bois des 3 Cornes lorsque j’aperçois dans la paroi du boyau l’entrée d’une sape surmontée d’une pancarte « P.C. K1 ». Nous sommes arrivés. C’est là qu’est établi le poste de commandement du capitaine Petrus, commandant le 1er groupe d’artillerie de campagne d’Afrique. Le capitaine Petrus me reçoit fort aimablement au fond de sa sape et me confie à l’un de ses lieutenants pour la reconnaissance du secteur. Sans perdre de temps nous descendons dans le ravin des 3 Cornes que nous remontons ensuite vers l’est. Ce ravin offre bien le plus triste spectacle qu’on peut voir. Le fond du ravin est une piste impraticable rejoignant la route de Bras à Verdun au carrefour de la Folie. Un cimetière horriblement bouleversé occupe une partie du ravin dont le flanc nord est occupé sur une longueur de 200 ou 300 mètres par ce qu’on appelle le camp M.F.6. C’est un amoncellement de sapes, de trous, de cagnas, de guitounes de l’aspect le plus varié ; tout cela passablement bouleversé. À 200 mètres de l’extrémité du camp un boyau coupe le ravin : c’est le boyau des Cournettes le long duquel est installée la batterie du capitaine Cabrol. C’est dans cette région que je dois rechercher un emplacement de batterie. Naturellement, du bois des 3 Cornes il ne reste pas la moindre trace.
Le terrain en avant du boyau des Cournettes jusqu’au sommet de la crête qui est celle de Thiaumont est affreusement bouleversé. Le boyau des Cournettes a marqué en effet la limite de l’avance maximum des Allemands. On a dû se battre là furieusement. Dans ce terrain bouleversé il me paraît impossible de s’établir. Les Boches se mettent à tirer quelques obus aussi, interrompant pour un instant notre reconnaissance nous nous abritons dans le boyau. Le tir s’étant calmé je pousse cependant, par acquit de conscience, ma reconnaissance vers Thiaumont, mais les trous d’obus sont les uns dans les autres et on ne peut songer établir là une batterie, à moins d’exécuter au préalable des travaux au dessus de nos moyens.
Il faut donc s’établir en deçà du boyau des Cournettes mais là c’est le camp d’infanterie ou les cagnas des artilleurs : il n’y a pas moyen de se placer. Le flanc sud du ravin est impraticable et d’ailleurs en pleine vue de la côte du Talou. Il est impossible de se mettre à la droite de la batterie de 75 car la pente du ravin est trop