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MÉMOIRES · 1916

Novembre 1916

48 passages narratifs ou documents associés, dans l’ordre du manuscrit.

1 novembre 1916

1 novembre 1916 — réglage depuis le fort de Tavanne et rencontre de Champsavin

Source : manuscrit

1er novembre. — Dans l’après midi je remonte au fort de Tavanne effectuer un réglage sur la région d’Hardaumont. Je profite de cette occasion pour me présenter au commandant de Champsavin qui commande le fort depuis de longs mois. Il a pu assister ainsi aux premières loges à la bataille de Verdun. Atteint très sérieusement par les gaz asphyxiants il n’a pas voulu se laisser évacuer et mène depuis ce moment un

Tome II · AD084_0255(3)Page manuscrite 643
1 novembre 1916

Photographie 542 — point 45.07

Source : manuscrit
Tome 2 · AD084_0255(3).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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[Photographie 542] Le point 45.07

Tome II · AD084_0255(3)
1 novembre 1916

1 novembre 1916 — continuation p.644

Source : manuscrit

état de santé très chancelant. Il habite en ce moment dans les locaux bétonnés du fort qui ont admirablement résisté aux bombardements d’obus de gros calibre. Les moellons des voûtes ne présentent aucune fissure. Ces locaux bétonnés ne sont d’ailleurs pas très vastes et ne peuvent guère contenir qu’une compagnie. On est en ce moment en train de les réunir au tunnel de Tavanne par une galerie de raccordement. Il est à signaler que ce fort de Tavanne, cuirassé en béton ordinaire a parfaitement résisté alors que le fort voisin de Moulainville, cuirassé en béton armé a été rapidement mis hors de cause. Les Boches tirent aujourd’hui assez vivement dans la région du fort.

Tome II · AD084_0256(3)Page manuscrite 644
3 novembre 1916

3 novembre 1916 — appui à l’attaque de la 9e D.I.

Source : manuscrit

3 novembre. — Dans la journée nous tirons plus de 330 coups pour appuyer une attaque de la 9e DI qui ne réussit d’ailleurs pas. Le 66e bataillon de chasseurs subit là des pertes cruelles. L’activité de l’aviation est intense grâce au beau temps.

Tome II · AD084_0256(3)Page manuscrite 644
4 novembre 1916

4 novembre 1916 — occupation du fort de Vaux

Source : manuscrit

4 novembre. — Depuis hier nous occupons le fort de Vaux abandonné par l’ennemi sans combat. Les lignes sont encore flottantes et les renseignements peu précis à ce sujet, cependant nous continuons à progresser vers l’est.

Tome II · AD084_0256(3)Page manuscrite 644
5 novembre 1916

5 novembre 1916 — visite à Verdun et rencontre de Vandepol

Source : manuscrit

5 nov. — Dans l’après midi, profitant du beau temps et d’un moment de tranquillité je vais faire un petit tour du côté de Verdun. Je retrouve dans un groupe de 155 L mon camarade d’Argonne Vandepol.

Tome II · AD084_0256(3)Page manuscrite 644
6 novembre 1916

6 novembre 1916 — réglages et nouvelles des généraux Alabosse et Ancelin

Source : manuscrit

6 nov. — Le matin je vais avec Lemasson au fort de Tavanne pour exécuter un tir de réglage sur 447 puis un tir d’efficacité sur 45.07. L’après midi je retourne au fort effectuer cette fois un tir de réglage sur la maisonnette du cantonnier et un tir d’efficacité sur 4307. Je tire ainsi plus de 140 coups dans la journée. Nous apprenons le soir que le général Alabosse commandant la 9e DI a été blessé gravement au fort de Souville. Le général Ancelin commandant le groupement de gauche de la 133e DI a été tué également ces jours derniers à Douaumont.

Tome II · AD084_0256(3)Page manuscrite 644
10 novembre 1916

10 novembre 1916 — photographies de Verdun et progression vers l’est

Source : manuscrit

10 novembre. — Depuis 3 jours le temps est horrible ce qui retarde encore l’opération prévue sur Hardaumont. Au-

Tome II · AD084_0256(3)Page manuscrite 644
10 novembre 1916

Photographie 543 — points 447 et 45.07

Source : manuscrit
Tome 2 · AD084_0256(3).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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[Photographie 543] Les points 447 et 45.07

Tome II · AD084_0256(3)
10 novembre 1916

Photographies 544–547 — fort de Tavannes

Source : manuscrit
Tome 2 · AD084_0257(3).jpg : 4 photographies, chacune cliquable

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Tavannes

[Photographie 544 — en haut à gauche] La première entrée

[Photographie 545 — en haut à droite] La deuxième entrée

[Photographie 546 — en bas à gauche] Emplacement de la poudrière

[Photographie 547 — en bas à droite] Les abords du fort

Tome II · AD084_0257(3)
10 novembre 1916

Carte 23 — secteur d’Hardaumont

Source : manuscrit
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Fiche de la carte · source et passages associés →

Carte 23

[Relevé partiel des libellés ; tracés et petits codes à consulter sur le scan] Ouvr. de Lorient Ouvrges de Josemont Ouvr. du Muguet Ouvr. d’Hardaumont Camp de Cologne Ravin des Gds Houyers Tr. de l’Euphrate Boy. de l’Elbe Boy. de Kiel Tr. Kopal Boy. de Ratisbonne Boy. de Laibach Boy. de Pola Boy. de Halle Boy. Winska B. de la Wartha Ston

[Quelques codes distinctement lisibles] 4307 ; 445 ; 4507 ; 4509 ; 4710 ; 4711 ; 4804 ; 4806 ; 4903 ; 5004 ; 5105 ; 5106 ; 5107 ; 5109 ; 5206 ; 5209 ; 5308 ; 5309 ; 5405 ; 5412 ; 554 ; 555 ; 5702.

[Aucune date ni échelle visible sur cet extrait.]

Tome II · AD084_0258(3)
10 novembre 1916

10 novembre 1916 — continuation p.647

Source : manuscrit

jourd’hui comme le temps est plus clair je pars avec Lemasson faire quelques photos à Verdun. Cela nous permet de constater combien la ville a souffert du bombardement. Des rues entières, en particulier la rue Mazel ont été démolies.

Dans le secteur de la division nos troupes continuent à progresser vers l’est et nous occupons maintenant le village de Damloup et la totalité du village de Vaux. Ces jours derniers une patrouille d’infanterie a exécuté un coup de main sur les ruines de la station de Vaux occupées par 9 boches qui ont été naturellement capturés. Le commandant de la patrouille française apprenant que le petit poste devait être relevé une ½ heure plus tard, se décide à attendre la relève et capture les 9 autres boches.

Tome II · AD084_0259(3)Page manuscrite 647
12 novembre 1916

12 novembre 1916 — service d’observation au fort de Vaux

Source : manuscrit

12 nov. — Viguié étant rentré de permission hier, Dumay part à son tour. Depuis aujourd’hui un sous officier et un téléphoniste pris à tour de rôle dans les divers groupes commencent à prendre le service d’observation au fort de Vaux. Aujourd’hui Lacheret et Somme inaugurent le service pour le groupe mais étant donné l’intensité du tir de l’artillerie allemande autour du fort de Vaux il est absolument impossible de maintenir une liaison téléphonique.

Le matin nous effectuons un réglage au nord est de l’ouvrage de Lorient ; quant aux Boches ils tirent énormément de notre côté depuis plusieurs jours mais surtout de nuit. Nos abris sont solides sans doute et résisteraient bien à un 105, peut être même à un 150 mais comme les Boches ont l’air de vouloir nous tirer du 210 je ne suis pas sans inquiétudes.

Tome II · AD084_0259(3)Page manuscrite 647
13 novembre 1916

13 novembre 1916 — obus de gros calibre devant la cagna

Source : manuscrit

13 nov. — Toute la nuit les Boches tirent beaucoup de notre côté, cependant entre deux rafales j’arrive à m’endormir. Tout à coup un craquement terrible secoue la cagna et me réveille en sursaut. Ahuri je me dresse sur mon lit et à la clarté de la lune il me semble que notre cagna est en partie effondrée. Viguié qui dort sur son lit à côté du mien ne s’est pas ré-

Tome II · AD084_0259(3)Page manuscrite 647
13 novembre 1916

Photographie 548 — emplacement du village de Vaux

Source : manuscrit
Tome 2 · AD084_0259(3).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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[Photographie 548] L’emplacement du village de Vaux

Tome II · AD084_0259(3)
13 novembre 1916

13 novembre 1916 — continuation p.648

Source : manuscrit

veillé. Je le secoue : « Viguié ! — Hein ! — Vous avez entendu ? — Quoi ? — L’obus ! — Quel obus ? — Eh bien, celui qui vient de tomber ! — Où ça ? » Son étonnement n’est certainement pas feint ; il n’a rien entendu ! Je le secoue alors comme un prunier pour lui faire reprendre ses esprits : « Vous n’avez pas entendu cet obus qui vient de tomber ? Levez vous donc si vous n’êtes pas convaincu ! » Viguié saute de son lit pieds nus et pousse immédiatement un cri : le plancher de la cagna est plein de débris de verre provenant de notre fenêtre et de notre porte qui ont été pulvérisées. La porte est entièrement arrachée et la cagna dans un désordre indescriptible. L’obus, un 210 sans doute est tombé à moins de 3 mètres de notre porte, heureusement légèrement de côté. S’il avait été plus court de 3 mètres il est certain que nous aurions été ensevelis sous notre abri. Toute la nuit les Boches continuent à tirer par intermittence. Quelques coups tombent dans le voisinage immédiat de la batterie. Toute la journée le tir continue de la même manière ce qui est franchement énervant.

Tome II · AD084_0260(1)Page manuscrite 648
14 novembre 1916

14 novembre 1916 — remise de Croix de guerre à la batterie

Source : manuscrit

14 nov. — Toute la nuit les Boches tirent encore dans notre région. Profitant d’un moment de calme le commandant vient remettre le matin quelques Croix de guerre à la batterie. J’ai pu en effet à l’occasion de la dernière attaque faire citer Dumay, Viguié, Gadet, Goosen et Leray. Dans l’après midi je monte au fort de Tavanne pour exécuter différents réglages. L’artillerie allemande profitant du beau temps est extrêmement active et en particulier d’énormes obus tombent sur le fort de Vaux. Nos lignes sont également bombardées avec violence.

Dans la soirée l’activité de l’artillerie allemande est encore très vive et en particulier la région du Cabaret rouge reçoit de nombreux obus.

Tome II · AD084_0260(1)Page manuscrite 648
15 novembre 1916

15 novembre 1916 — réglages et bombardement de 280

Source : manuscrit

15 novembre. — La nuit est assez calme. Le matin je retourne au fort de Tavanne pour effectuer différents réglages. Comme j’arrive à 100 mètres du fort un 77 éclate juste au dessus de la porte. La fusée en ronflant nous passe près des oreilles. Le secteur est un peu plus calme aujourd’hui cependant au moment où nous nous disposons à rentrer, les Boches se mettent à tirer des obus de gros calibre, qui je sus plus tard être du 280 sur la crête au Nord de la batterie Neuville. Le boyau que nous devons prendre pour rentrer passant à 100 mètres au sud de la batterie Neuville je ne suis

Tome II · AD084_0260(1)Page manuscrite 648
15 novembre 1916

Photographies 549–552 — Verdun et ses forts

Source : manuscrit
Tome 2 · AD084_0261(1).jpg : 4 photographies, chacune cliquable

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[Photographie 549 — en haut à gauche] Quelques blessés boches

[Photographie 550 — en haut à droite] Un obus de 280 sur le fort de Vaux

[Photographie 551 — en bas à gauche] Le fort St Michel

[Photographie 552 — en bas à droite] Le fort de Belleville

Tome II · AD084_0261(1)
15 novembre 1916

Photographie aérienne 553 — secteur de Thiaumont

Source : manuscrit
Tome 2 · AD084_0262(1).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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[Photographie 553] Le secteur de Thiaumont

[Cartouche technique dans la photographie] 938 - Gᵗ D.E. - F55. - 23.10.16. 14H - 2000m - f×120. - Lt DE D

[Autre annotation interne] Retrᵗ O 1705

[Flèche d’orientation portant N.]

Tome II · AD084_0262(1)
15 novembre 1916

15 novembre 1916 — continuation p.651

Source : manuscrit

pas sans inquiétude. En hâtant le pas nous passons cependant sans encombre, mon téléphoniste et moi, mais les obus continuant de tomber les éclats passent en sifflant au dessus de nos têtes. Nous arrivons enfin à la batterie et bien que nous soyons maintenant à un bon kilomètre des points de chute les éclats arrivent encore jusqu’à nous.

Tome II · AD084_0263(1)Page manuscrite 651
17 novembre 1916

17 novembre 1916 — pertes à la batterie de Pazzis

Source : manuscrit

17 nov. — En revenant le soir du fort de Tavanne où je suis allé régler un tir je m’arrête à la batterie Neuville où j’apprends que le premier obus d’hier est tombé à 1m de l’abri du capitaine. Quant au 2e il est tombé sur un abri de la batterie de Pazzis où 2 sous officiers ont été tués et 2 autres blessés.

Tome II · AD084_0263(1)Page manuscrite 651
18 novembre 1916

18 novembre 1916 — première neige

Source : manuscrit

18 nov. — Ce matin nous voyons apparaître la première neige qui ne dure pas bien longtemps hélas ! car dans la journée le temps se met à la pluie.

Tome II · AD084_0263(1)Page manuscrite 651
19 novembre 1916

19 novembre 1916 — recherche d’une nouvelle position

Source : manuscrit

19 nov. — Ayant reçu l’ordre de rechercher plus en avant des positions de batterie je pars en reconnaissance le matin dans la région sud ouest de Tavanne. Je trouve dans les bois de l’Hôpital une position possible entre le boyau Coutant et la route. La 11e batterie trouve une position installée à droite de la route mais j’aime mieux pour moi une position à faire de toutes pièces.

Tome II · AD084_0263(1)Page manuscrite 651
20 novembre 1916

20 novembre 1916 — inspection des positions

Source : manuscrit

20 nov. — Le matin avec le colonel Dessens, d’Ainval et de Blois nous partons voir les positions nouvellement choisies, d’abord celles du bois de l’Hôpital. De là nous retournons dans le vallon au sud du fort de Souville où d’autres positions sont également possibles quoique moins bonnes. Ces dernières positions ne plaisent d’ailleurs pas au colonel ce dont je suis fort aise. Nous redescendons ensuite par les casernes Marceau. Dans l’après midi je remonte avec de Blois et Fery aux positions du bois des Hospices pour prendre nos dispositions en vue des prochains travaux.

Tome II · AD084_0263(1)Page manuscrite 651
21 novembre 1916

21 novembre 1916 — brouillard et tir de harcèlement

Source : manuscrit

21 nov. — Aujourd’hui brouillard intense. Toute la journée et toute la nuit les Boches exécutent un tir de harcèlement sur le carrefour des deux vallons à raison de 2 coups à l’heure.

Tome II · AD084_0263(1)Page manuscrite 651
22 novembre 1916

22 novembre 1916 — réglage empêché par le brouillard

Source : manuscrit

22 nov. — Dans l’après midi je monte au fort de Tavanne pour régler un tir mais le brouillard est encore trop épais pour régler, ce qui n’empêche d’ailleurs pas les Boches de tirer énormément.

Tome II · AD084_0263(1)Page manuscrite 651
23 novembre 1916

23 novembre 1916 — mise en train des nouveaux travaux

Source : manuscrit

23 nov. — Aujourd’hui je monte à la nouvelle posi-

Tome II · AD084_0263(1)Page manuscrite 651
23 novembre 1916

23 novembre 1916 — continuation p.652

Source : manuscrit

tion de batterie avec de Blois, Dumay et Fery pour mettre en train les nouveaux travaux.

Tome II · AD084_0264(1)Page manuscrite 652
24 novembre 1916

24 novembre 1916 — tir sur le point 445

Source : manuscrit

24 nov. — Nous tirons dans la journée une centaine de coups sur le point 445.

Tome II · AD084_0264(1)Page manuscrite 652
25 novembre 1916

25 novembre 1916 — nouvelle mission au ravin du Bois des Trois-Cornes

Source : manuscrit

25 nov. — Dans la matinée je reçois l’ordre d’interrompre mes travaux à la nouvelle position, ma batterie a reçu une autre mission. J’apprends dans la soirée que cette mission consiste à prendre d’enfilade les tranchées de la côte d’Hardaumont et je dois pour cela occuper une position dans le ravin du Bois des 3 Cornes. Le capitaine d’Ainval qui commande le groupe en l’absence du commandant me communique cet ordre avec beaucoup de ménagements.

Tome II · AD084_0264(1)Page manuscrite 652
25 novembre 1916

Photographie 554 — batterie 4509 et point 445

Source : manuscrit
Tome 2 · AD084_0264(1).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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[Photographie 554] Batterie 4509 et point 445

Tome II · AD084_0264(1)

Tome II · AD084_0265(1)

26 novembre 1916

Carte 21 — secteur Louvemont–Bezonvaux

Source : manuscrit
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Fiche de la carte · source et passages associés →

Carte 21

[Relevé partiel des toponymes ; tracés et petits caractères à consulter sur le scan] Consenvoye ; Brabant ; Haumont ; Beaumont ; Flabas ; Ornes ; Maucourt ; Gincrey ; Mogeville ; Dieppe ; Fromezey. Regnéville ; Samogneux ; Champneuville ; Vacherauville ; Louvemont ; Douaumont ; Vaux ; Damloup. Charny ; Fᵗ de Belleville ; Belleville ; Thierville ; VERDUN ; St Michel ; Fᵗ de Tavannes ; Belleray ; Haudainville ; Dugny. Eix ; Moulainville ; Moranville ; Grimaucourt ; Herméville ; Abaucourt ; Hautecourt ; Blanzée ; Châtillon sous les Côtes ; Belrupt ; Haudiomont.

[Aucune date ni échelle visible sur cet extrait. Tracés colorés présents, sans clé explicative visible.]

Tome II · AD084_0266(1)
26 novembre 1916

26 novembre 1916 — reconnaissance de la position du Bois des Trois-Cornes

Source : manuscrit

26 nov. — À 6h30 du matin au jour levant, accompagné de Dumay et de Lacheret je pars reconnaître la nouvelle position de batterie, à pied bien entendu puisqu’il n’y a pas d’autre moyen d’y accéder le jour. Nous suivons d’abord la voie ferrée remontant vers Verdun et qui est le chemin le plus court que nous puissions prendre. Par malheur les Boches tirent justement sur la voie ferrée entre le fort St Michel et l’Hôpital ; ils ont cependant la bonne idée d’interrompre leur tir comme nous arrivons. Le village de Belleville que nous atteignons bientôt offre l’aspect de la plus grande désolation. Ce ne sont que toits en l’équilibre sur des pans de murs branlants on voit qu’il a été sérieusement bombardé. Au poste de commandement de l’artillerie divisionnaire situé dans des carrières à la lisière nord du village je rencontre le colonel Jauréguiberry du 58e d’artillerie qui ne peut malheureusement, en l’absence du colonel Régnis me donner le moindre renseignement. Il me conseille cependant de prendre au dessus du P.C. le boyau B.2 artère principale qui dessert tout le secteur de gauche. L’entrée du boyau a l’air, ma foi, sympathique et nous nous engageons d’un pied léger. La crête St Michel est bientôt franchie et nous redescendons maintenant la pente du ravin des Vignes. À gauche apparaît un bois de bouleaux fortement déplumé : c’est le bois Lecomte. Tout à coup les Boches se mettent à tirer d’une manière vigoureuse sur le boyau à quelques centaines de mètres devant nous. Je continue à avancer mais comme le tir ne cesse pas je crois prudent de m’arrêter à la limite de la zone dangereuse. Au bout de quelques minutes, voyant que le tir ne cesse pas, je me décide à franchir la zone dangereuse. Suivi de Dumay et de Lacheret, je file aussi vite que le permet l’état du boyau et les coudes qu’on y rencontre tous les 10 mètres. Les obus continuent à pleuvoir autour de nous et le temps me paraît bien long.

Tout à coup, un obus éclate avec violence à quelques mètres derrière moi, m’assourdissant de sa détonation. Je me retourne : Dumay et Lacheret sont

Tome II · AD084_0267(1)Page manuscrite 655
26 novembre 1916

Photographie 555 — ouvrage de Lorient

Source : manuscrit
Tome 2 · AD084_0267(1).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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[Photographie 555] L’ouvrage de Lorient

Tome II · AD084_0267(1)
26 novembre 1916

26 novembre 1916 — continuation p.656

Source : manuscrit

toujours derrière moi, courant à toutes jambes. Enfin nous sommes hors de la zone dangereuse. Désirant savoir sur quoi les Boches tirent avec tant d’acharnement je me hisse sur le parapet et j’aperçois au milieu des obus qui tombent, un troupeau de petits bourricots de tranchées broutant l’herbe tranquillement. Plusieurs sont déjà étendus sur le sol, blessés ou morts, mais les autres, en vrais ânes qu’ils sont continuent à paître paisiblement.

Le fond du ravin des Vignes étant atteint nous remontons maintenant la côte de Froideterre. À droite et à gauche du boyau apparaissent bientôt deux énormes abris bétonnés : ce sont les abris MF faisant partie de l’ouvrage de Froideterre. À l’abri de gauche j’obtiens quelques renseignements sur le P.C. K1 où je dois me rendre. Après le passage de la crête de Froideterre nous atteignons le ravin de St Vaast, puis celui de la Folie après avoir franchi une nouvelle crête. Tous ces ravins sont encombrés de débris de toutes sortes et particulièrement des voitures démolies. Ce boyau est vraiment interminable puisque nous le parcourons depuis plus d’une heure sans en voir l’extrémité. Heureusement qu’il est fort bien entretenu. De place en place des territoriaux sont occupés à le nettoyer et surtout à le déblayer au fur et à mesure que les Boches le démolissent. Avant de redescendre dans le dernier ravin qui est celui du bois des 3 Cornes nous nous arrêtons un instant pour regarder, du sommet de la crête, le paysage qu’on domine assez loin. À nos pieds la vallée de la Meuse dans laquelle serpente la rivière, le canal, la route nationale et la voie ferrée sur laquelle on aperçoit encore une longue rame de wagons immobilisés en cet endroit en 1914 et presque entièrement démolis. De l’autre côté de la Meuse la côte de Vacherauville et le fort. On distingue encore assez bien Charny et sa gare. Quant aux villages de Bras de Vacherauville il n’en reste plus que des ruines informes. À l’horizon la côte du Talou sur laquelle nous avons fait en août 1914 notre première mise en batterie, masse énorme et menaçante barre l’horizon. Plus à droite la côte du Poivre, en notre pouvoir et sur laquelle nous avons vu commencer en août 1914 les premières fortifications de campagne.

Nous redescendons maintenant vers le ravin du

Tome II · AD084_0268(1)Page manuscrite 656
26 novembre 1916

Photographies 556–558 — Cabrol, Vallée et position du Bois des Trois-Cornes

Source : manuscrit
Tome 2 · AD084_0269(1).jpg : 3 photographies, chacune cliquable

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[Photographie 556 — en haut] Le capitaine Cabrol

[Photographie 557 — en bas à gauche] La position du ravin du bois des 3 cornes Le cycliste Vallée

[Photographie 558 — en bas à droite] La position du ravin du bois des 3 cornes

Tome II · AD084_0269(1)
26 novembre 1916

Document n°12 — Ouvrage de Josemont ou de Lorient

Source : manuscrit
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Fiche de la carte · source et passages associés →

[Pagination imprimée : 9]

Ouvrage de Josemont (dit de Lorient sur le plan directeur)

Avancée Nord Échelle 1/5000e N — S

[Libellés et dimensions du plan] piste ; boyau ; traverses ; Tranchée ; Sentier ; Entrée. O. de Josemont ou de Lorient Avancée Est ou ouv. du muguet 100m ; 250m00.

Document n°12

Tome II · AD084_0270(1)
26 novembre 1916

26 novembre 1916 — continuation p.659

Source : manuscrit

bois des 3 Cornes lorsque j’aperçois dans la paroi du boyau l’entrée d’une sape surmontée d’une pancarte « P.C. K1 ». Nous sommes arrivés. C’est là qu’est établi le poste de commandement du capitaine Petrus, commandant le 1er groupe d’artillerie de campagne d’Afrique. Le capitaine Petrus me reçoit fort aimablement au fond de sa sape et me confie à l’un de ses lieutenants pour la reconnaissance du secteur. Sans perdre de temps nous descendons dans le ravin des 3 Cornes que nous remontons ensuite vers l’est. Ce ravin offre bien le plus triste spectacle qu’on peut voir. Le fond du ravin est une piste impraticable rejoignant la route de Bras à Verdun au carrefour de la Folie. Un cimetière horriblement bouleversé occupe une partie du ravin dont le flanc nord est occupé sur une longueur de 200 ou 300 mètres par ce qu’on appelle le camp M.F.6. C’est un amoncellement de sapes, de trous, de cagnas, de guitounes de l’aspect le plus varié ; tout cela passablement bouleversé. À 200 mètres de l’extrémité du camp un boyau coupe le ravin : c’est le boyau des Cournettes le long duquel est installée la batterie du capitaine Cabrol. C’est dans cette région que je dois rechercher un emplacement de batterie. Naturellement, du bois des 3 Cornes il ne reste pas la moindre trace.

Le terrain en avant du boyau des Cournettes jusqu’au sommet de la crête qui est celle de Thiaumont est affreusement bouleversé. Le boyau des Cournettes a marqué en effet la limite de l’avance maximum des Allemands. On a dû se battre là furieusement. Dans ce terrain bouleversé il me paraît impossible de s’établir. Les Boches se mettent à tirer quelques obus aussi, interrompant pour un instant notre reconnaissance nous nous abritons dans le boyau. Le tir s’étant calmé je pousse cependant, par acquit de conscience, ma reconnaissance vers Thiaumont, mais les trous d’obus sont les uns dans les autres et on ne peut songer établir là une batterie, à moins d’exécuter au préalable des travaux au dessus de nos moyens.

Il faut donc s’établir en deçà du boyau des Cournettes mais là c’est le camp d’infanterie ou les cagnas des artilleurs : il n’y a pas moyen de se placer. Le flanc sud du ravin est impraticable et d’ailleurs en pleine vue de la côte du Talou. Il est impossible de se mettre à la droite de la batterie de 75 car la pente du ravin est trop

Tome II · AD084_0271(1)Page manuscrite 659
26 novembre 1916

26 novembre 1916 — continuation p.660

Source : manuscrit

raide pour que j’y puisse monter mes pièces. Entre la droite de la batterie de 75 et le fond du ravin il n’y a qu’une trentaine de mètres. Nous nous évertuons Dumay et moi à trouver quelque chose dans ce lieu désolé mais le terrain est en pleine vue de la côte du Talou ou bien impraticable. Nous en sommes là de nos réflexions lorsque les Boches se mettent à tirer furieusement avec des 105 et des 77 sur le boyau de Belgrade juste au moment du passage d’une corvée de travailleurs. Il faut pourtant que je me décide à quelque chose et comme il n’y a guère d’occupable que la droite de la batterie Cabrol je m’arrête à cette solution d’ailleurs déplorable. Mes pièces seront à 3 ou 4 mètres l’une de l’autre et leurs volées seront vues de la côte du Talou lorsque nous tirerons sous de grands angles. D’ailleurs dans tous les cas les observatoires boches verront les fumées de nos coups de canons.

Pour amener nos pièces à leurs emplacements il va falloir aménager un chemin à mi pente. Il faudra dans un emplacement restreint loger en plus de nos 4 pièces, 45 voitures et le stock de munitions qui promet d’être considérable. Et puis comment amènerons nous nos pièces et nos munitions depuis la route de Bras jusqu’ici ? Dumay est désolé malgré tout son courage. Pour moi, tout en l’étant aussi je me fais une raison : on nous confie une mission de première importance et il faut que nous nous établissions à tout prix. J’ai une telle confiance dans le personnel de la batterie et dans la vigueur de mes chevaux que le succès ne fait pour moi aucun doute. La position est cependant peu sympathique et il est certain que nous aurons des pertes. Plaise à Dieu qu’elles ne soient pas trop fortes !

La question la plus angoissante est le logement de mes hommes. L’effort que je vais leur demander va être considérable et si je ne peux les abriter l’échec est certain. Le major du camp M.F.6 que je vais voir n’a bien entendu aucune place à nous offrir. Heureusement, le sympathique capitaine Petrus que je retrouve à son P.C. veut bien m’offrir dans une sape voisine dont il dispose, une vingtaine de places. C’est peu sans doute pour 40 hommes mais je suis cependant fort heureux de cette offre. De plus il demande à loger l’un de

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26 novembre 1916

Document n°13 — Ouvrage de Bezonvaux

Source : manuscrit
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[Pagination imprimée : 11]

Ouvrage de Bezonvaux 1/1000e N

[Libellés du plan] boyau ; piste ; Abri ; Entrées de l’Abri ; Magasin ; Cour intérieure ; Entrée de l’ouvrage ; Chemin d’accès. 60m00.

Document n°13

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26 novembre 1916

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Source : manuscrit

nous et fait héberger l’autre par la batterie Cabrol. Il refuse naturellement de me laisser toucher à mon repas froid et m’invite à sa table avec Dumay. Vers 14h30 nous reprenons le chemin du retour. Tout se passe normalement jusqu’au bois Lecomte, mais comme ce matin au moment où nous arrivons les Boches se mettent à tirer violemment sur le boyau le long duquel les bourricots broutent encore. Comme ce matin nous passons par miracle au milieu du tir grâce à la vitesse de nos jambes. Après un court arrêt au P.C. Belleville nous reprenons le chemin de notre position. En passant je m’arrête au P.C. des Carrières où je rencontre le colonel Dessens. Dès qu’il m’aperçoit : « Eh bien ! Desaulle, qu’avez vous trouvé au ravin du Bois des 3 Cornes ? — Rien de bien encourageant, mon colonel », lui répondis je avec une moue significative. « Qu’importe, me dit il en coupant l’air d’un geste impérieux de la main, c’est un ordre, il faut y aller. Allons, poursuit il plus calme quelle est votre impression ? » — « Puisqu’il faut monter là haut je vous dirai tout simplement que tout va bien. » — « Mais vous savez qu’il faut être prêt dans 8 jours et avoir 3000 coups au moins à pied d’œuvre. » — « Eh bien, mon colonel, pourvu qu’on me laisse faire et qu’on ne me mette pas trop de bâtons dans les roues je serai prêt. » Au P.C. du groupe je décris au capitaine d’Ainval qui me regarde avec ahurissement, les charmes de notre nouvelle position. Pour me consoler bien que je n’en aie aucun besoin il m’assure que je ne tirerai pas avant le jour J-1 et que le jour J+1 je serai envoyé au repos à l’arrière. Je n’ai d’ailleurs aucune illusion au sujet de ces promesses.

Tome II · AD084_0275(1)Page manuscrite 663
27 novembre 1916

27 novembre 1916 — premiers travaux à la nouvelle position

Source : manuscrit

27 nov. — Dumay part aujourd’hui à la position de batterie avec Lacheret et 10 travailleurs pour effectuer les premiers travaux.

Tome II · AD084_0275(1)Page manuscrite 663
28 novembre 1916

28 novembre 1916 — visite de la nouvelle position

Source : manuscrit

28 nov. — Le matin à 6h30 accompagné d’un sous officier et de 5 hommes je pars pour la nouvelle position de batterie par le même chemin que l’autre jour. La route s’effectue sans encombre car les Boches ne tirent pas beaucoup. Au ravin des 3 Cornes où j’arrive bientôt tout est en ordre. Je déjeune avec le capitaine Petrus et suis de retour le soir à la nouvelle position à 16h30.

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29 novembre 1916

29 novembre 1916 — mission confiée sur le conseil de Dessens

Source : manuscrit

29 nov. — Le matin je vais à l’A.D. Marceau où je rencon-

Tome II · AD084_0275(1)Page manuscrite 663
29 novembre 1916

29 novembre 1916 — continuation p.664

Source : manuscrit

tre le colonel Marchal et le colonel Dessens auquel je rends compte du commencement d’exécution de ma mission. C’est ce dernier qui a conseillé mon envoi à Thiaumont pour remplir la mission demandée par le général Passaga, mission reconnue comme d’une exécution particulièrement délicate : « Vous pouvez envoyer Desaulle, je le connais : il tape un peu dans les brancards, mais il tire ! » Je n’ai jamais reçu pendant toute la campagne un compliment ou une récompense m’ayant fait autant de plaisir que ce mot là qui me fut rapporté plus tard par le commandant Annibert. On parle maintenant de me donner non plus 3000 coups mais 3.600 !

Dans l’après midi, par les bois de Fleury je vais voir le commandant de [Fleurel ?] pour m’entendre avec lui au sujet des liaisons téléphoniques. Le bois des Vignes que je traverse est rempli de batteries démolies et abandonnées, vestiges tragiques des furieux combats du début de l’année. Sur presque toutes ces positions s’entassent des milliers de douilles vides. Chemin faisant je rencontre l’abbé Pémillon aumônier titulaire de la 9e DI et avec lequel je bavarde quelques minutes. Je retrouve également dans le bois la batterie Japiot du 30e qui était près de moi en Argonne.

Tome II · AD084_0276(1)Page manuscrite 664
30 novembre 1916

30 novembre 1916 — retour du commandant et visite de Dessens

Source : manuscrit

30 nov. — Le matin Viguié part à la nouvelle position quant à moi j’attends le commandant qui rentre aujourd’hui de permission. Le colonel Dessens vient visiter aujourd’hui les positions ce qui lui donne l’occasion d’une terrible algarade contre Neuville qui d’ailleurs n’est pas là pour l’entendre. Le soir les Boches s’agitent terriblement.

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