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MÉMOIRES · 1916

Avril 1916

26 passages narratifs ou documents associés, dans l’ordre du manuscrit.

1 avril 1916

1er avril 1916 — entonnoirs du golfe ouest et départ vers le Confluent

Source : manuscrit
Tome 2 · AD084_0130(4).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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1er avril. — Les entonnoirs de mines placés dans le golfe ouest gênent paraît il nos fantassins. Je suis donc invité à exécuter sur les dits entonnoirs un tir. Dès 7 heures du matin nous filons Lacheret, Demassue et moi pour le poste de commandement du Confluent où je rencontre le colonel Viala com-

Tome II · AD084_0130(4)Page manuscrite 518
1 avril 1916

Couverture intercalée — Mon Carnet de Route

Source : manuscrit

Mon Carnet de Route

MARNE ARGONNE VERDUN AISNE LORRAINE BELGIQUE

1914 — 1918

Tome II · AD084_0131(4)
1 avril 1916

Photographies 404–408 — Devant le P.C. et poste allemand au golfe est

Source : manuscrit
Tome 2 · AD084_0132(4).jpg : 5 photographies, chacune cliquable

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[Planche de cinq photographies, numérotées 404 à 408.]

[Photographie 404] Devant le P.C. abbé Gailhouste, Dumay, Lemasson, Gadet

[Photographie 405] Un petit poste allemand au golfe est

[Photographie 406] Devant le P.C. abbé Gailhouste, Gadet, Lemasson, Dumay

[Photographie 407] Devant le P.C. abbé Henry, Bucard, Lemaire, Desaulle

[Photographie 408] Devant le P.C. abbé Gailhouste, Gadet, Lorson, Lemasson, Dumay, Desaulle

Tome II · AD084_0132(4)
1 avril 1916

1er avril 1916 — réglage au Cap et retour par la Chalade

Source : manuscrit

mandant le 76e et le général Hirtzmann. Ayant reçu les ordres je file au centre 4 accompagné du lieutenant Bernizet observateur au 45e. Le commandant Alavoine du 76e que je rencontre au P.C. me conduit en première ligne. Faisant le tour du Cap nous examinons les objectifs : des entonnoirs de mines transformés en petits postes et dont la distance varie de 20 à 25 mètres. Les Boches sont ce matin parfaitement calmes et c’est heureux car ce coin de secteur n’a rien de réjouissant. Pour le réglage de mon tir je m’installe dans une sorte de tourelle placée en seconde ligne et d’où l’on voit assez bien. Je suis d’ailleurs obligé d’installer bientôt mon observatoire au dehors car le champ de visée est vraiment trop restreint. Le tir s’exécute normalement. Un coup tombe cependant assez court dans nos lignes et les éclats nous entourent. Un artilleur du 45e qui observe à côté de moi en reçoit un dans son manteau. Le drap fait heureusement plusieurs plis et l’éclat s’arrête dans la veste. Au bout de 42 coups j’estime mon tir terminé et reprends tranquillement le chemin de la Chalade. Les Boches pendant l’exécution de mon tir répondent par quelques fusants en arrière de nous et sur le tunnel de la route Marchand.

Tome II · AD084_0133(4)Page manuscrite 521
2 avril 1916

2 avril 1916 — deux avions descendus à la Placondelle et à Neuvilly

Source : manuscrit

2 avril. — Un avion boche est descendu par notre section de 75 de la Placondelle, mais par contre un de nos avions est descendu par les Boches à Neuvilly.

Tome II · AD084_0133(4)Page manuscrite 521
4 avril 1916

4 avril 1916 — rangement des munitions et canonnade rapportée

Source : manuscrit

4 avril. — Journée calme dont nous profitons pour mettre de l’ordre dans nos munitions et ranger nos poudres par lots de fabrication. Le soir vers 20 heures une violente canonnade éclate dans le secteur de gauche. Nous apprenons bientôt qu’une compagnie allemande a voulu sortir de ses tranchées sans préparation d’artillerie et qu’elle s’est fait écharper.

Tome II · AD084_0133(4)Page manuscrite 521
4 avril 1916

Photographie 409 — La région du Cap et les entonnoirs

Source : manuscrit
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[Photographie 409] La région du Cap et les entonnoirs

Tome II · AD084_0133(4)Page manuscrite 521
5 avril 1916

5 avril 1916 — déjeuner chez Neuville et appui mutuel à la Louvière

Source : manuscrit

5 avril. — Je vais déjeuner aujourd’hui à la Louvière chez le capitaine Neuville qui commande l’A.L. de la D.I. de droite car nous devons nous entendre sur l’appui mutuel que nous pouvons nous prêter en cas d’attaque. Vraiment je ne regrette pas de ne plus occuper cette position de la Louvière. Les chemins pour y accéder sont horribles à voir et je manque de m’enliser avec mon cheval dans le Fond du Four des Moines.

Tome II · AD084_0134(4)Page manuscrite 522
7 avril 1916

7 avril 1916 — maladie, tir de Dumay et nouvelles des blessés

Source : manuscrit

7 avril. — Depuis hier, malade comme un chien je suis obligé de rester dans ma cagna pendant que Dumay s’en va régler un tir dans le secteur de l’Y où il se fait naturellement marmiter d’importance. Le docteur Beaumelle qui vient me voir le soir m’apprend que Millot de la 11e a été blessé mais peu gravement. Le lieutenant Mazé de la 12e a été également blessé il y a quelques mois, ce qui fait 3 officiers blessés dans le groupe depuis le début de l’hiver.

Tome II · AD084_0134(4)Page manuscrite 522
8 avril 1916

8 avril 1916 — bombardement de la batterie, jument tuée et Vallée survivant

Source : manuscrit

8 avril. — Les Boches sont aujourd’hui extrêmement embêtants et nous envoient des bordées de 77 dans la batterie. Un obus entre dans l’écurie où nous mettons nos chevaux et tue la jument du brigadier Lippmann. Notre aide cuisinier Vallée qui s’était réfugié dans l’écurie échappe miraculeusement à la mort. Sur Verdun la canonnade reste violente.

Tome II · AD084_0134(4)Page manuscrite 522
10 avril 1916

10 avril 1916 — visite d’Abel Ferry et comparaison des installations

Source : manuscrit

10 avril. — La lutte continue à être violente du côté de Verdun. Aujourd’hui je reçois la visite d’Abel Ferry venu pour admirer mes travaux qui malheureusement n’avancent guère à cause du mauvais temps. Si ma batterie commence à être bien installée elle n’est pas la seule dans ce cas. La batterie Froidevaux que je visite aujourd’hui est remarquablement installée. Il est vrai que le terrain est beaucoup plus favorable à l’exécution des grands travaux et que le personnel de la batterie est plus nombreux que chez nous.

Tome II · AD084_0134(4)Page manuscrite 522
10 avril 1916

Photographie 410 — L’Y, Le Faux Ravin et le Cap

Source : manuscrit
Tome 2 · AD084_0134(4).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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[Photographie 410] L’Y, Le Faux Ravin et le Cap

Tome II · AD084_0134(4)Page manuscrite 522
10 avril 1916

Photographies 411–415 — Dans le P.C. et l’étendard de la batterie

Source : manuscrit
Tome 2 · AD084_0135(4).jpg : 5 photographies, chacune cliquable

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[Planche de cinq photographies, numérotées 411 à 415.]

[Photographie 411] Dans le P.C. Lemaire, Desaulle, abbé Henry, Bucard

[Photographie 412] L’étendard de la batterie

[Photographie 413] Le P.C.

[Photographie 414] Dans le P.C.

[Photographie 415] Dans le P.C.

Tome II · AD084_0135(4)
14 avril 1916

14 avril 1916 — indisposition persistante et repos aux Sénades

Source : manuscrit

14 avril. — Le mauvais temps que nous subissons depuis plusieurs jours fait que mon indisposition persiste. Beaumelle m’ayant conseillé le repos je vais passer quelques jours aux Sénades avec l’autorisation du colonel.

Tome II · AD084_0137(4)Page manuscrite 525
21 avril 1916

21 avril 1916 — amélioration de Pierre et bonnes nouvelles rapportées

Source : manuscrit

21 avril. — Le mauvais temps m’empêche de profiter comme je l’aurais voulu de mon séjour aux Sénades mais cependant je vais mieux. Les bonnes nouvelles se succèdent d’ailleurs. Les permissions sont rétablies, les Allemands sont impuissants devant Verdun, les Russes débarquent en France et leur armée vient de s’emparer de Trébizonde.

Tome II · AD084_0137(4)Page manuscrite 525
23 avril 1916

23 avril 1916 — récits rapportés par Annibert et l’abbé Henry, début p.525

Source : manuscrit

23 avril. — Le commandant Annibert de retour de son poste de commandement du Hermont nous raconte les dernières attaques des Allemands sur la rive gauche de la Meuse. Cette attaque a failli avoir pour nous les conséquences les plus désastreuses par suite de la défection de certains régiments du 15e corps occupant le bois d’Avocourt et qui se sont rendus sans combattre. 1 commandant de brigade, 2 commandants de régiments, de l’artillerie et plusieurs bataillons d’infanterie ont été ainsi faits prisonniers sans qu’aucune tentative ait été faite pour défendre ce bois pourtant fortifié d’une manière parfaite, bourré de blockhaus et de réseaux de fil de fer. La situation est maintenant stabilisée. L’abbé Henry que je n’ai pas vu depuis une éternité vient me dire bonjour et me raconte une drôle d’aventure qui lui est arrivée ces jours ci. Étant en première ligne le lieutenant séminariste Bucard du 4e lui faisait les honneurs du secteur occupé par sa compagnie lorsque soudain il aperçoit au dessus du parapet de la tranchée ennemie, à une trentaine de mètres, un officier boche en observation. Sauter sur un fusil et mettre le boche en joue est le premier geste de Bucard mais l’abbé Henry l’arrête : « Je vous en prie, Bucard, ne tuez pas ce boche devant moi. Cela ressemble à un assassinat et j’ai l’air d’être votre complice. — Je regrette beaucoup, monsieur l’aumônier répond Bucard, mais sans votre permission, je tuerai tout de même ce boche. — Au moins, laissez moi le temps de lui donner l’abso

Tome II · AD084_0137(4)Page manuscrite 525
23 avril 1916

23 avril 1916 — fin de l’anecdote Henry–Bucard et Pâques aux Sénades, continuation p.526

Source : manuscrit

lution ! » À peine l’abbé Henry a-t-il terminé la formule de l’absolution et tracé dans l’air un grand signe de croix qu’un coup de feu claque près de lui. Bucard, après l’abbé Henry vient de remplir son devoir. Aujourd’hui à l’occasion de la fête de Pâques de belles cérémonies sont célébrées dans la petite chapelle des Sénades auxquelles assistent beaucoup de poilus. Cela nous réconforte beaucoup et je prends part à ces offices en chantant de tout mon cœur. Pendant que je chante le Credo une note de l’harmonium se coince et persiste à se faire entendre. Sortant le tournevis de mon couteau je me mets en devoir de démonter l’harmonium sans pour cela interrompre mon chant.

Tome II · AD084_0138(4)Page manuscrite 526
24 avril 1916

24 avril 1916 — raid aérien sur les Islettes

Source : manuscrit

24 avril. — Aujourd’hui il fait beau et la journée promet d’être absolument tranquille lorsque vers 18 heures, comme nous nous promenons Moreau et moi dans les champs nous apercevons une escadrille d’une vingtaine d’avions boches venant du front vers les Islettes. Les batteries de D.C.A. ne peuvent malgré leurs tirs empêcher les avions de passer et de venir déverser chacun plusieurs bombes sur la gare des Islettes. Le spectacle est vraiment impressionnant : le ronflement des avions, les coups de canon des batteries de D.C.A., le vrombissement des bombes d’avions qui tombent, l’âcre fumée qui ne tarde pas à envahir la vallée, tout cela produit un effet terrifiant. Son travail terminé l’escadrille boche rentre chez elle croyant avoir anéanti la gare des Islettes mais deux trains passant au même moment nous montrent qu’aucun dégât important n’a été commis dans la gare. Le village a naturellement un peu souffert mais comme il est vide cela n’a plus beaucoup d’importance. Dans la nuit à deux reprises, le canon à longue portée tire sur les Islettes.

Tome II · AD084_0138(4)Page manuscrite 526
25 avril 1916

25 avril 1916 — activité aérienne et début du récit sur Clermont, p.526

Source : manuscrit

25 avril. — L’aviation boche est toujours fort active. Ce matin encore plusieurs escadrilles venant de l’arrière passent au dessus de nous. Les cantonnements de l’arrière sont toujours marmités. Une de ces dernières nuits la gare de Clermont

Tome II · AD084_0138(4)Page manuscrite 526
25 avril 1916

25 avril 1916 — gare de Clermont, victimes et retour à la position, continuation p.527

Source : manuscrit

a été prise à parti au moment du départ d’un train de permissionnaires. Le commissaire de gare et 4 poilus dont l’adjudant maréchal du 5e C.A. ont été tués. Mon indisposition étant terminée je remonte pour déjeuner à la position en compagnie de Beaumelle et en arrivant je trouve encore les Boches fort agités et tirant de tous côtés.

Tome II · AD084_0139(4)Page manuscrite 527
27 avril 1916

27 avril 1916 — Gadet nommé sous-lieutenant et activité aérienne

Source : manuscrit

27 avril. — Gadet nommé sous lieutenant nous quitte définitivement pour la 11e batterie, ce qui le navre. Ces deux jours ci grâce au beau temps l’activité de l’aviation est encore très grande.

Tome II · AD084_0139(4)Page manuscrite 527
28 avril 1916

28 avril 1916 — batterie de la maison forestière, lieutenant non nommé et marcassins

Source : manuscrit

28 avril. — Dans la matinée je vais à travers bois par des chemins charmants faire un tour à ma batterie de la maison forestière. Les bois sont absolument délicieux par cette belle matinée de printemps et couverts de fleurs. La batterie de la maison forestière comprend 4 pièces de 155 court et 4 pièces de 220 sous les ordres d’un lieutenant sortant de l’École centrale et beaucoup plus âgé que moi. Ce brave camarade est en même temps un camarade brave mais il est affligé d’une terrible infirmité pour un artilleur : il ne voit pas à 10 mètres devant lui. Cela ne l’empêche d’ailleurs pas de se rendre aux premières lignes pour régler ses tirs en utilisant les yeux de son maréchal des logis observateur : « Vous comprenez, me dit-il, si je n’allais pas aux tranchées, on dirait que j’ai la frousse ! » Ses hommes qui sont des gens charmants ont apprivoisé 3 petits marcassins amusants comme tout et qui aiment énormément à jouer. Ils sont d’ailleurs en liberté et accompagnent souvent les téléphonistes qui vont réparer les lignes : malgré cela ils ne songent pas du tout à fuir.

Tome II · AD084_0139(4)Page manuscrite 527
28 avril 1916

Photographie 416 — Le marcassin du 220 MF

Source : manuscrit
Tome 2 · AD084_0139(4).jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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[Photographie 416] Le marcassin du 220 MF

Tome II · AD084_0139(4)Page manuscrite 527
29 avril 1916

29 avril 1916 — déplacement des échelons et abandon de la cagna Achard, début p.527

Source : manuscrit

29 avril. — Les Boches ayant tiré sur les Sénades, les échelons qui habitent ce village reçoivent l’ordre de déménager et de s’en aller dans les bois au sud de la Contrôlerie. De mon côté j’abandonne la cagna de la batterie Achard, vraiment trop loin de ma position et surtout peu confortable. Je me

Tome II · AD084_0139(4)Page manuscrite 527
29 avril 1916

29 avril 1916 — nouvelle cagna et pont sur le ravin de Perupt, continuation p.528

Source : manuscrit

fais construire près de la position de batterie une cagna bien plus confortable entièrement garnie de planches à l’intérieur et munie de 4 lits. Deux fenêtres et deux portes donnent à l’intérieur une lumière plus que suffisante. Cette cagna est d’ailleurs de grandes dimensions puisqu’elle mesure 2m50 de largeur, et plus de 7 mètres de longueur. Construite dans le flanc du coteau, elle est de plain pied avec une terrasse à laquelle on accède par un escalier monumental. Comme cette cagna est sur la rive droite du ravin de Perupt et que ma batterie est sur la rive gauche je suis obligé de faire construire sur le dit ruisseau, un pont rustique du plus bel aspect. Mes poilus travaillent à la construction de cette cagna avec un zèle louable sans abandonner d’ailleurs les travaux plus utiles de la position qui prennent tournure maintenant.

Tome II · AD084_0140(2)Page manuscrite 528
30 avril 1916

30 avril 1916 — vallée des Granges, camp Baudelle et anciens du groupe

Source : manuscrit

30 avril. — Aujourd’hui je vais avec Lemasson, Moreau et Beaumelle reconnaître notre nouveau cantonnement de la vallée des Granges. Ce cantonnement est d’ailleurs un simple coin de bois où nous ne serons bien qu’après avoir exécuté des travaux importants. Il faudra en effet tracer des chemins, construire des écuries et des cagnas et tout cela naturellement avec des moyens fort précaires. Le camp ainsi constitué sera nommé « Camp Baudelle » en souvenir de notre ancien camarade tué à Verdun sur les pentes du fort de Souville à la tête de sa batterie. Un autre des anciens lieutenants du groupe, Plantade a lui aussi été blessé à Verdun d’une manière très grave. Il paraîtrait également que le commandant Drouhard qui se trouvait aussi de ce côté après avoir commandé le dépôt du 43e à Caen, a été blessé. Décidément les anciens du groupe n’ont pas de chance.

Tome II · AD084_0140(2)Page manuscrite 528

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