7 février. — Le matin Plantade apprend qu’il est nommé capitaine, ce dont nous le félicitons bien vivement. Pour l’instant il va rester à la batterie car il n’y a pas de poste vacant pour lui.
Aujourd’hui je prends connaissance de rapports fort intéressants sur les interrogatoires de prisonniers allemands qui sont 4 polonais pris il y a 15 jours devant nous par le 331e, le westphalien pris par le 31e et 4 aviateurs montant 2 avions dont l’un a atterri à Bar le Duc et l’autre à Châlons. Étant en reconnaissance dans nos lignes ces deux avions boches ont eu leur retraite coupée par deux avions français. Le premier a pensé rentrer chez lui par St Mihiel et le second en faisant un détour par la Champagne, malheureusement pour eux, le vent est en plein nord, leurs moteurs ne sont plus assez forts et ils manquent d’essence. Nous les capturons donc aisément. L’interrogatoire de ces 4 aviateurs allemands est intéressant. Ils manifestent leur étonnement de voir la quantité d’artillerie lourde que nous avons en ce moment en ligne alors que nous n’avions rien au début de la campagne. On a en effet amené sur le front toutes les pièces de forteresse de l’intérieur et en particulier dans notre secteur on a pu mettre en batterie une partie des 700 pièces de canons rassemblées dans la place de Verdun. Le reste du front est équipé avec des canons venant de Toul, Épinal, Belfort. On en ramène aussi de Toulon, d’Alger et même des colonies. Cette artillerie, relativement bien approvisionnée en munitions est très active et les Boches s’en aperçoivent. Ce qui les étonne aussi c’est la justesse « fabuleuse » de nos tirs. Le mot est textuel. Le bulletin de renseignement nous informe que nous avons devant nous le 16e corps de Metz comprenant le Metzger Régiment, les 30e, 98e, 130e et 135e Régiment d’infanterie et le 29e pionniers.