obus vont sûrement tomber. Je vais établir mon poste d’observation au nord de 16L c’est-à-dire assez latéralement. Au cas peu probable où les Allemands profiteraient de l’évacuation de notre première ligne pour tenter quelque mauvais coup, une mitrailleuse est mise en position derrière moi et arrose le paysage. Les balles passent en sifflant au-dessus de ma tête et je ne pense pas que les Boches essaient de montrer le bout de leur nez. Le tir commence dans de bonnes conditions et est assez rapidement exécuté. En trente minutes 41 obus allongés tombent dans les environs de l’entonnoir mais malheureusement quelques-uns tombent aussi dans nos lignes. Les allemands ne tardent pas à riposter et, comme à la fin de mon tir, les obus boches tombent principalement dans le boyau central nous nous décidons à rentrer par celui de Coudainville et O.2 où je vois le commandant du centre 2. Je retourne ensuite au Centre 1 rendre compte au commandant Leclerc de ma mission. Les Boches étant devenus un peu plus sages nous nous décidons L’Éprevier et moi à remonter en ligne pour examiner l’entonnoir. Quelques minen dits « casques boches » tombent encore et éclatent avec fracas. Accompagnés du commandant de compagnie nous montons en première ligne examiner de près ce fameux entonnoir qui ne paraît pas très bouleversé, mon tir ayant été un peu trop à droite, mais étant donné le bouleversement de nos tranchées je crois inutile de continuer l’expérience et me dispose à rentrer. Les minen continuent de tomber autour de nous. L’Éprevier et moi, le nez en l’air, guettons ces oiseaux de malheur. Tout à coup j’en aperçois un monter lentement en l’air et après avoir hésité retomber dans notre direction. Je saisis L’Éprevier par le bras : « Mon vieux, celui-là est pour nous. Nous sommes foutus ! » Aplatis contre le parados de la tranchée nous écoutons sans respirer le ronflement qui se rapproche puis un claquement : le minen est tombé sur le parapet derrière nous. Une ou deux secondes s’écoulent qui nous paraissent interminables puis le minen éclate avec un craquement affreux et une âcre odeur nous prend à la gorge. Décidément il n’a pas dû tomber loin. Comme nous sommes tout près de la sape du commandant de compagnie nous nous y précipitons en prévision d’une autre arrivée de minen. À peine avons-nous descendu les premières marches de la sape que la poussière nous suffoque. Dans l’obscurité profonde qui règne, des cris mêlés de jurons, de rires, de bruits de tables renversées arrivent jusqu’à nous. Nous continuons notre descente avec un sage lenteur, enfin un briquet jaillit, puis une chandelle s’allume et nous nous trouvons dans le plus pittoresque bouleversement qu’on peut imaginer et dont nous avons bientôt l’explication. Le minen de tout à l’heure est tombé sur la sape où nous sommes en ce moment éteignant les lumières, bouleversant le mobilier, renversant les occupants les quatre fers en l’air et déversant sur le tout des brouettées de terre. Après avoir bien toussé et bien craché le commandant de compagnie peut remettre enfin un peu d’ordre dans son matériel et m’offrir un verre de vin que j’accepte avec plaisir. Mais il commence à faire nuit et je n’ai que le temps de redescendre à O.1 rendre compte au commandant de ma mission. Les Boches ne tirent d’ailleurs plus mais leur tir de tout à l’heure a fait quelques dégâts. Un minen de 150 a enterré un artilleur avec sa pièce de 58. Mes comptes rendus ne sont d’ailleurs pas terminés : il me faut encore passer au Nouveau Cottage puis au Claon chez le général Hirtzmann qui me reçoit mieux que la veille. À 19 heures je suis enfin à la maison, mais je ne me sens pas le courage d’aller rendre compte au commandant Charles : le téléphone m’épargne ce nouveau déplacement.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Suite complète du 28 janvier, de la rencontre du sous-lieutenant à l’appel téléphonique au commandant Charles, avant le 29 janvier ; les planches 0087 et 0088 sont intercalées entre les pages 474 et 477. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0085 · p. 473 ; Tome II · AD084_0086 · p. 474 ; Tome II · AD084_0089 · p. 477 ; Tome II · AD084_0090 · p. 478.

PageWordLecture du manuscrit
473sous lieutenantsous-lieutenant
473CondainvilleCoudainville
473en particulier le boyauen particulier enfile le boyau
47366^(ème)66e
473quarantaine de mètres etquarantaine de mètres de diamètre et
473le bataillon et qui est d’avis, lui, qu’il faut agirle bataillon et qui, lui, est d’avis qu’il faut agir
473Je re dégringoleJe redégringole
473me hâte ver le Nouveau Cottageme hâte vers le Nouveau Cottage
473Pour la Nième foisPour la nième fois
473grand maitregrand maître
474Quatre vingt au maximum. – Et bien prenez lesQuatre-vingt au maximum. – Eh bien prenez-les
47445^(ème)45e
474car vers midi les bochescar vers midi 30 les boches
474Vers 13h15Vers 13h45
477surement tombersûrement tomber
477c'est-à-direc’est-à-dire
477au dessusau-dessus
477quelques unsquelques-uns
477en première ligne examiner ce fameux entonnoir qui ne parait pas bouleverséen première ligne examiner de près ce fameux entonnoir qui ne paraît pas très bouleversé
477monter en l’air lentementmonter lentement en l’air
477Je sais L’ÉprevierJe saisis L’Éprevier
477celui làcelui-là
477puis le mini éclatepuis le minen éclate
477une acre odeurune âcre odeur
477il n’a pas du tomberil n’a pas dû tomber
478A peineÀ peine
478de jurons de riresde jurons, de rires
478avec une sage lenteuravec un sage lenteur
478et renversant sur le toutet déversant sur le tout
478bien toussé et crachébien toussé et bien craché
478peut enfin remettrepeut remettre enfin
478A 19 heuresÀ 19 heures

18 liens de personnes : Cibles, métadonnées et ordre conservés ; bornes recalées sur le manuscrit.

80 obus au maximum ; 41 obus tirés ; un sage lenteur : Quantités distinctes et accord autographe conservés. La graphie typographique L’Éprevier conserve ses quatre cibles P16J-021, sans recherche ni identification civile nouvelle.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

Je trouve aussi là le sous lieutenant de l’artillerie de campagne qui me mène en première ligne vers 16L par le boyau de Condainville puis nous revenons vers 16K. Il n’est pas douteux que l’entonnoir de mine est fort gênant. Il domine le secteur et en particulier le boyau dit du Cottage ouest. Un sergent de chasseurs à pied y a été tué ce matin. Ce sont en effet des chasseurs à pied du 66^(ème) bataillon qui occupent ce secteur et c’est peut-être pour cela que les boches se tiennent tranquilles. J’examine avec attention l’entonnoir qui mesure une quarantaine de mètres et qui a emporté une partie de notre première ligne puis je vais me documenter auprès du commandant de compagnie qui me renvoie au commandant de bataillon au Centre 1. Je ne trouve à cet endroit que le capitaine commandant provisoirement le bataillon et qui est d’avis, lui, qu’il faut agir. Il est maintenant près de 9 heures et je pense que le colonel Ardouin ne doit pas tarder à arriver au Nouveau Cottage. Je re dégringole donc par le boyau dans le fond des Courtes Chausses et dans le boyau qui escalade la pente opposée je rencontre le commandant Leclerc du 66^(ème) bataillon. Un homme tout rond et jovial comme un vrai chasseur à pied. En quelques mots je le mets au courant de la situation puis je me hâte ver le Nouveau Cottage où je rencontre enfin le colonel Ardouin : six pieds de haut, sec comme un échalas et le monocle vissé à l’œil, surnommé par ses poilus Acha Acha ! à cause de l’habitude qu’il a de dire à tous propos : « ah çà, ah çà ! » avec un peu d’accent auvergnat. Pour la Nième fois je recommence mon petit boniment : le colonel Chassot qui n’a plus maintenant que voix consultative est d’avis de ne rien faire mais le colonel Ardouin qui a maintenant voix délibérante est d’avis qu’il faut agir. Nous allons donc agir mais il faut pour cela le consentement de la division. Nous lui téléphonons mais comme le grand maitre des munitions le capitaine Langlois est absent on me prie d’attendre un moment. Sur ces entrefaites le général Hallouin commandant le corps d’armée arrive et accapare le colonel Ardouin. Las d’attendre j’interromps la conversation de ces messieurs en annonçant au colonel Ardouin que je n’ai pu encore obtenir l’allocation de munitions nécessaire. Pour la N + unième fois je suis obligé de recommencer au général Hallouin ma petite histoire : -« Combien d’obus vous faut-il pour faire ce tir ? » me demande le général. « Quatre vingt au maximum. – Et bien prenez les et faites vite ! » Je me dispose à exécuter cet ordre lorsqu’on me rappelle au téléphone : le général Caré commandant la division n’est pas d’avis de faire le tir. Il est bien obligé cependant de s’incliner devant l’ordre du commandant du corps d’armée dont je lui fais part. Me voici donc en possession d’un ordre ferme et je vais pouvoir agir mais je suis déjà horriblement fatigué par toutes ces allées et venues dans les boyaux. De plus je commence à avoir très faim car depuis ce matin 5h30 je n’ai pas pris grand-chose. Au poste O.1 où j’arrive il y a heureusement table ouverte et quelle table ! Imaginez une sape mesurant environ 2,50 mètres au carré et 1,80 de hauteur dans laquelle on descend par un escalier à se rompre le cou. Dans cette sape à 6 mètres sous terre 10 officiers et un poêle ! La chaleur est étouffante, le menu est sommaire mais quelle gaieté ! Il y a là le commandant Leclerc et son capitaine adjoint, le médecin major du bataillon, le lieutenant de L’Éprevier du 45^(ème) et plusieurs autres officiers. Chacun se pousse un peu pour me faire une petite place que je m’empresse d’accepter, mais quelle chaleur horrible ! La gaieté aidant je me sens bientôt comme une chaudière et j’ai hâte d’aller respirer un peu au dehors, malheureusement le moment n’est pas favorable car vers midi les boches se mettent à envoyer dans notre coin un nombre considérable de minen. Vers 13h15, la situation s’étant un peu calmée, je pars pour exécuter mon tir qui, d’après les ordres reçus, doit commencer vers 14 heures. Je remonte donc en première ligne voir le commandant de la compagnie devant laquelle le tir doit avoir lieu pour lui demander de faire évacuer la première ligne dans laquelle mes obus vont surement tomber. Je vais établir mon poste d’observation au nord de 16L c'est-à-dire assez latéralement. Au cas peu probable où les allemands profiteraient de l’évacuation de notre première ligne pour tenter quelque mauvais coup, une mitrailleuse est mise en position derrière moi et arrose le paysage. Les balles passent en sifflant au dessus de ma tête et je ne pense pas que les boches essaient de montrer le bout de leur nez. Le tir commence dans de bonnes conditions et est assez rapidement exécuté. En trente minutes 41 obus allongés tombent dans les environs de l’entonnoir mais malheureusement quelques uns tombent aussi dans nos lignes. Les allemands ne tardent pas à riposter et, comme à la fin de mon tir, les obus boches tombent principalement dans le boyau central nous nous décidons à rentrer par celui de Condainville et O.2 où je vois le commandant du centre 2. Je retourne ensuite au Centre 1 rendre compte au commandant Leclerc de ma mission. Les boches étant devenus un peu plus sages nous nous décidons L’Éprevier et moi à remonter en ligne pour examiner l’entonnoir. Quelques minen dits « casques boches » tombent encore et éclatent avec fracas. Accompagnés du commandant de compagnie nous montons en première ligne examiner ce fameux entonnoir qui ne parait pas bouleversé, mon tir ayant été un peu trop à droite, mais étant donné le bouleversement de nos tranchées je crois inutile de continuer l’expérience et me dispose à rentrer. Les minen continuent de tomber autour de nous. L’Éprevier et moi, le nez en l’air, guettons ces oiseaux de malheur. Tout à coup j’en aperçois un monter en l’air lentement et après avoir hésité retomber dans notre direction. Je sais L’Éprevier par le bras : « Mon vieux, celui là est pour nous. Nous sommes foutus ! » Aplatis contre le parados de la tranchée nous écoutons sans respirer le ronflement qui se rapproche puis un claquement : le minen est tombé sur le parapet derrière nous. Une ou deux secondes s’écoulent qui nous paraissent interminables puis le mini éclate avec un craquement affreux et une acre odeur nous prend à la gorge. Décidément il n’a pas du tomber loin. Comme nous sommes tout près de la sape du commandant de compagnie nous nous y précipitons en prévision d’une autre arrivée de minen. A peine avons-nous descendu les premières marches de la sape que la poussière nous suffoque. Dans l’obscurité profonde qui règne, des cris mêlés de jurons de rires, de bruits de tables renversées arrivent jusqu’à nous. Nous continuons notre descente avec une sage lenteur, enfin un briquet jaillit, puis une chandelle s’allume et nous nous trouvons dans le plus pittoresque bouleversement qu’on peut imaginer et dont nous avons bientôt l’explication. Le minen de tout à l’heure est tombé sur la sape où nous sommes en ce moment éteignant les lumières, bouleversant le mobilier, renversant les occupants les quatre fers en l’air et renversant sur le tout des brouettées de terre. Après avoir bien toussé et craché le commandant de compagnie peut enfin remettre un peu d’ordre dans son matériel et m’offrir un verre de vin que j’accepte avec plaisir. Mais il commence à faire nuit et je n’ai que le temps de redescendre à O.1 rendre compte au commandant de ma mission. Les boches ne tirent d’ailleurs plus mais leur tir de tout à l’heure a fait quelques dégâts. Un minen de 150 a enterré un artilleur avec sa pièce de 58. Mes comptes rendus ne sont d’ailleurs pas terminés : il me faut encore passer au Nouveau Cottage puis au Claon chez le général Hirtzmann qui me reçoit mieux que la veille. A 19 heures je suis enfin à la maison, mais je ne me sens pas le courage d’aller rendre compte au commandant Charles : le téléphone m’épargne ce nouveau déplacement

Comparaison directe · Tome II · AD084_0085 · p. 473 ; Tome II · AD084_0086 · p. 474 ; Tome II · AD084_0089 · p. 477 ; Tome II · AD084_0090 · p. 478
28 janvier 1916

Photographie 357 — Dans le ravin de Courtes Chaussées

Transcription Word · comparaison au manuscrit non attestée
Tome 2 · AD084_0087.jpg : 3 photographies, chacune cliquable

Cliquez ou touchez une photographie pour l’agrandir avec sa légende manuscrite, en sépia, sans retouche.

Le lieutenant Desaulle au ravin des Courtes Chausses

Tome II · AD084_0087
28 janvier 1916

Photographie 358 — Dans le ravin de Courtes Chaussées — Le dépôt de munitions explosé

Transcription Word · comparaison au manuscrit non attestée

Le dépôt de munitions détruit du ravin des Courtes Chausses

Tome II · AD084_0087
28 janvier 1916

Photographie 359 — Le Nouveau Cottage

Transcription Word · comparaison au manuscrit non attestée

Le Nouveau Cottage

Tome II · AD084_0087
28 janvier 1916

Carte du secteur — 28 janvier 1916

Transcription Word · comparaison au manuscrit non attestée
Cliquez ou touchez la carte pour l’agrandir.

Fiche de la carte · source et passages associés →

Carte du secteur — 28 janvier 1916

WORD-T2-1-1916-01-28-01
29 janvier 1916

29 janvier 1916 — compte rendu au commandant Charles

Comparé au manuscrit

29 janvier : Le matin je vais voir le commandant Charles au P.C.A. et je lui raconte en détails mon histoire des deux jours précédents. J’apprends en même temps que le colonel Rollet n’est pas content de moi parce que j’ai agi sans ordre de lui ! Décidément je n’ai pas de chance.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 29 janvier, page 478. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0090 · p. 478.

PageWordLecture du manuscrit

2 liens de personnes : Cibles, métadonnées et ordre conservés ; bornes recalées sur le manuscrit.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

29 janvier : Le matin je vais voir le commandant Charles au P.C.A. et je lui raconte en détails mon histoire des deux jours précédents. J’apprends en même temps que le colonel Rollet n’est pas content de moi parce que j’ai agi sans ordre de lui ! Décidément je n’ai pas de chance.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0090 · p. 478
31 janvier 1916

31 janvier 1916 — arrivée du groupe Achard et commandement maintenu de fait

Comparé au manuscrit

31 janvier : Pour renforcer le secteur le 8e groupe du 107e RAL vient se mettre en position devant nous et le capitaine Achard commandant l’une des batteries du groupe prend le commandement de l’A.L. 125. Je suis donc en principe déchu de mes hautes fonctions, mais en fait, il n’en est rien car le capitaine Achard qui ne connaît pas le secteur se repose sur moi du soin de commander le groupement.

Comparaison avec le manuscrit · corrections et réserves

Entrée complète du 31 janvier, fin de la page 478 puis début de la page 481, avant le 2 février ; planche 0091 et carte 21 intercalées. Ponctuation, accents et coupures de ligne sont adaptés à la lecture continue.

Tome II · AD084_0090 · p. 478 ; Tome II · AD084_0093 · p. 481.

PageWordLecture du manuscrit
4788^(ème)8e
478107^(ème) RAL107e RAL
478en fazit, il n’en n’est rienen fait, il n’en est rien
481connaitconnaît

2 liens de personnes : Cibles, métadonnées et ordre conservés ; bornes recalées sur le manuscrit.

Cette vérification concerne uniquement cette entrée ; elle ne vaut pas validation des autres passages.

Texte Word conservé pour comparaison

31 janvier : Pour renforcer le secteur le 8^(ème) groupe du 107^(ème) RAL vient se mettre en position devant nous et le capitaine Achard commandant l’une des batteries du groupe prend le commandement de l’A.L. 125. Je suis donc en principe déchu de mes hautes fonctions, mais en fazit, il n’en n’est rien car le capitaine Achard qui ne connait pas le secteur se repose sur moi du soin de commander le groupement.

Comparaison directe · Tome II · AD084_0090 · p. 478 ; Tome II · AD084_0093 · p. 481

Photographies 360–363 · Tome II · AD084_0091

Tome 2 · AD084_0091.jpg : 4 photographies, chacune cliquable

Cliquez ou touchez une photographie pour l’agrandir avec sa légende manuscrite, en sépia, sans retouche.

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