2 septembre 1916 — retour de permission, début p.582
2 septembre. — Ma permission terminée je suis de retour à la position de batterie à 21 heures où j’apprends que
28 passages narratifs ou documents associés, dans l’ordre du manuscrit.
2 septembre. — Ma permission terminée je suis de retour à la position de batterie à 21 heures où j’apprends que
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[Titre commun aux quatre photographies] Verdun
[Photographie 480] Vue intérieure de la cathédrale
[Photographie 481] La cathédrale
[Photographie 482] L’évêché
[Photographie 483] Le cercle militaire
Fiche de la carte · source et passages associés →
[Calque manuscrit en couleurs, quadrillé, sans date ni pagination autographe visible. Relevé partiel des inscriptions lisibles ; les tracés restent accessibles dans le scan original.]
Feuille Douaumont Douaumont 1er Objectif 2e Objectif 214e Brigade 213e Brigade Barrage devant le 1er Objectif [suite horaire partiellement lisible] Barrage devant le 2e Objectif [suite horaire partiellement lisible] Départ à H [complément incertain]
[Quadrillage principal violet : 32, 33, 34, 35 ; 69, 70, 71. Repères alphabétiques et annotations H+ visibles, avec plusieurs valeurs trop fines ou effacées pour une transcription fiable.]
Beaumelle notre médecin major vient d’être évacué assez gravement malade. Décidément nous n’avons pas de chance avec nos médecins.
4 sept. — On nous annonce pour ce matin la visite du général Grossetti commandant le corps d’armée ou plutôt le groupement Z car c’est ainsi qu’on nous appelle depuis que nous sommes attachés à l’armée de Verdun. Je fais donc sonner le branle bas de combat dès le matin et à 8 h 30 tout est paré. Nous attendons patiemment une heure ou deux mais vers 11 heures je perds toute patience et j’envoie mes hommes manger leur soupe. À 12 h 15 enfin le général Grossetti accompagné du colonel Solomiac dégringole la voie romaine et me crie de loin « Je n’ai pas le temps de m’arrêter, ce sera pour une autre fois ! » C’était bien la peine de nous faire attendre !
7 septembre. — Les alternatives de chaleur et d’humidité que nous subissons depuis quelques jours déterminent l’apparition de champignons en abondance. Dumay qui s’est procuré un livre spécial sur la mycologie se livre à des études très intéressantes sur ces champignons dont nous découvrons en quelques jours au moins 80 variétés en particulier les 4 champignons qui sont mortels dans tous les cas, les terribles amanites. Il y a heureusement beaucoup de champignons comestibles et en particulier des giroles, des trompes de la mort, des barbes de capucins dont nous nous régalons. Il y a aussi d’autres espèces auxquelles je me garde bien de toucher. Ces champignons constituent vraiment une grande ressource et améliorent notre ordinaire. Malheureusement tout le monde n’est pas aussi prudent que nous et dans une batterie voisine du 24e d’artillerie 3 empoisonnements mortels se produisent.
12 septembre. — J’apprends aujourd’hui que le 5e C.A c’est à dire la 125e D.I et la 10e D.I sont dans la Somme où l’offensive continue. Ici les Boches sont assez hargneux et dans la journée ils nous envoient pas mal d’obus dans le ravin sans d’ailleurs faire de mal à personne. Nous apprenons que la 130e D.I est relevée et remplacée par la 32e D.I. À l’occasion de son départ le général Coulonge sous les ordres duquel je ne suis guère resté que 5 semaines nous envoie l’ordre du jour suivant : « En quittant le secteur le général com-
mandant la 130e D.I prie le lieutenant colonel commandant l’AD 130 de vouloir bien exprimer toute sa satisfaction au personnel des batteries étrangères à la D.I et qui lui ont été attachées pendant son séjour en Argonne. Chez toutes il a trouvé le plus entier dévouement et un grand désir de bien faire. L’entrain et l’activité dont les batteries ont fait preuve dans les travaux d’organisation au cours d’une période relativement calme sont un sûr garant qu’elles n’auraient pas été au dessous de leur tâche si des événements plus graves étaient venus à se produire. À tous, officiers et hommes de troupe le général cmt la D.I adresse ses sincères remerciements. » Je ne peux m’empêcher de comparer la manière d’agir du général Coulonge à celle de son prédécesseur.
22 sept. — Depuis quelques jours il fait vraiment froid et je commence à appréhender de passer la mauvaise saison dans cette forêt humide. À vrai dire nous n’avons jamais eu chaud dans notre bois. Mes inquiétudes sont d’ailleurs rapidement calmées car le soir même nous apprenons que nous devons changer de secteur.
23 sept. — Nous commençons aujourd’hui le déménagement de nos munitions car nous ne serons pas remplacés.
Tome II · AD084_0199(2)
24 sept. — Le matin je pars à l’échelon pour obtenir du commandant quelques éclaircissements sur notre nouvelle affectation : « Cette fois, Desaulle, c’est fini de rire, il va falloir travailler. » me dit il dès mon arrivée. « Nous allons à Verdun sur la rive droite de la Meuse près des casernes Marceau. » Depuis quelques semaines la situation est un peu plus calme du côté de Verdun mais à la mi juillet les Allemands dépassant Fleury et la Chapelle Ste Fine ont atteint l’ouvrage de Froideterre et le fort de Souville. Rejetés de ces deux ouvrages ils sont établis maintenant à l’est de Fleury et au nord de la Chapelle Ste Fine. Assiste on à une nouvelle offensive allemande ou bien voulons nous de notre côté reprendre une partie du terrain perdu ? Je l’ignore mais ce qui est certain c’est que « c’est fini de rire » comme dit le commandant. Le secteur où nous allons ne ressemblera pas à l’Argonne actuelle. Afin de pouvoir plus facilement organiser mon déménagement et procéder sur place aux reconnaissances de terrain je m’établis aux échelons laissant à Dumay le commandement de la batterie.
25 septembre. — À 7 heures du matin dans les deux autos de la section de munitions nous partons en reconnaissance pour Verdun. Notre reconnaissance comprend en plus du commandant, les capitaines Neuville et d’Ainval, Féry, Guérineau et Viguié. Le capitaine Kablé commandant la section de munitions nous accompagne. Je ne connaissais pas ce capitaine qui est vraiment un type ! Alsacien pur sang, neveu du député Jacques Kablé l’un des signataires de la protestation de 1871 il a pour tout ce qui est boche une haine profonde. Malgré plus de 40 ans de séjour hors d’Alsace il n’a pu perdre encore son accent. Trapu, râblé, bien campé sur ses jambes, le teint coloré, l’œil vif il ne paraît vraiment pas les 63 ou 64 ans qu’il avoue. Fumant comme un Suisse, buvant sec, se nourrissant de cuisines assaisonnées d’une manière incendiaire il me remplira d’étonnement à mesure que je le connaîtrai mieux. Grâce au temps superbe le voyage s’effectue rapidement
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[Photographie 484] Les casernes de Verdun vues à 1100 m.
et par Récicourt et Dombasle nous arrivons bientôt au moulin de Raget où est installé le quartier général du groupement DE commandé par le général Mangin. Le commandement de l’artillerie où nous nous rendons directement est dans le moulin lui même qui est d’ailleurs arrêté et pour atteindre le bureau du colonel commandant l’artillerie du groupement nous devons passer au milieu des cylindres et des bluteries. Le colonel Maréchal, grand, sec, l’œil sévère et la parole brève, nous accueille pourtant aimablement : « Messieurs, nous dit il, vous venez ici pour une offensive mais je vous ordonne la discrétion la plus absolue. Pour tout le monde vous venez ici pour renforcer l’artillerie du secteur en vue d’une attaque allemande. » Nous apprenons ainsi que l’artillerie du groupement DE qui n’est déjà pas négligeable va être renforcée de 17 groupes d’artillerie lourde soit environ 170 pièces sans compter l’artillerie de campagne. Continuant notre chemin nous atteignons bientôt les faubourgs de Verdun du côté de la Citadelle. Jusqu’à présent les villages traversés étaient relativement intacts mais maintenant la dévastation commence. La citadelle de Verdun se dresse pourtant intacte avec ses indestructibles remparts à la Vauban dans lesquels les obus allemands ont fait d’insignifiants dégâts. Les maisons avoisinantes sont cependant en ruine. La ville elle même que nous traversons rapidement paraît avoir horriblement souffert. Elle est absolument vide d’habitants mais les troupes y sont encore assez nombreuses. Le faubourg Pavé que nous atteignons bientôt est bien l’image de la désolation. Peu de maisons sont intactes, les trous d’obus parsèment la route. À gauche un cimetière aligne plusieurs centaines de croix. Les batteries d’artillerie de tous côtés dans les champs
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[Titre commun aux cinq photographies] Verdun
[Photographie 487] Une batterie de 100 TR
[Photographie 488] L’esplanade de la Roche
[Photographie 489] La voie ferrée d’Étain
[Photographie 490] La rue Mazel
[Photographie 491] Les carrières du Cabaret rouge
Fiche de la carte · source et passages associés →
— 1 — Ouvrage intermédiaire de Thiaumont 1/1000e
Plan des dessus Grille ; Abri de rempart ; Abri pour mitrailleuse ; Tourelle pour mitrailleuse ; Cour intérieure ; Observatoire ; Abri pour mitrailleuse ; Grille ; Casemate de Bourges ; Entrée de l’abri ; Entrée de l’ouvrage ; Entrée de la casemate ; Chemin ; 60 m d’accès ; N. 600 m en avant de Douaumont Ft Douaumont Ft (1700 m) 600 m en arrière du Ft de Douaumont 45 Gr
Plan du Rez-de-Chaussée Abri pour mitrailleuse ; Observatoire ; Abri pour mitrailleuse ; Abri de rempart ; Entrée ; Casemate de Bourges.
Plan du Sous-sol Abri de rempart ; Abri ; Abri pour munitions.
Document n°8
couvertes par des camouflages. Au ciel de nombreux avions français et allemands se livrent de violents combats pendant que l’artillerie contre avions constelle l’atmosphère de nuages blancs. Des coups de canons claquent de temps en temps. Cette activité guerrière nous change de la vie calme des derniers temps de l’Argonne : ici c’est vraiment la guerre ce qui n’est pas pour nous effrayer, car nous la connaissons. Au carrefour du Cabaret rouge nous atteignons le P.C de la division Marceau à laquelle nous allons être attachés. Ce carrefour au nom sinistre nous apparaît tout de suite comme un endroit « pas franc » suivant l’expression des poilus. La route est plus mauvaise en cet endroit qu’ailleurs sans doute parce que les cantonniers n’aiment pas à y séjourner. Il nous semble aussi que les arbres y sont plus déchiquetés qu’ailleurs, que les conducteurs fouettent plus vigoureusement leurs chevaux et que les piétons pressent le pas. Dans une carrière à 100 mètres du carrefour est établi le Q.G de la D.I et le poste de commandement de l’artillerie. Son chef le colonel Pujos nous reçoit fort aimablement et nous indique en peu de mots la mission à remplir : pouvoir battre le terrain entre la Chapelle Ste Fine au sud et Douaumont au nord, entre l’ouvrage de Thiaumont à l’ouest et le fort de Vaux à l’est. C’est dans cette région en effet que se déroulera l’action. Pour remplir cette mission nous devons chercher des positions de batterie le long de la voie ferrée qui va de Verdun au tunnel de Tavannes. Accompagné d’un adjoint du colonel Pujos nous nous dirigeons vers la zône de nos emplacements de batteries, à 1 km environ du Cabaret rouge. Le long de cette voie ferrée, aux seuls emplacements disponibles sont déjà installées les 3 batteries du groupe Cavillon. Je retrouve là Achard et de Pazzis. Entre la droite du groupe Cavillon et l’entrée du tunnel de Tavanne une batterie de 100 TR s’installe, mais il y a cependant un emplacement pour une batterie. À gauche du groupe Cavillon au coin du Ravin qui se dirige au sud du fort de Souville une autre position est possible. D’Ainval comme le plus ancien choisit la première et Neuville la seconde. Quant à
moi le commandant me dit « Débrouillez vous. » Au fond je suis enchanté car je n’aime pas beaucoup les entassements de batteries. Je vais tâcher de trouver quelque chose mais ce n’est vraiment pas facile car le paysage n’est pas accueillant. En dehors du vague chemin qui suit la voie ferrée il n’existe rien d’autre chemin praticable que le fond du ravin de Tavanne, en ce moment praticable mais que sera-t-il les jours de pluie ? Dans ce ravin viennent se brancher vers le sud deux autres ravineaux dans lesquels je cherche ma vie. Toutes les crêtes environnantes étaient autrefois boisées mais la main de l’homme et le fer de l’ennemi n’ont guère laissé subsister que quelques arbres et des taillis. Tout cela offre peu de couverts pour dissimuler une batterie, mais jugeant qu’il est plus commode de camoufler des canons dans un bois même rasé que dans un pré, j’abandonne mon idée primitive de me placer au fond du ravin et décide de grimper mes canons le long des pentes de celui de ces ravins le plus près de Verdun. Je suis ainsi à 5 ou 600 mètres des autres batteries mais à 100 mètres à peine du poste de commandement qui sera installé le long de la voie ferrée. Cela peut être un travail difficile mais une fois installés je crois que la position sera bonne. 4 arbres assez gros existent encore sous lesquels je me décide de placer mes emplacements de pièces. À gauche de la batterie passe un important boyau menant de Verdun au fort de Tavannes. Dans ce boyau donne un abri souterrain construit à 4 ou 5 mètres sous le sol et qui sera un excellent abri de bombardement « en cas ». Pour l’instant la situation est assez calme mais il n’en a pas toujours été ainsi si j’en juge par les nombreux trous d’obus dont les environs sont parsemés. Ces moments agités peuvent revenir. Dans le ravin où nous sommes une vingtaine de tombes témoignent que les obus dont nous voyons les traces ne sont malheureusement pas tombés pour rien. Mais au fond cette future position me fait une assez bonne impression. Le terrain sera solide, le défilement satisfaisant et les voisins peu nombreux tout au moins pour l’instant. Pendant que nous effectuons notre reconnaissance Viguié et moi les Boches envoient derrière nous un certain nombre d’obus de gros calibre, du 210 probable
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[Planche de trois photographies, numérotées 492 à 494.]
[Photographie 492] La position de batterie [Annotation latérale] Voie ferrée d’Étain
[Photographie 493] La position de batterie
[Photographie 494] Entrée de la Citadelle
ment qui doivent tomber du côté des batteries qui sont en position le long de la route d’Étain. À 11 h 15 notre reconnaissance terminée nous repassons au Cabaret rouge rendre compte au colonel Pujos du résultat de notre reconnaissance. À Belrupt nous devons voir le colonel commandant l’AD voisine qui fort aimablement nous invite à déjeuner ce que nous acceptons sans honte. À Regret, nouvel arrêt pour rendre compte au colonel Maréchal de notre mission. Par Baleycourt et Fleury sur Aire nous rentrons à l’échelon. Tout le long de la route nous constatons l’ordre et la discipline qui règnent dans cette armée de Verdun. La discipline de route est en particulier très sévère et il le faut car les routes sont en somme les seules voies de ravitaillement dont dispose l’armée de Verdun. De nombreux prisonniers travaillent dans les carrières au bord de la route pour extraire la pierre nécessaire à son entretien.
27 septembre. — À 13 heures je repars en reconnaissance avec Beltramelli, Guilmin, Neuville et Kablé. Nous nous arrêtons au passage à Baleycourt où le commandant de cantonnement doit nous indiquer les emplacements d’échelons pour nos batteries. Comme nous arrivons les Boches viennent de tirer dans le village : un obus tombant dans une maison a tué le colonel cᵗ le 22e territorial qui était en train de se raser. À Regret où nous nous arrêtons ensuite les Boches ont l’air également fort agités car des obus tombent sur le fort de la Chaume, voisin du village. Je rencontre là un ancien sous officier de la 10e, nommé Verner maintenant sous lieutenant et un ancien camarade du 31e, nommé Lescot, maintenant capitaine au 110e. Au faubourg Pavé nouvelle halte au P.C du commandant Cavillon qui nous reçoit comme toujours fort aimablement. Le lieutenant Brun fils du ministre de la guerre est toujours son adjoint. À la position de batterie où nous arrivons bientôt tout est calme. Les hommes ont commencé déjà les travaux d’aménagement de la position. Les Boches envoient quelques fusants dans le panorama, mais en som-
me la situation est calme. N’ayant plus rien à faire nous reprenons le chemin de l’échelon où nous sommes à 19 h 30.
29 septembre. — Toujours pas de nouvelles au sujet de notre déménagement que nous regrettons un peu maintenant après l’avoir bien désiré. Nous regrettons en effet d’être obligés de quitter cet échelon qui commençait à prendre vraiment tournure sous la direction de Lemasson. Un chemin empierré de plus de 100 mètres de long conduit maintenant à la route et permet un accès facile pour les voitures. Des écuries pavées ont été aménagées. Elles sont entièrement closes et couvertes par des roseaux coupés dans les étangs de Saint Rouin. À chaque écurie est adjoint un abri pour les gardes d’écuries et le fourrage. Quant aux autres hommes ils logent dans une baraque Adrian. La cuisine elle même est fort bien installée. Une source aménagée fournit en abondance une eau pure qu’une pompe élève dans l’abreuvoir des chevaux. Lemasson s’est fait construire pour lui une maison de 3 pièces : chambre, salle à manger et chambre d’ami. Il y a même dans notre camp une prison qui hélas ! est souvent garnie, le plus souvent par des permissionnaires rentrant en retard. Le tarif est bien connu : huit jours de prison pendant lesquels le vin et le tabac sont supprimés, ce qui donne à réfléchir aux plus « carottiers ». Notre camp est parfaitement aménagé pour une campagne d’hiver et en particulier nos écuries sont d’un effet charmant. La batterie Neuville est installée près de nous et l’ensemble du campement a reçu depuis quelques jours le nom de camp Baudelle en souvenir de l’ancien lieutenant du groupe tué à Verdun. Quant à la batterie d’Ainval elle cantonne toujours à Courupt sur la route de Futeau.
30 septembre. — Le matin avec Moreau et de Blois je retourne à Verdun. À la position de batterie où j’arrive tout est en ordre mais Viguié me raconte que les Boches sont excités. Nos hommes ont été à plusieurs reprises encadrés de près par les obus boches soit dans le ravin soit en allant au Cabaret rouge à la corvée d’eau. À part cela le moral est bon. Quant à nos voisins du 100 TR ils ont déjà plusieurs hommes hors de combat. Ce qui m’ennuie le plus c’est que
la 11e batterie a dû quitter pour des raisons que j’ignore son emplacement du tunnel de Tavanne et est venue s’établir à notre gauche. Ce voisinage ne me plaît pas du tout. Nous rentrons déjeuner chez le commandant Cavillon qui nous invite depuis plusieurs jours puis nous allons reconnaître notre « cantonnement ». C’est tout simplement un bois de sapins nommé Bois des huit Champs et situé sur la hauteur au dessus de Dugny, bois naturellement dépourvu de toute espèce d’installation. Nous regrettons un peu plus le camp Baudelle.