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MÉMOIRES · 1914

Novembre 1914

29 passages narratifs ou documents associés, dans l’ordre du manuscrit.

1 novembre 1914

31 octobre–2 novembre 1914 — La forêt et la messe des morts

Source : manuscrit
Tome 1 · AD084_0192.jpg : 1 photographie, chacune cliquable

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1er novembre. — Je croyais aujourd’hui pouvoir rester au cantonnement mais il me faut monter à la position de batterie avec Chavanne. Le temps continue à être très beau et j’en profite pour monter avec Hubert à l’observatoire situé en face de nous à la cote 290 et d’où l’on a une très belle vue sur Vauquois, la cote 253, et la vallée de l’Aire. Nous effectuons dans la journée deux tirs de peu d’importance. Comme nous nous disposons à quitter la position pour rentrer au cantonnement, le capitaine d’Ainval cherche une querelle d’allemand à Lemasson pour se venger de son échec des jours précédents. Lemasson est heureusement plus patient que moi et écoute sans broncher.

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2 novembre 1914

31 octobre–2 novembre 1914 — La forêt et la messe des morts

Source : manuscrit

2 novembre. — À 6 h 30 notre aumônier célèbre la messe des morts dans l’église de Vraincourt. Mon camarade Rouyer qui a une superbe voix de basse chante le « Pie Jesu » de Beethoven sur l’andante de la Sonate au Clair de Lune. Pour ma part je chante le « Dies irae » et, unissant nos voix nous chantons « l’Agnus Dei » de Sam Webbe. Après la messe je vais dire bonjour à mon

[Photographie 96 — légende séparée du récit] Sur les pentes de la cote 290. Les mulets des chʳˢ alpins.

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2 novembre 1914

2–6 novembre 1914 — Reconnaissances et état sanitaire

excellent camarade Lerousseau dont la batterie est revenue se mettre en position au-dessus de nous.

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3 novembre 1914

2–6 novembre 1914 — Reconnaissances et état sanitaire

Source : manuscrit

3 novembre. — Le matin je pars avec Guilmin reconnaître des positions de batterie pour le 155 Long et le 95 aux environs de la cote 290. Nous ne trouvons d’ailleurs pas grand’chose et à 11 heures nous sommes de retour au cantonnement où je fais mon rapport au colonel. Ayant reçu l’ordre de retourner à la recherche de positions du côté des Côtes Forimont je repars à 13 heures pour rentrer à 18 heures après une reconnaissance purement négative.

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4 novembre 1914

2–6 novembre 1914 — Reconnaissances et état sanitaire

Source : manuscrit

4 novembre. — Avec le même cérémonial que les autres jours je repars le matin accompagné de Lemasson. Nous ne tirons pas de la journée et le soir je prends la garde à la position où je dors parfaitement malgré que ce soit dehors. Je ne couche pas en effet dans ma cagna enterrée car tous les soirs nos deux pièces sont ramenées à la position de la ferme Bertrametz près du P.C. du commandant. Les Allemands sont calmes.

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5 novembre 1914

2–6 novembre 1914 — Reconnaissances et état sanitaire

Source : manuscrit

5 novembre. — Je passe cette journée sur la position et exécute 3 tirs sur Vauquois dont un à mitraille qui donne lieu à un éclatement anormal sur la trajectoire au-dessus de la Cigalerie : au total 26 coups.

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6 novembre 1914

2–6 novembre 1914 — Reconnaissances et état sanitaire

Source : manuscrit

6 novembre. — Je reçois l’ordre de partir à 5 h 15 avec le sous-chef mécanicien Allanic et le brigadier Renaud pour poser une ligne entre l’observatoire de la cote 290 et une section de 155 Long qui s’est mise en position au nord de la ferme Bertrametz. Avec beaucoup de difficultés j’arrive à installer cette ligne et à 11 heures je suis de retour au cantonnement. À midi le colonel me fait appeler et me dit que le coup anormal d’hier a envoyé des éclats sur les fantassins de la Cigalerie. Malgré mes explications il me donne l’ordre de punir le chef de pièce Metzger qui n’est cependant pas coupable. L’état sanitaire continue à être très mauvais. Les malaises d’origines intestinales et la fièvre typhoïde en particulier font de terribles ravages dans nos rangs. Deux de nos hommes évacués ces jours-ci sont morts. Chaque jour nous évacuons 2 ou 3 hommes aussi le service de santé vient de pres-

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6 novembre 1914

6–12 novembre 1914 — Vaccination et travaux de position

crire la vaccination antityphoïdique. Malgré ma répugnance je me laisse faire : ci, 500.000 vibrions dans le corps pour une première injection. La fièvre me prend très violente dans la soirée et je suis obligé de me coucher. L’état sanitaire des chevaux n’est pas meilleur malgré que nous ayons amélioré leurs conditions d’existence en construisant des écuries.

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7 novembre 1914

6–12 novembre 1914 — Vaccination et travaux de position

Source : manuscrit

7 novembre. — La vaccination de la veille m’ayant rendu assez malade je passe ma journée au cantonnement.

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8 novembre 1914

6–12 novembre 1914 — Vaccination et travaux de position

Source : manuscrit

8 novembre. — Encore une banale journée passée au cantonnement mais qui est égayée cependant par le passage de deux régiments qui viennent de la région de St Mihiel et qui se dirigent vers Aubreville et Neuvilly. Il y a là le 61e d’infanterie et le 44e Régiment d’infanterie coloniale. Ce dernier régiment compte dans ses rangs un enfant de troupe de 15 ans qui fait campagne depuis le début.

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9 novembre 1914

6–12 novembre 1914 — Vaccination et travaux de position

Source : manuscrit

9–10 novembre. — À la position de batterie où je passe ces deux journées nous entreprenons Chavanne et moi la construction d’un grand abri blindé. Les environs de notre position commencent à se meubler. En plus de la section de 155 long installée au nord de la ferme Bertrametz, une batterie de 95 s’établit devant nous.

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12 novembre 1914

6–12 novembre 1914 — Vaccination et travaux de position

Source : manuscrit

12 novembre. — Depuis quelques jours les Allemands tirent sur Aubreville ainsi que sur la voie ferrée du côté de Courcelles. Nous sommes donc obligés de changer d’itinéraire et de passer par Parois ce qui augmente la durée du trajet. À 5 h 45 je pars avec le personnel de la batterie. Si la situation est calme de notre côté il n’en est pas de même partout. De violents combats se livrent en ce moment en Belgique entre Ypres et la mer, combats auxquels participent ce qui reste de l’armée belge, des contingents français et des troupes françaises parmi lesquelles les fusiliers marins et la 42e division commandée par le général Grossetti. Le groupe à tracteurs du 4e lourd qui était dans notre armée est passé aussi de ce côté. Sur le front oriental les violents combats livrés aux Allemands depuis le 25 oc-

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12 novembre 1914

12–16 novembre 1914 — Départ de la batterie pour Froidos

tobre viennent de se terminer par la retraite des Allemands, qui, à l’heure actuelle, ont presque abandonné le territoire russe.

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13 novembre 1914

12–16 novembre 1914 — Départ de la batterie pour Froidos

Source : manuscrit

13 novembre. — Le matin Plantade emmène la batterie et je pars de mon côté à midi pour relever Plantade et ramener la batterie ce qui se fait par un temps affreux. Une pluie et un vent terrible m’accompagnent tout le long du chemin. Depuis quelques jours les deux divisions du corps d’armée ont permuté : la 9e D.I. occupe devant nous la rive droite de l’Aire et la 10e D.I. la rive gauche de l’Aire.

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14 novembre 1914

12–16 novembre 1914 — Départ de la batterie pour Froidos

Source : manuscrit

14 novembre. — Je reste au cantonnement et subis une deuxième vaccination. ci : 1.000.000 de vibrions. Pour peu que les 500.000 de l’autre jour aient fait des petits je vais être surpeuplé. La batterie rentre le soir ayant échappé à un grave accident. Au passage à niveau de Parois une locomotive haut-le-pied a culbuté un chariot de parc marchant à la queue de la batterie et transportant des hommes du 5e d’artillerie à pied qui ont été blessés.

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15 novembre 1914

12–16 novembre 1914 — Départ de la batterie pour Froidos

Source : manuscrit

15 novembre. — Séjour à la position de batterie. Le temps s’est mis franchement au mauvais et la neige fait son apparition.

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16 novembre 1914

12–16 novembre 1914 — Départ de la batterie pour Froidos

Source : manuscrit

16 novembre. — En ce moment le travail du groupe étant peu considérable une des batteries est envoyée à tour de rôle pour une semaine dans le petit village de Froidos situé à 8 km à l’arrière. C’est la 1re batterie qui commence et à cet effet je pars à 6 h 45 par un temps épouvantable chercher les caissons qui sont restés sur le terrain. À 11 h 30 la batterie quitte le cantonnement mais Plantade et moi nous restons à Vraincourt pour servir d’adjoints soit au colonel soit à un général quelconque. La maison comportant deux lits je vais pouvoir en prendre un et dire adieu pour huit jours à ma litière de paille. Ce n’est pas que je puisse me plaindre le moins du monde de cette dernière, bien au contraire car depuis 3 mois nous faisons ensemble bon ménage, seulement je prends le lit pour pouvoir savourer enfin le plaisir de dormir sans chaussures ni culotte ce qui ne m’est pas arrivé depuis le 20 août. Depuis ce jour

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16 novembre 1914

16 novembre 1914 — Portrait des téléphonistes

en effet je ne me suis pas déshabillé. Pour cette semaine donc, je suis officier sans troupe. La prochaine semaine je reprendrai ma petite vie monotone, c’est-à-dire, un jour sur deux, départ à 5 h 30 du matin pour la forêt de Hesse où sont nos canons et les autres jours, repos. Le repos consiste à se lever une ½ heure plus tard que les autres jours, à travailler un peu plus dans la journée et surtout à des choses moins intéressantes. À la position de batterie au contraire je passe mon temps dans ma cabane avec Chavanne ou Lemasson, et mes téléphonistes. Notre plus grande occupation est de bavarder et de faire la cuisine dans notre cheminée. Mes téléphonistes sont d’ailleurs de très braves gens triés sur le volet. En tête le parisien Hubert, le dégourdi de la bande, employé de commerce et passablement instruit, taille 1 m 80 largeur à proportion. Ensuite, encore 2 parisiens, les 2 frères Nadiras qui sont presque mes voisins à Paris puisqu’ils demeurent rue Saint Paul. L’aîné que nous appelons « le Père » a comme prénom Jean ; c’est pourquoi nous le nommons toujours « Baptiste ». Le second Louis est surnommé « P’tit Louis » ou « le fils ». Tous deux sont, dans le civil ciseleurs sur bronze et constituent avec Hubert le « groupe cycliste » de la batterie. Viennent ensuite encore deux frères, les deux Tual, sabotiers à Fougères et amusants comme tout. Puis, Le Ray, un Breton de Laval, serrurier de son état, taille 1 m 54 rond comme une boule et pour cette raison surnommé « Tout d’un tas » ou « 420 ». Puis Daniel, un Breton de Nantes, tourneur sur métaux. Enfin pour terminer dignement cette phalange, le « père Somme » séminariste du diocèse de Versailles, personnification du dévouement, de la patience et du courage tranquille. Pour toutes les corvées le « Révérend père » comme nous l’appelons est toujours là. Ses camarades qui l’adorent l’ont surnommé « Barbe en tôle ». Cette remarquable phalange devait d’ailleurs se compléter bientôt d’un autre as, le nommé Goosen dit « Charlot » de son métier « ébéno au faubourg Antoine » le type du Gavroche parisien et qui faillit me faire mourir de rire un jour que je l’entendis

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16 novembre 1914

16–18 novembre 1914 — Les téléphonistes et les roses de Clermont

narrer à ses camarades l’histoire de sa vie, sa jeunesse, son adolescence, sa mise en ménage, son âge mûr (il a 29 ans) : « Comprends-tu, l’premier hiver qu’on était en ménage avec ma bourgeoise dans ma carrée à 10 francs par mois de la rue d’Lappe, on n’a jamais eu assez d’pognon pour acheter un poêle avec des tuyaux. Alors on a commencé par s’acheter un poêle et on s’est payé les tuyaux l’hiver d’après. » Ces téléphonistes constituent sans aucun doute l’élite de la batterie. Ce sont des gens de confiance auxquels on peut tout demander et qui de toute la campagne n’auront pas une seule défaillance. Toujours au poste, pleins d’entrain et de bonne humeur ils pourront servir de modèles à tous leurs camarades. Ils sont tous fort gais et pleins d’esprit. L’autre jour je téléphone à l’un d’eux en faction à l’observatoire par un temps de fort brouillard : « Allo ! Allo ! Voyez-vous Cheppy ? » — Il me répond froidement avec l’accent auvergnat : « On ne voit cheulement pas ches pieds ! » En dehors des téléphonistes il y a dans le personnel de la batterie beaucoup de braves gens dont j’aurai l’occasion de parler au cours de ces notes.

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18 novembre 1914

16–18 novembre 1914 — Les téléphonistes et les roses de Clermont

Source : manuscrit

18 novembre. — Aujourd’hui je reste au cantonnement et j’en profite pour aller faire un tour à Clermont en Argonne. Cette malheureuse ville n’est qu’un monceau de décombres. Près de ce qui était l’hôtellerie du village, quel n’est pas mon étonnement en apercevant au milieu des grilles tordues par le feu, des murs écroulés et des poutres à demi calcinées un parterre de petits rosiers rouges encore en pleine fleur et absolument intact. Ma première pensée est de franchir l’amas de décombres et de cueillir quelques unes de ces fleurs, mais à la réflexion j’ai considéré qu’elles faisaient partie de ces ruines, qu’elles les rendaient moins affreuses et que les enlever serait un vol. Ce symbole de vie au milieu de ce paysage de mort a une trop belle et trop haute signification. Comme ces roses, d’autres maisons renaîtront de ces ruines et la vie reprendra. En rentrant à Vraincourt j’aperçois un coucher de soleil sur l’Argonne qui, se mêlant à la blancheur des nuages et à l’azur du ciel étend sur la forêt les

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18 novembre 1914

18–20 novembre 1914 — Observer l’ennemi et dissimuler les uniformes

couleurs de notre drapeau national. Les Boches doivent être furieux.

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19 novembre 1914

18–20 novembre 1914 — Observer l’ennemi et dissimuler les uniformes

Source : manuscrit

19 novembre. — Je commence aujourd’hui mes fonctions spéciales en montant à la cote 290 dans l’espoir de faire un croquis panoramique de Vauquois mais je dois y renoncer à cause de la brume très épaisse qui règne. Le général Micheler venu comme moi pour voir le paysage doit redescendre sans avoir rien vu. Je reviens donc bredouille au cantonnement.

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20 novembre 1914

18–20 novembre 1914 — Observer l’ennemi et dissimuler les uniformes

Source : manuscrit

20 novembre. — Le temps continue à être très beau et très froid et j’en profite pour remonter à la cote 290 essayer de commencer mon travail. De cet observatoire comme de la Cigalerie la vue est très étendue mais on ne voit rien de plus que dans une campagne ordinaire. En regardant avec attention (et une bonne jumelle) on aperçoit quelquefois dans les champs un endroit où le terrain n’a pas le même aspect qu’à côté. C’est probablement une tranchée, ou bien une fausse tranchée, ou bien des W.C. de campagne, ou bien la tombe d’un cheval ou bien rien du tout. Le plus difficile dans cette guerre n’est pas de battre l’ennemi mais de le découvrir. J’apprends en rentrant le soir au cantonnement que la 2e batterie nous quitte et s’en va à Moiremont à l’ouest de l’Argonne où elle sera mise à la disposition du 2e C.A. Une section de notre batterie remonte de Froidos à Vraincourt pour remplacer la 2e batterie. Depuis quelques jours nous avons reçu des ordres impératifs pour diminuer la visibilité des uniformes. Les officiers comme la troupe doivent porter le manteau en drap bleu foncé avec des galons de 3 à 4 centimètres de longueur. Les képis ne doivent plus porter de galons apparents. Quoiqu’en pense Cyrano, on est bien obligé dans la guerre moderne « d’abdiquer l’honneur d’être une cible ». Si nous avions adopté ce principe dès le début de la campagne l’infanterie aurait encore des officiers. L’infanterie ne porte plus le pantalon garance mais le pantalon bleu. Les approvisionnements n’étant pas constitués on se contente de donner aux soldats des pantalons de toile bleue

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20 novembre 1914

20–fin novembre 1914 — Tir du 24 novembre et premières neiges

qu’ils passent par-dessus leur pantalon rouge. Nous apercevons aussi depuis quelques jours des uniformes en drap bleu clair mais cela est franchement laid. Les jours suivants se passent sans incident soit à la position soit au cantonnement.

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24 novembre 1914

20–fin novembre 1914 — Tir du 24 novembre et premières neiges

Source : manuscrit

24 novembre. — Le matin à 5 h 45 je repars avec la section qui occupe la position près de la ferme Bertrametz. Depuis quelques jours nous avons pris l’habitude de mettre nos avant-trains à la ferme de la fontaine aux Chênes où ils sont beaucoup mieux abrités. Vers 14 heures je reçois l’ordre de tirer sur un abri de mitrailleuses situé à 200 mètres au N.E. du Pont des 4 Enfants. J’estime la distance à 3.300 mètres mais le capitaine Annibert par prudence me fait commencer à 3.400. Le réglage me donne exactement 3.300 à 5 ou 6 mètres près et le 12e coup est dans l’objectif. Le capitaine Pivier qui observe le tir m’annonce que l’abri est démoli et il ajoute : « enthousiasme de notre infanterie. » Pour le réglage de sa pièce pendant ce tir mon pointeur Lorin n’a trouvé rien de mieux que de prendre comme jalon de repère une lance de uhlan plantée en terre à 50 mètres devant sa pièce.

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25 novembre 1914

20–fin novembre 1914 — Tir du 24 novembre et premières neiges

Source : manuscrit

25 novembre. — Le matin en nous éveillant nous apercevons que la neige tombe avec abondance. Le départ pour la position de batterie s’effectue comme d’habitude à l’heure très matinale : 5 h 45. Sous l’épais manteau de neige qui le recouvre le petit vallon de la ferme Bertrametz avec sa ceinture de bois est splendide. Malheureusement cette neige malgré son pittoresque incontestable a pour nous les plus graves inconvénients. Nos pauvres chevaux ont bien du mal à se tenir debout et de plus, la neige qui leur fouette les yeux les irrite au plus haut point. Les jours suivants s’écoulent sans événement notable soit à la position de batterie soit au cantonnement. Notre installation téléphonique se perfectionne et nos appareils de campagne sont remplacés par des appareils identiques à ceux utilisés par l’administration des postes et qui fonctionnent beaucoup mieux. D’après les journaux nous apprenons que les Allemands viennent d’être battus par les Russes

Tome I · AD084_0199
25 novembre 1914

À Froidos — Photographies 97–103

Tome 1 · AD084_0200.jpg : 7 photographies, chacune cliquable

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[Titre de planche] à Froidos

[Photographie 97] Teinturier et son chien

[Photographie 98] Chavane

[Photographie 99] Quelques gradés

[Photographie 100] Chavane, Teinturier et son frère

[Photographie 101] Quelques gradés dont Chavane

[Photographie 102] Chavane, Lemasson et Fourcade

[Photographie 103] Cⁿᵉ Meckler Lᵗ Teinturier

Tome I · AD084_0200
26 novembre 1914

Photographies 104–110 — Officiers et gradés

Tome 1 · AD084_0201.jpg : 7 photographies, chacune cliquable

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[Planche sans titre visible]

[Photographie 104] Lᵗ Teinturier Cⁿᵉ Meckler

[Photographie 105] Lᵗ Chavane adjᵗ Lemasson

[Photographie 106] m.d.l. Breteau, Lᵗ Teinturier, Cⁿᵉ Meckler

[Photographie 107] adjᵗ Lemasson Lᵗ Chavane

[Photographie 108] Lᵗ Chavane, m.d.l. Barbot

[Photographie 109] Lᵗ Chavane Lᵗ Teinturier et son frère

[Photographie 110] Cⁿᵉ Meckler, Lᵗ Plantade

Tome I · AD084_0201
26 novembre 1914

Fin novembre–7 décembre 1914 — Préparation d’une attaque sur Vauquois

entre la Vistule et la Wartha.

Tome I · AD084_0202

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